Le vice-ministre iranien des Affaires étrangères, Saïd Khatibzadeh, a réaffirmé que Téhéran n'engagera le prochain cycle de négociations avec Washington que si un cadre de dialogue clair et mutuellement acceptable soit préalablement défini.
S'exprimant samedi 18 avril devant des journalistes en marge d'un forum diplomatique dans la province turque d'Antalya, M. Khatibzadeh a rejeté les déclarations « contradictoires et vagues » des Américains quant au calendrier du prochain cycle de pourparlers avec l'Iran. Il a confirmé qu'aucune date précise n'avait encore été fixée.
« Nous nous concentrons actuellement sur la finalisation du cadre de dialogue entre les deux parties » a-t-il indiqué, ajoutant que des progrès ont été réalisés, mais que des divergences persistaient ».
Il a insisté sur le fait qu’aucun calendrier ne pourrait être établi tant qu’un accord sur ce cadre ne serait pas trouvé.
Le diplomate a également pointé du doigt l’approche maximaliste de Washington, qu’il a qualifiée d’obstacle majeur aux négociations, affirmant que cette posture, visant à faire de l’Iran une exception au droit international, freinait la conclusion d’un accord.
Tout en réaffirmant l’engagement de l’Iran en faveur la diplomatie, malgré les tensions actuelles, M. Khatibzadeh a appelé les États-Unis à abandonner leur approche maximaliste et à respecter le droit international afin de promouvoir une diplomatie constructive.
Il a rappelé que l’Iran respectait ses obligations envers l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) et le Traité sur la non-prolifération des armes nucléaires (TNP), mais n'acceptera jamais d'accords sortant du cadre du droit international.
« Je tiens à être parfaitement clair : l'Iran n'acceptera jamais d'être une exception au droit international. Tout engagement que nous prendrons sera conforme au droit et aux réglementations internationales. Nous avons des responsabilités, mais aussi des droits », a martelé M. Khatibzadeh.
Ce développement survient dans un contexte de tensions exacerbées, marqué par une agression américano-israélienne contre l’Iran. Le 28 février, les États-Unis et Israël ont lancé une offensive de grande envergure et non provoquée contre l'Iran, tuant en martyr le Leader de la Révolution islamique, l'Ayatollah Seyyed Ali Khamenei, et plusieurs hauts gradés militaires.
En représailles, les forces armées iraniennes ont mené, au cours de près de quarante jours, plus d’une centaine de vague de missiles et de drones contre des installations militaires américaines et israéliennes, infligeant d’importants dégâts.
Un cessez-le-feu de deux semaines avait ensuite été conclu, ouvrant la voie à des négociations à Islamabad, au cours desquelles l’Iran a présenté un plan en dix points visant le retrait des troupes américaines de la région et la levée des sanctions.
Malgré 21 heures de discussions intensives, la délégation iranienne est rentrée à Téhéran sans accord, invoquant un manque de confiance dans les engagements américains.
La situation s’est encore complexifiée avec l’annonce par Donald Trump d’un blocus naval du détroit d’Ormuz, une mesure prétendument destinée à intercepter les navires ayant payé des droits de passage à l'Iran. L'armée américaine a confirmé que le blocus était entré en vigueur lundi à 14h00 GMT, exacerbant davantage la situation.
M. Khatibzadeh a par ailleurs évoqué les tensions autour du détroit d’Ormuz, réaffirmant la volonté de l’Iran de maintenir la stabilité et la sécurité du passage des navires commerciaux, conformément au cessez-le-feu, mais a averti que l’Iran « réagirait en cas de pression ».
Il a accusé les États Unis de chercher à saper la sécurité régionale, ajoutant : « Nous souhaitons que ce détroit reste ouvert et sûr pour la navigation. »
Le vice-ministre a souligné que Téhéran se défendrait « héroïquement et avec patriotisme » en cas d’escalade, avertissant que « les alternatives à la diplomatie sont hautement indésirables ».
Il a exhorté les États-Unis à cesser leurs actes d'agression dans le détroit d'Ormuz, prévenant que la poursuite de cette agression aurait des répercussions sur la sécurité maritime.
Vendredi, le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, avait annoncé la réouverture du détroit suite à la mise en œuvre d'un cessez-le-feu au Liban.
Cependant, le lieutenant-colonel Ebrahim Zolfaghari, porte-parole du quartier général central de Khatam al-Anbiya, a déclaré samedi que l'Iran avait repris le contrôle du détroit d'Ormuz en raison du prétendu blocus naval imposé par les États-Unis et de leurs actes de piraterie.
Selon le lieutenant-colonel Zolfaghari, la République islamique d’Iran avait initialement fait preuve de bonne foi, consentant à un passage contrôlé d’un nombre limité de pétroliers et de navires commerciaux dans le détroit, conformément aux accords précédemment conclus.
Cependant, le porte-parole a ajouté que les États-Unis, fidèles à leur réputation de violer systématiquement leurs engagements, persistent dans des actes de «banditisme et de piraterie » sous le couvert d’un prétendu blocus.
« Par conséquent, le contrôle du détroit d’Ormuz est revenu à sa configuration antérieure et ce passage stratégique est placé sous la surveillance stricte des forces armées », a-t-il ponctué.