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Résolution ghanéenne à l’ONU pour désigner la traite des esclaves africains comme crime contre l’humanité

US Rep. Ilhan Omar (D-MN) (L) talks with Speaker of the House Nancy Pelosi (D-CA) during a rally with fellow Democrats before voting on H.R. 1, or the People Act, on the East Steps of the US Capitol on March 08, 2019 in Washington, DC. (AFP photo)
Le président ghanéen, John Dramani Mahama, le 15 février 2026 à Addis-Abeba lors d’un sommet de l’Union africaine. ©AFP

Le Ghana va déposer en mars 2026 une résolution à l’Assemblée générale des Nations Unies pour désigner la traite des esclaves africains comme « le plus grave crime contre l’humanité », a déclaré dimanche 15 février le président ghanéen, John Dramani Mahama, à la clôture du 39e sommet annuel de l’Union africaine (UA), à Addis-Abeba, la capitale éthiopienne.

Le président ghanéen a considéré cette initiative comme étant la première étape vers une reconnaissance internationale formelle de l’ampleur et de la gravité de la traite négrière transatlantique. Il a affirmé que les consultations menées avec plusieurs partenaires, ainsi que le soutien de l’Union africaine, renforcent les chances de voir cette démarche aboutir.

« Nous pensons qu’avec les consultations que nous avons menées et l’appui de l’Union africaine, la vérité sera enfin reconnue : la traite transatlantique des esclaves a été la plus grande injustice et le plus grand crime contre l’humanité », a déclaré John Dramani Mahama.

D’après le président du Ghana, la résolution qui sera déposée devant les États membres des Nations Unies prendra la forme d’une déclaration portant sur la traite des Africains réduits en esclavage et l’asservissement racialisé des Africains, qualifiés de crimes les plus graves contre l’humanité.

Pour le chef de l’État ghanéen, qui a affirmé parler de concert avec les pays de la CARICOM (Communauté des Caraïbes), il ne s’agit « pas seulement d’une compensation financière, il s’agit de rétablir la vérité historique ».

« Pour l’instant, notre objectif est de soumettre la résolution à l’Assemblée, de laisser le monde reconnaître que cela s’est produit et qu’il n’y a pas eu, dans l’histoire récente ou dans l’histoire du monde, d’injustice plus grave contre l’humanité que la traite des esclaves », a souligné le président ghanéen.

« Reconnaître ces injustices n’est pas synonyme de division, mais de courage moral. Cette initiative nous offre une occasion historique. […] L’occasion de jeter les bases d’une véritable réconciliation et d’une égalité réelle. Si le passé ne peut être changé, il peut être reconnu. Et la reconnaissance est le premier pas vers la justice », a-t-il poursuivi.

Pour Accra, l’enjeu dépasse la simple symbolique. La reconnaissance officielle ne modifiera pas le passé, mais elle permettrait d’en affirmer la réalité et la portée historique. Les autorités ghanéennes estiment que la traite négrière et les systèmes d’esclavage racialisé ont profondément façonné l’ordre mondial moderne.

Leurs répercussions se feraient encore sentir aujourd’hui à travers des inégalités structurelles, des discriminations raciales persistantes et des écarts économiques durables.

À noter que le Ghana, premier pays d’Afrique subsaharienne à avoir obtenu son indépendance en 1957, abrite plusieurs sites emblématiques de cette histoire, notamment le Fort de Cape Coast, ancien comptoir majeur de la traite négrière inscrit au patrimoine mondial de l’UNESCO.

Le Fort de Cape Coast est un ancien comptoir colonial fortifié, situé à Cape Coast, sur la côte du Ghana actuel. (Photo d’Archives)

Le prédécesseur de John Dramani Mahama à la tête du Ghana, Nana Akufo-Addo, avait déjà appelé en novembre 2023 à faire front commun pour obtenir des réparations pour l’esclavage transatlantique et les dommages causés durant l’ère coloniale.

L’esclavage transatlantique a organisé le commerce de millions de personnes d’Afrique de l’Ouest et l’Afrique centrale. Selon l’UNESCO, cette traite a déraciné 15 à 20 millions d’Africains qui ont été séquestrés et trainés de force dans les Amériques et les Caraïbes.

 

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SOURCE: FRENCH PRESS TV