Le commandant de la marine iranienne a qualifié de « ridicules et risibles » les dernières menaces du président américain Donald Trump d'imposer un blocus naval au détroit d'Ormuz, réitérant que l'armée iranienne surveille de près tous les mouvements de la flotte américaine dans la région.
« Les courageuses forces de la marine de la République islamique d'Iran suivent et surveillent attentivement tous les mouvements de l'armée d’agression américaine dans la région », a déclaré le contre-amiral Shahram Irani dans un communiqué diffusé par les médias iraniens.
« Les menaces du président américain, formulés après la défaite humiliante de son armée lors de la troisième guerre non provoquée israélo-américaine, d’imposer un blocus naval à l'Iran, sont ridicules et risibles. »
Dimanche, Donald Trump a annoncé avoir ordonné à la marine américaine de bloquer le détroit d'Ormuz, voie maritime stratégique par laquelle transite environ 20 % du pétrole mondial.
Cet ordre est intervenu après l'échec des négociations de haut niveau entre Téhéran et Washington à Islamabad, capitale pakistanaise.
Le président américain a même averti que tout navire ayant payé un droit de passage à l'Iran serait arraisonné en eaux internationales.
L'Iran impose des restrictions de passage dans les eaux du détroit d'Ormuz depuis le début de la guerre d'agression israélo-américaine, le 28 février.
La marine du Corps des gardiens de la Révolution islamique a souligné que le détroit « ne retrouvera jamais son statut antérieur, en particulier pour les États-Unis et Israël ».
Téhéran autorise le passage des navires des pays amis, mais l'interdit aux navires affiliés aux pays agresseurs ainsi qu’à leurs soutiens.
Le Parlement iranien a adopté un projet de loi visant à instaurer des droits de transit en monnaie nationale et à interdire explicitement le passage aux navires américains et israéliens.
Les forces armées iraniennes ont lancé des centaines de missiles balistiques et hypersoniques, ainsi que des drones, contre des bases américaines en Asie de l’Ouest et des positions israéliennes dans les territoires palestiniens occupés.
La menace d'un blocus américain est intervenue quelques heures seulement après l'échec des négociations marathon entre l'Iran et les États-Unis à Islamabad.
Le vice-président américain J.D. Vance, chef de la délégation américaine, a déclaré après 20 heures de négociations qu'il appartenait désormais à l'Iran d'accepter la meilleure offre finale de Washington.
Le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, a quant à lui accusé les États-Unis d'avoir fait preuve de « maximalisme, de changements constants d'objectifs et de menaces de blocus » alors qu'un accord était imminent.
« Aucune leçon tirée », a écrit M. Araghchi sur les réseaux sociaux, laissant entendre que Washington n'avait rien appris de ses confrontations infructueuses avec l'Iran.
La RII a déclaré à plusieurs reprises qu'il n'accepterait pas que les États-Unis ou Israël lui dictent les conditions d'utilisation du détroit d'Ormuz, qui se situe dans ses eaux territoriales.