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L’Iran invite le Pakistan et l’Afghanistan au dialogue alors que les deux voisins sont à la limite d'une « guerre ouverte »

US Rep. Ilhan Omar (D-MN) (L) talks with Speaker of the House Nancy Pelosi (D-CA) during a rally with fellow Democrats before voting on H.R. 1, or the People Act, on the East Steps of the US Capitol on March 08, 2019 in Washington, DC. (AFP photo)
Des forces de sécurité talibanes montent la garde près du poste frontière de Torkham, entre l'Afghanistan et le Pakistan, dans la province de Nangarhar, le 27 février 2026. ©AFP

Le chef de la diplomatie iranienne, Abbas Araghchi, a exhorté vendredi l’Afghanistan et le Pakistan à privilégier la voie diplomatique pour désamorcer les tensions, alors qu’Islamabad a évoqué la possibilité d’une « guerre ouverte » avec son voisin.

Dans un message publié le 27 février sur le réseau social X, le ministre iranien des Affaires étrangères a appelé Kaboul et Islamabad à faire preuve de retenue et à résoudre leurs différends par le dialogue.

« Il est opportun que l’Afghanistan et le Pakistan, en ce mois sacré du Ramadan, mois de retenue et de renforcement de la solidarité dans le monde musulman, règlent leurs différends actuels dans un esprit de bon voisinage et par le dialogue », a-t-il écrit.

Téhéran s’est également dit prêt à offrir « toute assistance nécessaire » pour faciliter les discussions et renforcer la compréhension et la coopération entre les deux capitales.

Ces déclarations interviennent dans un contexte de tensions croissantes à la frontière afghano-pakistanaise, après des échanges militaires et des accusations réciproques concernant des frappes et des incursions dans les zones frontalières.

Vendredi tôt dans la matinée, quelques heures après des « attaques massives » menées par les forces talibanes à la frontière contre des positions militaires pakistanaises, de violentes explosions ainsi que des avions de chasse ont été entendus à Kaboul. Kandahar, ville du Sud où réside le chef des talibans, a également été survolée.

Kaboul a été secouée vendredi matin par une série d’explosions et de tirs nourris, alors que les tensions entre l’Afghanistan et le Pakistan connaissent une dangereuse escalade. Selon des témoins et des journalistes de l’AFP sur place, jusqu’à huit puissantes explosions ont retenti à partir de 1h50 heure locale (21h20 GMT), suivies de coups de feu intenses dans le centre-ville pendant près d’une heure.

Ces affrontements interviennent après que l’armée afghane a mené une opération de « représailles » contre des frappes aériennes pakistanaises plus tôt dans la semaine, qui auraient tué au moins 18 personnes, dont des civils, dans les zones frontalières de l’est du pays.

Le ministre pakistanais de la Défense, Khawaja Asif, a averti ce vendredi que « notre patience a atteint ses limites » et a évoqué le risque d’une « guerre ouverte ». Islamabad accuse les talibans afghans d’abriter le Tehreek-e-Taliban Pakistan (TTP), responsable d’attaques au Pakistan, une accusation rejetée catégoriquement par Kaboul.

Les relations entre les deux voisins se sont fortement détériorées ces derniers mois. Les points de passage frontaliers restent pour la plupart fermés depuis octobre, après des combats qui ont fait plus de 70 morts des deux côtés. L’Afghanistan accuse à son tour le Pakistan de soutenir des groupes anti-talibans et de violer son espace aérien et son territoire.

Cette flambée menace de compromettre les efforts diplomatiques, notamment le cessez-le-feu négocié par le Qatar, en vigueur depuis fin 2025 malgré des violations sporadiques. Les Nations Unies et d’autres observateurs internationaux ont exprimé leur inquiétude face aux pertes civiles potentielles et appellent à la retenue afin d’éviter une nouvelle crise humanitaire dans une région déjà fragile.

 

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SOURCE: FRENCH PRESS TV