Téhéran a déclaré que les États-Unis cherchent à s'emparer des réserves pétrolières iraniennes afin de dominer l'approvisionnement énergétique mondial, alors que l'agression non provoquée menée par la coalition militaire américano-israélienne contre la République islamique entre dans son onzième jour.
Dans un message publié mardi 10 mars sur son compte X, le porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères, Esmaïl Baghaï, a souligné que la mainmise sur le pétrole iranien est l'objectif principal de la guerre en cours contre la République islamique, mentionnant un article de Fox News qui décrit l'Iran comme la « dernière pièce du puzzle » d'une stratégie plus vaste de Washington visant à dominer l'approvisionnement énergétique mondial.
Cet article, publié lundi, a reçu le soutien de la porte-parole de la Maison-Blanche, Karoline Leavitt. Il paraît plus de deux mois après l'enlèvement par les États-Unis du président vénézuélien, Nicolas Maduro, lors d'une offensive militaire qui a ouvert la voie à la saisie par Washington des réserves pétrolières de ce pays riche en pétrole.
Le président américain Donald Trump « a libéré les industries pétrolières et gazières américaines de leurs entraves. Les États-Unis contrôlent désormais la reconstruction du secteur énergétique vénézuélien. Ils exercent une influence considérable sur leurs alliés arabes du Golfe, riches en énergie. L’Iran serait la pièce manquante du puzzle, si les États-Unis pouvaient contribuer au développement de ses ressources pétrolières », pouvait-on lire dans l’article.
L'article ajoute que si l’accès de la Chine au pétrole vénézuélien et iranien à prix réduit était bloqué, elle serait contrainte d’acheter du pétrole et du gaz aux États-Unis au prix du marché pour compenser cette perte, sachant que l'importation de la totalité de la capacité énergétique russe à prix réduit ne suffira pas à satisfaire ses besoins énergétiques.
En outre, l'article soutient qu'à la suite de la prise de contrôle par les États-Unis du secteur pétrolier vénézuélien et étant donné leur influence persistante sur la production du golfe Persique, la mainmise sur le pétrole iranien restreindrait fortement l'accès de la Chine à une énergie abordable, entravant ainsi son ascension technologique et économique.
« Comme nous l'avons déjà souligné, l'Iran ne se défend pas seulement contre cette guerre d'agression brutale ; il défend également les principes mêmes de souveraineté et d'autodétermination, l'avenir de notre région et les intérêts plus larges de la communauté internationale », a également déclaré le porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères.
L'Iran a riposté massivement à cette agression en attaquant le régime israélien et les installations militaires américaines dans la région, ce qui a fortement perturbé la production et le transport de pétrole et de gaz naturel dans la région.
Téhéran a averti que le prix du pétrole pourrait atteindre des niveaux historiques en cas d'escalade du conflit.
M. Baghaï a également mis en garde : « Il s'agit d'un enjeu véritablement mondial qui touche à l'indépendance, à la souveraineté, au respect des normes internationales et à l'accès équitable aux ressources énergétiques.»
Il a par ailleurs souligné que cette stratégie de mainmise sur le pétrole menée par Washington « devrait alarmer tout le monde : nos voisins de la région, nos partenaires du Sud, les organisations régionales et les peuples du monde entier. Ils doivent prendre conscience que notre combat est aussi le leur : celui de la souveraineté, de la liberté, de la justice énergétique et d'un ordre international fondé sur le droit, affranchi de toute domination politique. »