Le ministre espagnol des Affaires étrangères, José Manuel Albares, a annoncé lundi le rappel de l'ambassadrice espagnole Ana Maria Salomon Perez en Palestine occupée pour consultations, à la suite de l'escalade des tensions entre Madrid et le régime de Tel-Aviv.
Cette décision fait suite à l'interdiction d'entrée prononcée par le ministre israélien des Affaires étrangères, Gideon Saar, à l'encontre de la ministre espagnole du Travail, Yolanda Diaz, ainsi que de la ministre de la Jeunesse et de l'Enfance, Sira Rego, en raison de leurs critiques à l’égard de la guerre menée par Israël contre la bande de Gaza. Albares a qualifié cette décision de « diffamatoire et inacceptable », selon la chaîne espagnole Antena 3.
Le même jour, le Premier ministre espagnol, Pedro Sanchez, a dévoilé neuf nouvelles mesures contre le régime sioniste en réponse à sa campagne militaire en cours à Gaza. Parmi celles-ci figurent une loi officialisant l'embargo de facto sur les ventes d’armes à Israël, l'interdiction pour les navires transportant du carburant pour l'armée israélienne d'accoster dans les ports espagnols et la fermeture de l'espace aérien espagnol aux avions gouvernementaux transportant du matériel militaire vers la Palestine occupée.
Ces mesures interdisent également l'entrée en Espagne aux personnes accusées de « génocide, de violations des droits humains et de crimes de guerre à Gaza », tout en limitant les services consulaires pour les citoyens espagnols résidant dans des colonies de peuplement dans les territoires palestiniens occupés. Madrid s'est, également, engagé à verser 10 millions d'euros (11,7 millions de dollars) à l'Office de secours et de travaux des Nations unies pour les réfugiés de Palestine dans le Proche-Orient (UNRWA) et à porter l'aide humanitaire à Gaza à 150 millions d'euros d'ici 2026.
Lors d'une allocution télévisée, le Premier ministre Sanchez a déclaré que les nouvelles mesures visaient à mettre fin au « génocide à Gaza », notant : « Israël ne se défend pas, il extermine une population sans défense. »
« Nous savons que ces mesures ne suffiront pas à mettre fin aux crimes de guerre, mais nous espérons qu'elles permettront de faire pression sur le Premier ministre Benjamin Netanyahu et d'atténuer les souffrances du peuple palestinien », a déclaré Sanchez, ajoutant que « l'Espagne seule ne peut pas arrêter la guerre, mais cela ne signifie pas que nous ne pouvons pas essayer ».