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La rapporteuse spéciale de l’ONU pour la Palestine maintient sa position malgré la pression de la France

US Rep. Ilhan Omar (D-MN) (L) talks with Speaker of the House Nancy Pelosi (D-CA) during a rally with fellow Democrats before voting on H.R. 1, or the People Act, on the East Steps of the US Capitol on March 08, 2019 in Washington, DC. (AFP photo)
La rapporteuse spéciale des Nations unies pour les territoires palestiniens, Francesca Albanese. ©Reuters

La rapporteuse spéciale des Nations unies pour les territoires palestiniens, Francesca Albanese, a qualifié d'accusations « grotesques » les attaques du chef de la diplomatie française qui l’avait faussement accusée d’antisémite à la suite de sa contestation contre le système qui a permis le génocide en Palestine. Elle a déclaré qu'elle ne démissionnerait pas car elle conserve « la confiance du Conseil des droits de l'homme ».

Selon elle, ces accusations venant de Paris, Berlin et Prague visent à « détourner l'attention » des rapports qu'elle a rédigés sur la situation à Gaza, que l'ONU qualifie de génocide.

« Ne parlons pas de moi, mais des sept rapports accablants dans lesquels j'ai recensé 62 États, dont la France, qui ont apporté un soutien politique, stratégique et militaire à Israël », a déclaré Mme Albanese à Europe Today, ce vendredi 20 février. « C'est à cela que la France et les autres gouvernements doivent répondre. »

« Le fait que l'on s'intéresse davantage à quelque chose que je n'ai pas dit qu'aux pratiques d'un État (régime, ndlr) accusé de crimes contre l'humanité et de génocide est révélateur », a-t-elle également déclaré, ajoutant que « l'impunité tue ».

La polémique a débuté après qu'un groupe de députés français du camp présidentiel a envoyé une lettre au ministre des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, accusant Francesca Albanese de tenir des propos « antisémites » lors d'un forum organisé par l'agence de presse qatarie Al Jazeera.

L'une des députées concernées, Caroline Yadan, a alors cité deux extraits vidéo du forum pour étayer son allégation. Mais l'une de ces vidéos s'est depuis révélé être fausse. Une comparaison entre le clip édité et l'enregistrement complet du discours de Francesca Albanese indique que l'extrait a été manipulé à l'aide d'une intelligence artificielle.

En réalité, Francesca Albanese, qui a partagé l'extrait de son discours, a affirmé que « l'ennemi commun de l'humanité est le système qui a permis le génocide en Palestine, y compris le capital financier qui le finance, les algorithmes qui le dissimulent et les armes qui le rendent possible ».

Les soutiens de Francesca Albanese affirment qu'elle est la cible d'une campagne de diffamation et la décrivent comme « la dernière barrière à l'impunité d'Israël ».

Le Comité de coordination des procédures spéciales du Conseil des droits de l'homme, composé de six experts indépendants, a condamné les attaques contre Mme Albanese.

Il a fait part de ses « préoccupations face à la tendance croissante des attaques à motivation politique [...] contre des experts indépendants en droits de l'homme, des fonctionnaires des Nations unies et des juges de tribunaux internationaux » et a invité les États à « unir leurs forces pour demander des comptes [...] aux dirigeants et aux fonctionnaires accusés d'avoir commis » des crimes internationaux « à Gaza ».

Le Bureau de la Commission Nationale Consultative des Droits de l’Homme a, lui, exprimé sa « vive préoccupation » après les propos de Jean-Noël Barrot, qui « reposent sur une désinformation manifeste ». « Cette manipulation des propos d'une experte indépendante de l'ONU est d'une gravité extrême en ce qu'elle porte atteinte à l'intégrité du débat public », est-il écrit dans la lettre en soutien à Francesca Albanese.

Ce mercredi, plus de 150 personnalités, dont une centaine d'ex-diplomates, ministres et ambassadeurs ont accusé Jean-Noël Barrot de « désinformation ».

Ils « condamnent le recours à des éléments inexacts et manipulés pour discréditer une titulaire d'un mandat indépendant des Nations unies ». « [Francesca] Albanese a réaffirmé un principe fondamental du droit international : l'imputabilité des violations graves du droit international constitue une obligation juridique, non un choix politique, et les responsables doivent être poursuivis », ont-ils ajouté.

 

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SOURCE: FRENCH PRESS TV