La Russie se dit prête à un monde sans limitations sur le nombre d’armes nucléaires, a affirmé le vice-ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Riabkov. Cette déclaration intervient alors que le dernier traité de désarmement encore en vigueur entre les États-Unis et la Russie expire jeudi, et aucune prolongation n’est en vue.
Cette semaine, le traité New START entre la Russie et les États-Unis arrivera à expiration. Rien n’indique que les deux pays concluront un nouvel accord d’ici là pour en prolonger la durée.
Le Kremlin a déclaré mardi que le monde se retrouvera dans une situation plus dangereuse qu’auparavant en matière de désarmement nucléaire entre la Russie et les États-Unis à l’expiration du traité New START. Il a réaffirmé qu’il était favorable à une prolongation.
Cependant, Riabkov a conditionné tout dialogue futur avec Washington sur la stabilité stratégique à une remise en question fondamentale de la politique hostile des États-Unis.
Le diplomate a par ailleurs élargi le cadre des possibles négociations, affirmant que pour qu’elles deviennent multilatérales, la France et le Royaume-Uni devraient y participer, accusant ces pays d’adopter une attitude hostile envers la Russie et de mener une guerre qui façonnait l’avenir de l’Europe.
Il a également émis des avertissements concrets concernant les déploiements militaires américains, affirmant que tout déploiement majeur de systèmes antimissile au Groenland ou de missiles à moyenne portée au Japon contraindrait la Russie à prendre des mesures réciproques.
Riabkov a souligné que la Russie et la Chine s’accordaient sur le fait que la principale cause de la détérioration du système de sécurité stratégique mondial résidait dans les actions unilatérales de Washington. Il a salué le respect mutuel entre les deux capitales concernant leurs positions distinctes sur le contrôle des armements.
Le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov, a commenté la position de la Chine sur la question, en l’attribuant à l’écart actuel entre les arsenaux nucléaires.
Lors d’une conférence de presse mardi, il a déclaré, selon l’agence de presse TASS, que la puissance nucléaire chinoise n’était actuellement pas comparable à celle de la Russie ou des États-Unis, ce qui justifierait le refus de la Chine de participer au traité New START.
Le traité New START, officiellement connu sous le nom de Traité sur la réduction des armements stratégiques offensifs, limite le nombre de missiles balistiques intercontinentaux, de certains autres systèmes de roquettes et d’ogives nucléaires détenus par la Russie et les États-Unis.