Le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, a condamné les pays occidentaux pour leurs tentatives de « changement de régime » en Iran, qualifiant leurs efforts pour déstabiliser ce pays de « profondément préoccupants ».
« Les tentatives manifestement déclarées de déstabiliser la situation diplomatique iranienne suscitent une profonde inquiétude », a mis en garde M. Lavrov lors d’une conférence de presse dressant le bilan de la diplomatie russe en 2025.
Le ministre russe a fait référence à la récente vague d’émeutes et d’actes terroristes contre les forces de sécurité et les civils en Iran, ouvertement soutenus par le président américain Donald Trump et certains responsables occidentaux.
« En particulier, Kaja Kallas, chef de la diplomatie européenne, a récemment annoncé qu’en appuyant les manifestations, la communauté internationale, représentée par l’Union européenne, cherchait à renverser le pouvoir politique en Iran », a-t-il évoqué.
Toutefois, la Russie a apporté son soutien à la République islamique d’Iran face à ces émeutes, fustigeant l’Occident pour la provocation de la violence dans le pays.
La semaine dernière, lors d’un entretien téléphonique, le président russe Vladimir Poutine a assuré à son homologue iranien Massoud Pezeshkian que c’est la récente marche de millions d’Iraniens en soutien à leurs dirigeants qui illustre clairement la situation réelle en Iran.
La Russie ne cessera pas ses échanges commerciaux avec l’Iran
Lors de sa conférence de presse, Sergueï Lavrov a également affirmé que Moscou ne voit aucune raison d’interrompre ses échanges commerciaux avec l’Iran et qu’elle les poursuivrait malgré les menaces de sanctions américaines.
Lavrov a promis : « Nous commerçons avec l’Iran. C’est une affaire entre vous [les Iraniens] et nous. Nos échanges commerciaux évolueront comme nous le déciderons. » Il rejetait ainsi l’allégation faite par Donald Trump le 12 janvier, selon laquelle tout pays commerçant avec l’Iran se verrait imposer des droits de douane de 25 % sur ses échanges avec les États-Unis.
M. Lavrov a ajouté que la Russie avait de « bons projets communs » avec l’Iran, citant notamment le développement de la centrale nucléaire de Bouchehr et le corridor de transport international Nord-Sud, qui relie la Russie, la République d’Azerbaïdjan et l’Iran.
« De nombreux autres projets sont en cours, et je ne vois aucune raison pour que nous ou nos amis iraniens les arrêtions », a-t-il affirmé, regrettant que Trump abuse des droits de douane comme un « instrument politique » et que de telles mesures prouvent que les États-Unis n’ont pas pleinement confiance en leur propre compétitivité sur les marchés mondiaux.