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En 2025, la France a continué de fermer des usines et perdu plus de 10 000 emplois industriels

US Rep. Ilhan Omar (D-MN) (L) talks with Speaker of the House Nancy Pelosi (D-CA) during a rally with fellow Democrats before voting on H.R. 1, or the People Act, on the East Steps of the US Capitol on March 08, 2019 in Washington, DC. (AFP photo)
Au premier semestre 2025, la France a perdu, en net, 25 usines. ©Xinhua

Pour la deuxième année consécutive, la France ferme davantage d’usines qu’elle n’en ouvre, selon le bilan qu'ICI et l'Usine nouvelle révèlent en exclusivité ce jeudi.

En 2025, le pays a en effet enregistré 124 fermetures, liquidations, redressements ou procédures de sauvegarde, et 86 ouvertures de sites industriels, auxquels il faut ajouter 62 extensions. Le solde est de 38 sites perdus.

« On ferme plus d'usines qu'on en ouvre », résume Emmanuel Duteil, directeur de la rédaction de l'Usine Nouvelle. Plus de 10.000 postes sont concernés, certains ayant déjà été supprimés.

Cette situation s'explique par « la crise économique et des crises très conjoncturelles dans certains secteurs, comme l'automobile ou la chimie. Le secteur agro-alimentaire, autrefois épargné, est désormais également en difficulté.

Les sites fermés ou menacés en 2025

La chimie et l'automobile font partie des secteurs les plus touchés. De très nombreux équipementiers et sous-traitants automobiles sont en difficulté.

« Il y a ceux qui sont passés à l'électrique, mais qui n'ont pas  encore assez de commandes, parce que les ventes de voitures électriques sont beaucoup moins importantes que prévu », détaille Emmanuel Duteil. 

Le secteur de la fabrication de matériaux de construction et la métallurgie subissent aussi des difficultés en lien avec la crise du bâtiment. L'acier et l'aluminium sont particulièrement touchés par la concurrence chinoise.

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Malgré l’investissement de 1,3 milliard d'euros pour son four électrique à Dunkerque, ArcelorMittal va supprimer 608 postes sur six sites, dont 84 à Dunkerque et 78 à Florange. L’aciériste Novasco va, lui, fermer deux sites dans l'est (Hagondange et Custines) en plus de Saint-Etienne. « On a perdu notre avance technologique sur l’acier vert », note Emmanuel Duteil, même si le secteur tente de se tourner vers l'avenir.

L'agro-alimentaire, désormais touché par la crise

L’agro-alimentaire, jusque-là épargné, est en difficulté. Avec 16 usines menacées ou fermées sur le territoire, il est même en tête des filières en berne.

Les entreprises ont du mal à « absorber » les crises qui se succèdent. Elles font face à la hausse des prix de l'énergie et des matières premières, mais ne peuvent pas forcément répercuter ces coûts, en raison de la guerre des prix dans la grande distribution, qui vise à atténuer les effets de l’inflation pour le consommateur.

De nombreuses petites et moyennes entreprises (PME) se retrouvent ainsi en difficulté, car « elles sont beaucoup moins internationalisées », précise Anne-Sophie Alsif, cheffe économiste au cabinet de conseil BDO.

« Avec des marges moins importantes que des mutinationales, elles souffrent face à la hausse des coûts et à la baisse de la demande. Ce sont ces entreprises-là, les plus petites, qu'il faut particulièrement soutenir, car ce sont les plus nombreuses, et elles vont avoir du mal à se redévelopper », a-t-elle expliqué.

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Le textile poursuit sa chute

Le secteur du textile s'enfonce dans la crise. En parallèle des nombreuses fermetures d’enseignes dans les centres-villes, les rares sites de production restant en France sont en grande difficulté. La production des chaussures Clergerie a pris fin à Romans-sur-Isère, les filatures de lin Safilin ont fermé à Béthune, tout comme le fabricant de vêtements de travail TDV textile à Laval. « Il ne reste que quelques survivants après l’abandon du textile en France dans les années 70-80 », explique Emmanuel Duteil, mais ces producteurs d'entrée et de moyenne gamme, qui ont perdu leurs fournisseurs, sont victimes de la concurrence mondiale à bas coût.

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SOURCE: FRENCH PRESS TV