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Algérie/France : Tebboune hausse le ton sur fond de crise diplomatique

US Rep. Ilhan Omar (D-MN) (L) talks with Speaker of the House Nancy Pelosi (D-CA) during a rally with fellow Democrats before voting on H.R. 1, or the People Act, on the East Steps of the US Capitol on March 08, 2019 in Washington, DC. (AFP photo)
Le président algérien, Abdelmadjid Tebboune, s’exprime lors d’une entrevue avec les médias algériens, diffusée le 7 février par la télévision algérienne.

S’exprimant lors d’une interview diffusée samedi 7 février par la télévision publique algérienne, le président algérien Abdelmadjid Tebboune a évoqué les tensions persistantes entre Alger et Paris, dénonçant des pressions économiques et rappelant la position de l’Algérie sur plusieurs dossiers sensibles. Sans citer directement la France, il a multiplié les messages fermes sur la souveraineté nationale de son pays et les relations bilatérales.

Lors de son interview, il a exprimé son respect à Ségolène Royal, l’ancienne ministre française et présidente de l’Association France-Algérie (AFA), qui a effectué une visite en Algérie fin janvier 2026, la félicitant pour « son courage, son honnêteté intellectuelle et sa franchise ». « Elle est la bienvenue », a-t-il ajouté.

À noter que l’ancienne ministre Ségolène Royal, s’est posée en médiatrice dans la crise entre Paris et Alger. Pour sa première apparition en tant que présidente de l’Association France-Algérie, Mme Royal a présenté, le 17 janvier à Paris, une feuille de route en trois axes visant à sortir de la crise diplomatique entre les deux pays. Mémoire coloniale, restitution des biens culturels et accès aux archives figurent au cœur de ses propositions.

Ailleurs dans ses remarques, Abdelmadjid Tebboune a ensuite fait une série d’allusions à la France et à son attitude à l’égard de son pays, depuis l’indépendance de l’Algérie.

Il a abordé les relations économiques entre l’Algérie et l’Union européenne. Sans la citer nommément, il a accusé la France d’entraver les discussions entre les deux parties afin de « mener une guerre » économique contre l’Algérie, notamment autour des exportations d’acier algérien vers le marché européen.

Dans ce droit fil, le président algérien a souligné que les quotas trimestriels accordés à l’Algérie pour l’exportation de rond à béton vers l’Union européenne sont rapidement atteints, alors que la majorité des importations algériennes proviennent d’Europe.

« L’UE attribue à l’Algérie un quota pour chaque trimestre, quantité qui est totalement consommée en 12 jours, alors que 85 % des achats de l’Algérie proviennent d’Europe et que normalement il y a du libre-échange », a-t-il rappelé.

« Nous avons de bonnes relations avec les pays, notamment avec nos amis italiens, espagnols, allemands, et d’autres pays. Mais il y a certains pays qui incitent à la haine contre l’Algérie, en croyant que nous allons succomber à ces méthodes viles », a-t-il dénoncé. 

Dans ce contexte, il a rappelé la demande d’Alger de renégocier l’accord d’association avec l’UE, évoquant l’existence d’un « consensus, moins un », en allusion à la France, qu’il accuse, sans la nommer, de « répéter ses erreurs avec l’Algérie ».

Pour illustrer ses propos, Abdelmadjid Tebboune a évoqué des précédents historiques, notamment l’embargo français sur les spiritueux d’Algérie après l’indépendance. Selon ses termes, cette décision avait contraint l’Algérie à déraciner ses vignobles et à les remplacer par d’autres cultures, comme les céréales. Il a estimé que certaines attitudes relevaient de pressions visant à faire regretter au pays son indépendance.

Interrogé sur un éventuel déplacement en Algérie du ministre français de l’Intérieur, Laurent Nuñez, M. Tebboune a expliqué : « C’est une déclaration qui le concerne, elle ne me concerne pas. S’il veut venir, il est le bienvenu ».

Sur le plan sécuritaire et migratoire, le président algérien a également abordé la question des obligations de quitter le territoire français (OQTF). Il a réaffirmé que leur gestion relevait des pays d’accueil, tout en mettant l’accent sur la nécessité de respecter les droits des ressortissants algériens concernés. Pour le président algérien, toute procédure d’expulsion doit se faire dans le respect des accords bilatéraux et des démarches consulaires prévues.

Abdelmadjid Tebboune a justifié le refus passé d’accueillir certains ressortissants frappés d’OQTF, évoquant des méthodes contraires aux engagements convenus entre les deux pays.

« Pour les OQTF, nous les avons refusées à un ministre [Bruno Retailleau] parce qu’il se permettait de prendre des Algériens, que j’ai juré de protéger, de les mettre dans un avion et de les renvoyer en Algérie. Ces Algériens ont des droits. Ils vivent en France depuis 10 à 15 ans. Il faut respecter leurs droits. Si la justice ordonne leur expulsion, il y a un recours. Nous avons des accords qui régissent cela. L’Algérie doit être informée, le consul doit rendre visite à la personne frappée d’une OQTF. Si tout est en règle, il signe le laissez-passer », a-t-il expliqué.

« Celui qui veut humilier ou ridiculiser l’Algérie n’est pas encore né », a-t-il déclaré, affirmant sa volonté de défendre la dignité et les droits des Algériens à l’étranger.

 

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SOURCE: FRENCH PRESS TV