Le ministre français des Affaires étrangères Jean-Noël Barrot a demandé à ce que l'accès de l'ambassadeur américain Charles Kushner aux ministres soit suspendu après que celui-ci n'a pas répondu à une convocation liée à des commentaires concernant la mort du militant identitaire Quentin Deranque, a-t-on appris lundi de source diplomatique.
L’incident diplomatique s’est joué ce lundi soir au Quai d’Orsay. Convoqué par le ministère des Affaires étrangères, l’ambassadeur des États-Unis en France Charles Kushner « ne s’est pas présenté » au rendez-vous fixé à 19 heures, a fait savoir le ministère. Une absence qui faisait suite à des tensions provoquées par des prises de positions de l’administration Trump sur la mort de Quentin Deranque.
Dans un communiqué, le Quai d’Orsay a dénoncé une « apparente incompréhension des attendus élémentaires de la mission d’ambassadeur ayant l’honneur de représenter son pays ». Par conséquent, Jean-Noël Barrot a décidé que Charles Kushner ne pourrait désormais « plus accéder directement aux membres du gouvernement français », ajoutant qu'il était toujours possible que Charles Kushner « exerce sa mission et se présente » au Quai en vue d'échanges « permettant d'aplanir les irritants ».
À l’origine de la convocation, des commentaires de l’administration américaine relayés sur le compte X de l’ambassade à Paris, après la mort de Quentin Deranque, âgé de 23 ans, des suites de blessures à la tête après des affrontements entre militants d'extrême gauche et d'extrême droite, en marge d'une manifestation organisée le 12 février à Lyon contre la venue à Sciences-Po Lyon de la députée de La France Insoumise (LFI) Rima Hassan.
Washington avait dénoncé la violence politique d’extrême gauche et appelé à traduire les responsables en justice.
Une lecture vivement contestée par Paris. « Nous refusons toute instrumentalisation de ce drame (…) à des fins politiques », a martelé Jean-Noël Barrot, estimant que la France n’avait « aucune leçon s’agissant de la violence, en particulier à recevoir de l’internationale réactionnaire ».
Le dossier a pris une autre dimension après les commentaires de la Première ministre italienne Giorgia Meloni, auxquels Emmanuel Macron a répondu en l’invitant à cesser de « commenter ce qui se passe chez les autres ».
C'est la deuxième fois que Charles Kushner ne se présente pas à une convocation du ministère français des Affaires étrangères. En août 2025, il avait été convoqué après avoir exprimé son inquiétude face à la recrudescence des actes « antisémites » en France et critiqué les autorités pour leur inaction.