En dépit des annonces récurrentes depuis 2017, le président français Emmanuel Macron n’a jamais concrétisé la tenue d’un référendum. En 2025, l’engagement d’une « consultation multiple » portant sur des réformes économiques, sociales ou institutionnelles s’est à son tour dissipé, venant s’ajouter aux promesses restées sans suite sur le climat, l’immigration et les retraites.
L’absence de tout référendum en 2025, malgré les vœux présidentiels de fin 2024 au cours desquels M. Macron affirmait vouloir demander aux Français de « trancher » des sujets majeurs, s’inscrit dans une série de promesses non tenues. Elle intervient dans un contexte politique instable, à dix-huit mois de la fin du second mandat d’Emmanuel Macron.
Depuis son élection en 2017, le président français a à plusieurs reprises évoqué le recours au référendum, sans jamais le mettre en œuvre.
Dès l’été 2017, il avait envisagé de soumettre au vote populaire une vaste réforme institutionnelle, un projet qui n’a finalement jamais abouti.
En 2020, face à la Convention citoyenne pour le climat, Emmanuel Macron s’était engagé à organiser un référendum afin d’inscrire la protection de l’environnement dans l’article 1er de la Constitution. Toutefois, en juillet 2021, le projet est abandonné à la suite d’un blocage au Sénat. Le gouvernement accuse alors la droite d’obstruction, tandis que les écologistes dénoncent un renoncement face à l’urgence climatique.
En 2023, la perspective d’un référendum sur l’immigration, évoquée lors des Rencontres de Saint-Denis, connaît le même sort. Faute de consensus politique, le président y a renoncé en novembre, invoquant l’absence d’accord parlementaire. Les oppositions, qui avaient boycotté les discussions, dénoncent de leur côté une initiative à visée électoraliste plutôt qu’une véritable démarche démocratique.
L’année 2025 n’a pas dérogé à cette tendance. Lors de ses vœux pour 2025, Emmanuel Macron avait fait part d’un possible référendum pour « trancher » des sujets comme les réformes économiques, éducatives ou la fin de vie. Sur les réseaux sociaux, de nombreux comptes rappellent au président français cette promesse non tenue.
En mai 2025, sur TF1, il précisait vouloir organiser une « consultation multiple » dans les mois suivants, excluant toutefois des thèmes sensibles comme les retraites ou l’immigration, qui avaient fait l’objet d’une demande appuyée, notamment avec une pétition initiée par Philippe de Villiers rassemblant plus d’un million de signatures. Pourtant, malgré les spéculations, aucun scrutin n’a vu le jour.
En octobre 2025, depuis la Slovénie, le président français évoquait encore un référendum sur les retraites, mais conditionné à un accord préalable, qui n’est jamais venu. Pierre Moscovici, président de la Cour des comptes, mettait en garde contre un tel scrutin, risquant de se transformer en plébiscite sur la personne du président, impopulaire avec une cote de confiance à 25 % en décembre.
Cette frilosité s’explique par le traumatisme du référendum de 2005 sur le traité européen, et par les contraintes logistiques — au moins 16 semaines de préparation. Dans un contexte de crises successives, avec quatre Premiers ministres depuis 2024 et un budget adopté dans la douleur, l’exécutif craint un effet boomerang.
Ce scepticisme reflète un malaise croissant, alors que 2026, année électorale, pourrait voir la question du référendum agiter la campagne présidentielle ; et qu’à quelques heures des vœux du président, une nouvelle annonce de référendum pourrait être évoquée.