La Ligue arabo-américaine pour les droits civiques, Arab American Civil Rights League (ACRL), a annoncé son intention de déposer un recours collectif contre le gouvernement américain en raison de l’impact dévastateur des attaques indiscriminées menées par le régime israélien au Liban sur des citoyens américains.
L’organisation de défense des droits civiques, basée dans le Michigan, a fait cette annonce le 20 avril, en soulignant que des membres de la diaspora libanaise aux États-Unis ont subi des pertes considérables — notamment la destruction de leurs maisons et la mort de proches — en raison des opérations militaires israéliennes dans le sud du Liban.
Le président de l’ACRL, Nasser Beydoun, a insisté sur la gravité de la situation en déclarant : « Ce n’est pas une abstraction, ni un discours politique. C’est une réalité. C’est une perte immense. »
La plainte cherche à tenir le département d’État américain responsable de son rôle dans la facilitation de ces attaques barbares via son soutien militaire, critiquant en particulier le secrétaire d’État Marco Rubio ainsi que les fabricants d’armes impliqués dans la fourniture de l’arsenal au service d’Israël.
Les organisateurs ont indiqué que cette action en justice visait à représenter les citoyens américains ayant perdu leur maison, leurs terres ou des proches à la suite de la guerre israélienne contre le Liban.
Réagissant également au drame, le fondateur de la Ligue des droits civiques américano-arabe, Nabih Ayad, a fermement condamné l’implication de Washington, affirmant que les responsables américains avaient sciemment contribué à cette campagne militaire de destruction.
« Ils savaient que leurs armes allaient servir à détruire les maisons de personnes innocentes, pas à mener des opérations militaires — et pourtant, ils ont continué à en fournir », a-t-il déploré.
« L’association compte poursuivre le gouvernement américain, car il est le principal soutien militaire d’Israël. C’est une action légale à laquelle pourra se joindre tout Libanais vivant aux États-Unis et ayant eu des biens détruits par Israël », a-t-il fait savoir avant d’indiquer : « Nous avons des plaignants qui ont des photos de snipers israéliens chez eux. D’autres dont les maisons ont été détruites par les bombes ».
Les participants à la réunion de l’ACRL ont partagé des témoignages bouleversants, révélant l’étendue des destructions subies par les biens familiaux, en particulier dans le sud du Liban, où les actions militaires israéliennes ont anéanti des villes et des villages entiers, provoquant le déplacement de plus d’un million de personnes.
Un membre du conseil d’administration a raconté que la maison de sa famille avait été « réduite à néant », exprimant une profonde tristesse et un profond écœurement face à la situation.
La plainte ne vise pas seulement à obtenir réparation pour les victimes directes, mais soulève également des inquiétudes concernant un éventuel non-respect par les États-Unis des lois « Leahy », qui interdisent l’aide militaire à des forces étrangères impliquées dans des violations des droits humains.
Nasser Beydoun a en outre rappelé que les obligations des États-Unis envers leurs citoyens « ne peuvent pas être sélectives » et doivent être respectées de manière cohérente, indépendamment des considérations politiques.
La représentante américaine Rashida Tlaib, présente lors de la réunion, a déclaré que les États-Unis étaient aujourd’hui complices de cette destruction par leurs ventes d’armes, la fourniture de renseignements, leur soutien logistique et leur couverture diplomatique.
Le 20 avril, la plainte n’avait pas encore été déposée, les organisateurs étant encore en train de rassembler les plaignants et de documenter les cas. Ils estiment que des dizaines de milliers de personnes dans la région de Detroit pourraient être concernées, en raison de leurs liens familiaux et historiques avec le Liban.
L’ACRL envisage cette initiative comme un effort de longue haleine, Nabih Ayad qualifiant la procédure de « l’une des affaires les plus inédites du pays ».
L’affaire devrait être déposée devant un tribunal fédéral soit à Detroit, soit à Washington D.C.