Dans un rapport accablant, le Haut-Commissariat aux droits de l'homme de l'ONU a dénoncé la discrimination et la ségrégation exercées par Israël contre les Palestiniens en Cisjordanie qui s'intensifient de plus en plus et qui illustrent un « apartheid » qui viole le droit international.
Le Haut-Commissariat affirme que la « discrimination systématique » à l'égard des Palestiniens dans l'ensemble des territoires palestiniens occupés s'est « radicalement aggravée » ces dernières années.
« On assiste à une asphyxie systématique des droits des Palestiniens en Cisjordanie », a déclaré Volker Türk, qui est à la tête du Haut-Commissariat, dans un communiqué accompagnant la publication du rapport.
« Il s’agit d’une forme particulièrement grave de discrimination raciale et de ségrégation, qui ressemble au système d’apartheid que nous avons connu par le passé. »
Le rapport avertit qu’Israël viole le droit international qui exige des États qu’ils interdisent et éradiquent la ségrégation raciale et l’apartheid.
Des experts indépendants de l'ONU avaient déjà qualifié la situation dans les territoires palestiniens occupés d'apartheid mais c'est la première fois qu'un Haut-Commissaire aux droits de l'homme de l'ONU emploie ce terme.
Le rapport souligne que les autorités israéliennes traitent les colons israéliens et les Palestiniens selon deux ensembles distincts de lois et de politiques. Cela se traduit par une « inégalité de traitement » sur toute une série de questions cruciales, notamment « la liberté de circulation et l’accès à des ressources telles que la terre et l’eau », constate le rapport.
« Qu'il s'agisse d'avoir accès à l'eau, d’aller à l’école, de se rendre à l’hôpital, de rendre visite à sa famille, ou de récolter des olives, tous les aspects de la vie des Palestiniens en Cisjordanie sont contrôlés et restreints par les lois, les politiques et les pratiques discriminatoires d’Israël », a déploré Volker Türk.
M. Türk demande à Israël qu'il « abroge toutes les lois, politiques et pratiques qui perpétuent la discrimination systémique à l'égard des Palestiniens fondée sur la race, la religion ou l'origine ethnique ».
Cette discrimination est aggravée par la violence intensifiée des colons, avec dans de nombreux cas « l'assentiment, le soutien et la participation des forces israéliennes », selon le Haut-Commissariat.
Au cours des deux dernières années, depuis le début du génocide à Gaza en octobre 2023, près de 1 102 Palestiniens ont été tués en Cisjordanie occupée et environ 11 000 autres blessés lors d’attaques menées par l’armée israélienne et les colons.
Depuis le début de la guerre dans la bande de Gaza, les autorités israéliennes ont également « intensifié le recours à la force illégale, aux détentions arbitraires et à la torture », déplore le rapport.
Il dénonce une « détérioration sans précédent de la situation des droits humains » en Cisjordanie, faisant état du renforcement de la « répression de la société civile » et des « restrictions excessives à la liberté des médias ».
Le rapport souligne aussi la rapide expansion des colonies, considérées comme illégales par le droit international, tandis que les Palestiniens sont tués « avec une impunité presque totale ».