Les États-Unis ont suspendu leurs livraisons d’armes à l’Estonie, membre de l’OTAN, en raison de la diminution de leurs stocks d’armements, due à la guerre imposée à l’Iran.
Le ministre estonien de la Défense, Hanno Pevkur, a annoncé mardi, avoir été informé par son homologue américain, Pete Hegseth, qui lui a communiqué par téléphone la décision de suspendre l’ensemble des livraisons destinées à l’État balte.
Selon M. Pevkur, Washington ne livrera plus de munitions pour lance-roquettes multiples légers HIMARS ni de missiles Javelin à son allié de l'OTAN, qui partage une frontière commune avec la Russie.
Les États-Unis, en collaboration avec le régime israélien, ont lancé une guerre d'agression non provoquée contre l'Iran, le 28 février. La guerre de 40 jours, aujourd’hui interrompue par un cessez le feu fragile, avait déjà fortement affecté les stocks d’armements américains avant l’entrée en vigueur, le 8 avril, d’une trêve de deux semaines négociées par le Pakistan.
Ce conflit, marqué par des frappes iraniennes visant des positions militaires et stratégiques de l’axe américano-israélien dans la région et en Palestine occupée, a fortement épuisé les capacités matérielles des parties impliquées.
On ignore encore si la suspension des livraisons d'armes affecterait la Finlande, autre membre de l'OTAN et pays partageant la plus longue frontière avec la Russie parmi les États membres.
Le Premier ministre finlandais, Petteri Orpo, a déclaré mardi que « cela n'a aucun impact sur les capacités de défense de la Finlande ». Le ministère finlandais de la Défense a, quant à lui, indiqué que Washington n'avait pas encore confirmé l'annulation des commandes d'armements finlandais. Cependant, des communications officielles de Washington ont laissé entendre que des retards de livraison étaient possibles.
Helsinki avait accepté l'année dernière d'acquérir auprès de Washington des systèmes de missiles et de lance-roquettes destinés, entre autres, à équiper ses avions de chasse.
La semaine dernière, Reuters, citant trois sources anonymes proches du dossier, a rapporté que Washington avait informé ses alliés européens de retards dans les livraisons d'armes, la guerre contre l'Iran réduisant les stocks américains. La source précisait que cette mesure affecterait plusieurs pays européens, notamment ceux de la région baltique et de Scandinavie.
Toujours selon Reuters, certains des retards concernent des armes achetées par des États européens dans le cadre du programme de ventes militaires à l'étranger (FMS), un accord intergouvernemental.
Les États-Unis sont confrontés à des pénuries d'armes depuis des années, à la suite de la guerre russo-ukrainienne de 2022 toujours en cours, de la campagne génocidaire perpétrée par Israël à Gaza en 2023, elle aussi en cours, ainsi que de deux guerres imposées à l’Iran, en juin 2025 et en février 2026.
Cette pénurie a même contraint le Pentagone à recourir à des usines civiles pour la production de munitions. Citant des sources militaires anonymes, le Wall Street Journal a rapporté plus tôt ce mois-ci que de hauts responsables militaires américains avaient déjà eu des discussions avec de hauts dirigeants de grands constructeurs automobiles, dont General Motors et Ford Motor, pour produire des armes et d'autres fournitures militaires en urgence.