En France, les enseignants se mettent en grève ce mardi 31 mars, dans le cadre d’une semaine d’action engagée au niveau national pour contester les suppressions de postes, les fermetures de classes et réclamer une revalorisation des salaires.
Les enseignants grévistes répondent à l’appel d’une intersyndicale de l’Éducation nationale. Cette grève sera accompagnée de manifestations dans de nombreuses villes. Au centre du mécontentement des enseignants figurent notamment la suppression de 4 000 postes, la non-revalorisation salariale et la potentielle fermeture de « milliers » de classes, provoquée par les nouvelles cartes scolaires.
Les syndicats dénoncent des choix budgétaires « court-termistes » aggravant la dégradation d’un service public d’éducation déjà « exsangue ».
Pour les syndicats, la semaine d’action et la journée de grève nationale du 31 mars ont pour objectif de peser sur les choix du gouvernement.
« On est à un tel niveau de difficulté pour préparer les rentrées qu’on cherche à obtenir des mesures d’urgence », a précisé la secrétaire générale de la Fédération syndicale unitaire (FSU), Caroline Chevé. Mais il s’agit également de préparer l’avenir : « C’est aussi une manière de poser des jalons parce qu’on a conscience que le débat budgétaire pour l’année 2027 va arriver assez tôt. On veut en appeler à l’opinion et reconstruire des dynamiques de mobilisation en prévision d’une nouvelle phase d’austérité dans l’éducation. »
Lundi, le ministre de l’Éducation nationale, Édouard Geffray, a justifié la décision de supprimer des postes pour des raisons démographiques : « On connaît une chute démographique comme jamais notre pays n'en a connue dans son histoire. Nous aurons perdu, dans le premier degré, un million d'élèves entre 2019 et 2029 sur 6,5 millions. »
De leur côté, les syndicats dénoncent une justification servant de prétexte à la suppression de postes.
« Cette baisse démographique est utilisée comme une forme d’alibi pour une réflexion assez mécanique, alors qu’elle devrait être une opportunité pour nous donner de l’air », a fustigé Morgane Verviers, secrétaire générale de l’Unsa-Éducation.
« On compte beaucoup sur la bonne volonté des personnels pour que le système fonctionne, et aucune mesure salariale ne vient la reconnaître, ce qui pèse sur le moral des équipes », a également déploré Laetitia Aresu, secrétaire nationale de la CFDT Éducation.