Le président français est revenu sur les tensions avec les États-Unis et a appelé à un sursaut économique des pays européens.
Dans un discours mardi après-midi lors du forum économique de Davos en Suisse, Emmanuel Macron est notamment revenu sur les tensions entre les États-Unis et l’Europe qui découlent de la volonté américaine d’annexer le Groenland, territoire danois de l’Arctique.
Devant des nombreux acteurs du monde économique, le chef d’État français a dit préférer « le respect plutôt que les brutes », et « l’état de droit plutôt que la brutalité ». Emmanuel Macron a également dénoncé une « dérive vers l’autocratie et davantage de violence », où « les conflits sont devenus la norme ».
« La France et l’Europe sont attachées à la souveraineté nationale et à l’indépendance, et aux Nations unies et à leur charte », a également rappelé le président français alors que son homologue américain veut créer un nouveau « Conseil de paix » mondial totalement à sa main.
Il a dit vouloir refaire du G7, que la France préside cette année, un « forum pour un dialogue franc » et pour des « solutions collectives et coopératives ». Macron a par ailleurs précisé qu’il n’y aura pas de réunion du G7 « prévue » jeudi à Paris.
Alors que Donald Trump a annoncé samedi vouloir soumettre les exportations de huit pays européens à des taxes et a menacé la France de taxer à 200 % ses exportations de vins, Emmanuel Macron a dénoncé des « droits de douane inacceptables, d’autant plus quand ils sont utilisés comme moyen de pression ». Il a également estimé que la « concurrence » américaine vise à « affaiblir et subordonner l’Europe ».
« La compétitivité européenne est à la peine par rapport aux États-Unis », a indiqué le président appelant l’Europe à « répondre au manque de croissance » et de « PIB par habitant ».
Appelant à renforcer la souveraineté économique du Vieux Continent, Emmanuel Macron a estimé que « la préférence européenne est une nécessité ». L’Union européenne dispose d’outils « très puissants » en matière commerciale, et doit les « utiliser » quand elle « n’est pas respectée », a-t-il affirmé. « Nous devons accélérer le renforcement du marché unique dans tous les secteurs ».
Les dirigeants de l’UE réfléchissent à des mesures de rétorsion commerciale et prévoient de discuter du Groenland lors d’un sommet convoqué en urgence pour jeudi à Bruxelles.