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Des Palestiniens harcelés et bloqués au point de passage de Rafah malgré sa réouverture partielle

US Rep. Ilhan Omar (D-MN) (L) talks with Speaker of the House Nancy Pelosi (D-CA) during a rally with fellow Democrats before voting on H.R. 1, or the People Act, on the East Steps of the US Capitol on March 08, 2019 in Washington, DC. (AFP photo)
Des ambulances patientent au passage de Rafah, à la frontière entre la bande de Gaza et l'Egypte, le 2 février 2026. ©AFP

Des habitants de Gaza cherchant à rentrer chez eux ont été confrontés à des actes d’intimidation et à des abus de la part de gangs violents soutenus par Israël opérant près du point de passage de Rafah, seule une minorité de voyageurs a été autorisée à passer, mettant en lumière la persistance des restrictions et des défis humanitaires dans la bande de Gaza assiégée.

Des témoins oculaires ont indiqué que sur les 50 Palestiniens devant entrer à Gaza depuis l’Égypte, seuls 12 ont été autorisés à passer lundi, tandis que 38 ont été bloqués.

Selon ces témoins, des bandes armées liées au passeur Yasser Abou Shabab escortaient les voyageurs jusqu’aux points de contrôle israéliens et participaient aux interrogatoires.

La chaîne Al-Araby TV a rapporté que les personnes entrant à Gaza étaient arrêtées par des militants masqués à un point de contrôle situé à environ 500 mètres du point de passage, où elles étaient soumises à de multiples interrogatoires.

Un responsable israélien a confirmé au journal israélien Haaretz que « des miliciens escortent les Palestiniens entrant par le point de passage de Rafah jusqu’au poste de contrôle de sécurité israélien ».

Le gang lié à Abou Shabab, qui a déjà pillé des camions d’aide humanitaire et ouvert le feu sur des civils palestiniens en coordination avec les forces israéliennes, est devenu un acteur clé dans le contrôle des déplacements au point de passage.

Le mouvement de résistance palestinien Hamas a condamné les « mauvais traitements et abus » signalés à l’encontre des voyageurs.

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Le rapport cite des témoignages évoquant des « pratiques humiliantes », notamment le fait de bander les yeux des femmes, de les soumettre à de longs interrogatoires sans lien avec leur voyage, de menacer certaines d’entre elles avec leurs enfants et de tenter de les faire chanter pour obtenir leur coopération.

Le Hamas a appelé les médiateurs à faire pression afin de mettre fin à ces actions.

Des femmes palestiniennes, parmi les rares autorisées à rentrer chez elles, ont décrit leur expérience comme un « voyage d’horreur ».

Huda Abou Abed, 56 ans, a déclaré à Reuters depuis Khan Younès que, comme d’autres voyageurs, elle avait eu les yeux bandés, les mains menottées et avait été interrogée pendant plus de deux heures par les forces israéliennes et des hommes armés palestiniens soutenus par Israël.

« Ce fut un voyage d’horreur, d’humiliation et d’oppression », a-t-elle confié.

Une autre femme, Sabah al-Raqeb, 41 ans, a expliqué que son bus transportant des rapatriés avait été arrêté à un point de contrôle tenu par le gang Abou Shabab.

Les noms des familles étaient lus à haute voix au haut-parleur, et chaque personne était escortée par des membres armés du gang jusqu’aux forces israéliennes pour être interrogée. On leur a posé des questions sur leurs connaissances du Hamas et des événements liés à l'opération du 7 octobre 2023 contre le régime israélien.

Le point de passage de Rafah, rouvert officiellement lundi, permet à environ 150 Palestiniens de voyager chaque jour. Parmi eux, 50 patients nécessitant des soins médicaux, chacun accompagné de deux personnes, et 50 autres personnes autorisées à entrer à Gaza.

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Les personnes souhaitant traverser doivent s’inscrire auprès des autorités égyptiennes, qui transmettent ensuite les informations au Shin Bet, le service militaire intérieur israélien, pour autorisation.

L’Organisation mondiale de la santé (OMS) a confirmé que le premier groupe à franchir le point de passage comprenait cinq patients et sept accompagnateurs, tandis que près de 20 000 autres personnes ont toujours besoin d’une évacuation médicale urgente.

Environ 80 000 Palestiniens déplacés cherchent à retourner à Gaza, beaucoup d'entre eux ayant fui les destructions massives liées au conflit.

Rafah, qui comptait autrefois environ 250 000 habitants, a été en grande partie dépeuplée durant la guerre, Israël ayant procédé à de vastes démolitions.

Le point de passage demeure sous contrôle israélien, le gang Abou Shabab y jouant un rôle central sous la direction de Ghassan Dahine, successeur du fondateur du groupe, Yasser Abou Shabab. Ce dernier, largement dénoncé comme complice de l’occupation israélienne et criminel, a été tué près de Rafah le 4 décembre 2025.

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SOURCE: FRENCH PRESS TV