La Chine a dévoilé une série de nouvelles mesures d'incitation économique pour Taïwan, proposant de renouer certains liens avec l'île. Cette annonce intervient après la visite à Pékin de la cheffe du principal parti d'opposition taïwanais, Kuomintang (KMT).
Le Bureau des affaires taïwanaises de Pékin a présenté dimanche 13 avril un plan d'incitation économique en dix points destiné à l'île. Ce plan prévoit notamment la reprise rapide et complète des vols directs réguliers à travers le détroit de Taïwan et la facilitation de l'accès des produits alimentaires taïwanais au marché chinois.
Le plan prévoit également le partage des ressources en énergie et en eau avec Matsu et Kinmen, îles taïwanaises plus proches du continent, ainsi que la construction d'un pont les reliant à ces îles.
Cette annonce fait suite à la visite de six jours de Cheng Li-wun, présidente du Kuomintang (KMT), qui a rencontré le président chinois Xi Jinping vendredi. Cette visite a été condamnée à plusieurs reprises par le Parti démocrate progressiste (PDP), au pouvoir à Taïwan, tandis que le Conseil des affaires continentales (MAC) avait averti Mme Cheng que tout « excès des limites » lors de son déplacement pourrait lui valoir une peine de prison.
Mme Cheng s'est dite « très reconnaissante » envers les dirigeants chinois pour les mesures préférentielles proposées. « Comme je l'ai dit lors de ma rencontre avec Xi, les choses doivent être faites étape par étape », a-t-elle déclaré.
Les autorités taïwanaises ont toutefois ouvertement manifesté leur méfiance envers Pékin et exprimé leur mécontentement d'être marginalisées par le KMT.
La porte-parole de la présidence, Karen Kuo, a déclaré que « tout échange ne doit être soumis à aucune condition politique préalable et ne doit pas servir d’instrument de manœuvres politiques ni faire l’objet d’accords entre des parties spécifiques ».
Le Conseil des affaires continentales (MAC) a appelé à la prudence face à la dernière annonce de Pékin, rappelant que la Chine avait déjà mis en œuvre et suspendu à plusieurs reprises des mesures similaires par le passé. « Le même schéma se répète, sans aucune garantie institutionnelle pour les industries, les agriculteurs, les pêcheurs taïwanais, ni pour les droits et intérêts du public, ce qui rend ces mesures extrêmement risquées », a-t-il déclaré dans un communiqué.
Taïwan est un territoire de facto autonome depuis 1949. Pékin considère l'île comme une partie intégrante de son territoire, conformément à la politique d’« une seule Chine », soutenue par la grande majorité des États membres de l'ONU.