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L'arrêt des activités de MSF à Gaza aura « des conséquences catastrophiques » pour la population, alerte son secrétaire général

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Le personnel de MSF à l'hôpital Nasser, à Khan Younès, à Gaza, le 15 janvier 2026. ©AFP

La décision par Israël de mettre fin aux opérations humanitaires de MSF entraînera un effondrement « catastrophique » des soins médicaux pour la population de Gaza.

Christopher Lockyear, secrétaire général de l’organisation caritative Médecins sans frontières (MSF) a lancé cet avertissement ce lundi 2 février, lors d'un entretien avec l'AFP au siège de l'organisation à Genève.

Ces propos interviennent un jour après qu’Israël a annoncé la fin des activités de MSF dans la bande de Gaza et en Cisjordanie, après le refus de l’organisation, faute de « garantie de sécurité » du régime israélien, de fournir la liste détaillée de ses employés palestiniens. Cette mesure devrait être en vigueur le 1er mars.

MSF a réagi en dénonçant « un prétexte pour empêcher l’aide humanitaire » dans le territoire palestinien dévasté par deux années de guerre.

Selon le directeur de l’organisation, la décision du régime israélien vise à « restreindre l'aide humanitaire à Gaza et en Cisjordanie au moment le plus critique pour les Palestiniens ».

« Nous vivons un moment où le peuple palestinien a besoin de davantage d'aide humanitaire, et non de moins », a déclaré M. Lockyear, mettant en garde contre « des conséquences catastrophiques » que entraîne l’arrêt des activités de MSF pour les populations de la bande de Gaza et de la Cisjordanie.

MSF a, considérablement, contribué à la fourniture de l'aide médicale et humanitaire à Gaza, en particulier depuis le début de la guerre génocidaire menée en octobre 2023 par le régime israélien contre la bande de Gaza.

Selon les données officielles, MSF fournit actuellement au moins 20 % des lits d'hôpitaux du territoire et qu'il gère une vingtaine de centres de santé.

« Rien qu'en 2025, nous avons assuré plus de 800 000 consultations ambulatoires, traité plus de 100 000 cas de traumatismes, assisté à plus de 10 000 accouchements et fourni plus de 700 millions de litres d'eau » dans ce territoire palestinien, a déclaré M. Lockyear.

« Il s'agit d'un choix impossible qui nous a été imposé »

En décembre, les autorités israélienne avaient prévenu que 37 ONG ne seraient plus autorisées à opérer dans la bande de Gaza à partir du 1er mars. Une décision qui a suscité une vague de condamnations de la part des ONG et des Nations unies.

Auparavant, Israël avait accusé deux employés de MSF d’avoir des liens avec la Résistance palestinienne, ce que MSF dément catégoriquement.

En réaction, le secrétaire général Lockyear a déclaré que le régime « devrait partager des preuves » d’une telle allégation, insistant sur le fait qu’« aucune preuve ne nous a été fournie ».

M. Lockyear a également dénoncé la « campagne orchestrée » ces derniers mois pour « délégitimer » MSF et appelle la communauté internationale à défendre les efforts déployés pour acheminer l'aide humanitaire dont Gaza a désespérément besoin.

« Ils devraient s'adresser à Israël et faire pression sur lui pour qu'il lève toute interdiction visant les organisations humanitaires », a-t-il précisé.

MSF, avec environ 1 100 employés à Gaza, tentait depuis près d’un an d’établir un dialogue avec les autorités israéliennes au sujet des listes demandées, mais l'organisation se trouve désormais face à un choix impossible, déplore M. Lockyear.

« Nous sommes contraints de choisir entre la sécurité de notre personnel et notre capacité à soigner les patients. ».

Toutefois, ajoute-il, l’organisation a décidé de ne pas communiquer les noms de son personnel « parce que les autorités israéliennes n'ont pas fourni les assurances concrètes nécessaires pour garantir la sécurité de notre personnel, protéger leurs données personnelles et préserver l'indépendance de notre activité médicale ».

M. Lockyear a insisté sur le fait qu'il s'agissait d'une décision « très rationnelle », soulignant que 15 membres du personnel de MSF avaient été tués à Gaza pendant la guerre, sur plus de 500 travailleurs humanitaires et plus de 1 700 travailleurs médicaux tués dans la bande de Gaza.

Le secrétaire général de MSF a également souligné que sans organisations humanitaires indépendantes à Gaza, une situation déjà « catastrophique » ne peut qu'empirer.

« Nous devons augmenter massivement l'aide humanitaire acheminée à Gaza », a-t-il conclu, « et non la restreindre ou la bloquer. »

 

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SOURCE: FRENCH PRESS TV