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Projet d'avion de combat franco-allemand SCAF : l'Allemagne en désaccord avec la France

US Rep. Ilhan Omar (D-MN) (L) talks with Speaker of the House Nancy Pelosi (D-CA) during a rally with fellow Democrats before voting on H.R. 1, or the People Act, on the East Steps of the US Capitol on March 08, 2019 in Washington, DC. (AFP photo)
Le président français Emmanuel Macron (G) et le chancelier allemand Friedrich Merz sont arrivés à une réunion informelle des dirigeants de l'UE, en Belgique, le jeudi 12 février 2026. ©Bloomberg

Le chancelier allemand Friedrich Merz remet en cause la participation de l’Allemagne au projet d'avion de combat franco-allemand SCAF.  

Depuis des mois, les dirigeants français et allemand promettent de trouver un compromis sur le projet de l’avion de combat développé avec la France, malgré les doutes des industriels français et allemands.

Le chancelier allemand Friedrich Merz a exprimé de sérieux doutes sur la poursuite du programme commun avec la France, estimant que Berlin et Paris ne poursuivaient plus les mêmes objectifs militaires.

Il estime que les priorités militaires de l'Allemagne diffèrent désormais de celles de la France et évoque la possibilité d'un retrait du projet de Système de combat aérien du futur [SCAF].

Conçu pour remplacer les Rafale français et les Eurofighter allemands et espagnols à l’horizon 2040, cet avion de nouvelle génération, connu sous l’acronyme SCAF, devait incarner un des piliers de la coopération européenne en matière de défense aérienne. Il apparaît aujourd’hui fragilisé par des divergences de fond entre ses principaux partenaires.

Interrogé dans un podcast allemand intitulé « Machtwechsel », Friedrich Merz a dit que son pays n'avait pas besoin du même avion que la France, laissant entendre que Paris et Berlin pourraient construire deux appareils différents, chacun de son côté.

Selon lui, la France souhaite disposer d’un avion capable d’emporter l’arme nucléaire et d’opérer depuis un porte-avions. Or, ces exigences ne correspondent pas aux besoins actuels de la Bundeswehr qui ne prévoit pas ce type de missions.

Le chef du gouvernement allemand a relevé que Paris et Berlin sont « en désaccord sur les spécifications et les profils » de l'avion. « La question qui se pose maintenant est la suivante : avons-nous la force et la volonté de construire deux avions pour ces deux profils d'exigences différents, ou seulement un seul ? », a-t-il demandé, avant de noter que la France n'en veut « qu'un seul », répondant à ses exigences.

Le chancelier allemand a souligné que Paris privilégiait clairement un modèle unique, aligné sur ses propres priorités stratégiques.

Friedrich Merz a prévenu que, sans compromis clair sur les spécifications de l’appareil, l’Allemagne ne pourrait pas poursuivre sa participation au projet. Il a également laissé entendre que Berlin disposait d’alternatives en Europe pour renforcer ses capacités aériennes, laissant envisager une possible réorientation industrielle et stratégique.

Ces déclarations s’inscrivent dans un contexte plus large de tensions franco-allemandes. Berlin reproche à Paris des efforts jugés insuffisants en matière de dépenses de défense, ainsi que certaines positions perçues comme des blocages dans les négociations commerciales avec les pays sud-américains.

En Allemagne, plusieurs responsables du secteur industriel estiment désormais qu’un développement national, accompagné de partenariats ciblés, pourrait constituer une option crédible. Une telle orientation marquerait une rupture avec l’esprit initial du projet, pensé comme une réponse commune aux défis sécuritaires européens.

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SOURCE: FRENCH PRESS TV