Le gouvernement nigérien a réaffirmé, une fois de plus, la souveraineté de Niamey sur l’uranium et rejette les accusations de vol imputées par la France et le groupe Orano.
Lors d’un point de presse conjoint ce samedi 27 décembre, le ministre des Mines, le commissaire-colonel Ousmane Abarchi, et le ministre de la Justice, Alio Daoudaa, ont annoncé que Niamey décide de « sévir contre tout partenariat ne répondant pas à sa réglementation minière ».
Ces remarques interviennent à la suite de l’ouverture d’une enquête par la justice française pour « vol en bande organisée dans le but de servir les intérêts d'une puissance étrangère ».
Selon le ministre nigérien des Mines, Orano « franchit un seuil inacceptable, tant sur le plan du droit que sur celui de l’éthique des relations internationales ».
Le commissaire-colonel Abarchi a qualifié les récentes déclarations du groupe Orano de « rupture grave avec les principes élémentaires de rigueur juridique, de responsabilité industrielle et de respect des États souverains », précisant que le groupe tente d’assimiler « l’exercice de la souveraineté du Niger à un prétendu vol d’uranium », une ressource nationale.
Fin novembre, le Niger a annoncé la mise sur le marché international de l’uranium produit par la Somaïr, société des mines de l’Aïr, qui était jusqu’à récemment une filiale du groupe français Orano, nationalisée par Niamey en juin 2025.
Avant sa nationalisation, la Somaïr appartenait à 63,4 % à Orano et à 36,6 % à l’État nigérien. L’extraction de l’uranium nigérien fait actuellement l’objet d’un bras de fer entre le gouvernement nigérien et le groupe français Orano, un dossier présenté comme un symbole des tensions entre la France, ancienne puissance coloniale, et les autorités nigériennes.
Lors de leur briefing, les ministres ont souligné que le Niger demeure ouvert à des partenariats respectueux, équilibrés et transparents, tout en restant ferme et sans concession sur la protection de ses droits, de sa dignité institutionnelle et de l’intérêt supérieur de sa population.
Le commissaire-colonel Abarchi affirme que l’État assume sa responsabilité historique de protéger un secteur stratégique, de garantir la continuité d’exploitation, et d’exiger le respect des textes, et d’obtenir la juste valeur de ses ressources.
De son côté, Alio Daouda, le ministre nigérien de la Justice a affirmé qu'Orano a laissé 58 milliards de FCFA de dettes d'impayés et l'accuse d'avoir « toujours minoré la teneur de l'uranium » nigérien.
« Entre le Niger et Orano, qui a volé qui ? », a-t-il lancé.