Mogadiscio, capitale de la Somalie, a été le théâtre dimanche de manifestations pour condamner la décision d’Israël de reconnaître le Somaliland, une région du nord de la Somalie qui a proclamé son indépendance en 1991.
Rassemblée dans le quartier de Taleh, la foule a entamé la mobilisation en entonnant l’hymne national somalien et a enchaîné avec des slogans tels que « La Somalie est indivisible » et « Le Somaliland fait partie de la Somalie ». Malgré un important dispositif policier, les manifestants ont fait entendre leur indignation face à la reconnaissance du Somaliland par Israël et mis l’accent sur la souveraineté et l’intégrité territoriale de la Somalie.
« La Somalie n’a jamais renoncé à son territoire et ce n'est pas maintenant qu'elle va le faire », a déclaré Mohamed Abor, l’un des manifestants, soulignant qu’aucune parcelle de terre somalienne ne peut être cédée à Israël ni à aucun autre pays. Pour lui, il n'y a qu'une seule Somalie et cela restera ainsi. Et d'ajouter : « Nous sommes prêts à tout sacrifier, y compris nos vies, pour notre pays. »
Un autre manifestant, Abdi Ismail, a lui qualifié la décision d’Israël d’« inacceptable » pour le peuple somalien et d’« atteinte claire à la souveraineté de la Somalie », affirmant que le Somaliland est une partie indissociable du pays et qu'aucun pays n’a le droit de le reconnaître de manière unilatérale. Il a également appelé la communauté internationale à ne pas rester passive face à cette décision.
À noter qu’Israël qui n’a jamais fait la démonstration de son intérêt pour l’autodétermination d'aucun peuple, a reconnu vendredi 26 décembre le Somaliland comme un État indépendant et souverain, suscitant la condamnation d’un grand nombre de pays d’Afrique et de l’Asie de l’Ouest.
Le Somaliland, qui n’est reconnu que par Israël, est situé à un coin stratégique du continent : au tournant de la mer Rouge et du golfe d’Aden, sur le détroit de Bab el-Mandeb, sur l’une des routes commerciales les plus fréquentées au monde, reliant l’océan Indien au canal de Suez. Le territoire fait aussi face au Yémen où les combattants du mouvement de résistance yéménite Ansarallah constituent un défi de taille pour Israël.
Le gouvernement central somalien peine à asseoir son autorité sur la région et les responsables de ce territoire sont incapables d’obtenir une reconnaissance internationale de leur indépendance.
Pour Israël, la décision de reconnaître le Somaliland s’inscrit « dans l’esprit » des accords d’Abraham, un processus qui en 2020 avait vu plusieurs pays arabes normaliser leurs relations avec Israël.
En outre, depuis l’annonce par Donald Trump d’un plan aux contours flous qui vise à déplacer de force les habitants de la bande de Gaza, le Somaliland est souvent cité comme terre d’accueil potentielle.
À la suite de cette reconnaissance controversée, vingt et un pays du monde ont mis en garde samedi 27 décembre contre les graves conséquences de la décision d’Israël pour la paix et la sécurité dans la Corne de l’Afrique et la région de la mer Rouge. Ces pays ont condamné « les tentatives visant à expulser de force le peuple palestinien de ses terres », après que des informations ont fait état d’un lien entre cette reconnaissance et des tentatives israéliennes de déplacer la population de Gaza.