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« On ne matraque pas les gens parce qu’on est fatigué » (Co-initiatrice du mouvement des Gilets jaunes)

US Rep. Ilhan Omar (D-MN) (L) talks with Speaker of the House Nancy Pelosi (D-CA) during a rally with fellow Democrats before voting on H.R. 1, or the People Act, on the East Steps of the US Capitol on March 08, 2019 in Washington, DC. (AFP photo)
Une image captée par une caméra de vidéosurveillance d’un Burger King, où des CRS frappent des manifestants, le 1 er décembre 2018, à Paris. ©France Télévisions

Ce lundi s’ouvre à Paris le procès de neuf policiers, jugés pour des violences commises contre des manifestants réfugiés dans un Burger King, lors de l’acte 3 des Gilets jaunes. Les agents plaident une « perte de discernement après une journée de violences d’une intensité exceptionnelle ».

Ils invoquent une perte de « lucidité » après une journée marquée par des violences d’une intensité exceptionnelle. À Paris, neuf CRS [Compagnies républicaines de sécurité, composant de la police nationale] sont jugés pour avoir frappé des manifestants dans un Burger King lors de l’acte 3 du mouvement des Gilets jaunes.

Leur procès pour « violences volontaires commises par des personnes dépositaires de l’autorité publique » s’ouvre ce lundi devant le tribunal correctionnel de Paris, pour une durée de trois jours.

Une « évacuation » à coups de matraque

Les faits remontent à la soirée du 1er décembre 2018, à proximité de l’Arc de Triomphe. Ce soir-là, une unité de CRS reçoit l’ordre d’évacuer un restaurant Burger King situé près des Champs-Élysées, où une trentaine de Gilets jaunes s’étaient réfugiés. Les policiers pénètrent dans l’établissement et procèdent à l’évacuation des manifestants à coups de matraque.

Les images de vidéosurveillance de l’intervention montrent des manifestants portant des gilets jaunes, ne présentant pas de comportement agressif, frappés à l’intérieur du restaurant, puis poussés vers la sortie, où ils subissent de nouveaux coups. Ces violences conduisent le parquet de Paris à ouvrir une enquête le 5 décembre 2019, confiée à l’Inspection générale de la police nationale (IGPN).

Des manifestants « pacifiques », selon une Gilet jaune 

Sur France Inter, l’une des manifestantes est revenue ce lundi sur les violences qu’elle affirme avoir subies. Celle-ci a expliqué s’être réfugiée dans le restaurant avec son compagnon pour échapper aux gaz lacrymogènes et a assuré que l’ensemble des personnes présentes étaient pacifiques au moment de l’intervention des CRS.

Son compagnon se serait allongé sur elle pour la protéger et aurait reçu de nombreux coups de matraque au dos et aux jambes. Elle-même aurait été blessée au coude, une douleur encore persistante aujourd’hui.

Au fil des auditions, les agents ont expliqué être entrés dans le Burger King persuadés de devoir face faire à des casseurs violents et affirment avoir agi dans le but d’évacuer les lieux. Plusieurs d’entre eux ont reconnu des gestes non conformes aux règles d’intervention ainsi qu’un usage excessif de la force.

Le procès doit durer trois jours. Les neuf prévenus encourent jusqu’à sept ans d’emprisonnement et 100 000 euros d’amende.

 

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SOURCE: FRENCH PRESS TV