Les dernières frappes israéliennes contre Beyrouth, capitale libanaise, ont suscité de vives réactions, tant à l'intérieur qu'à l'extérieur du pays.
Les dirigeants libanais ont fermement condamné, ce jeudi 5 juin, les violations sans répit de l'accord de cessez-le-feu par le régime sioniste.
Le président libanais, Joseph Aoun, a qualifié les frappes de « violation flagrante d’un accord international » de cessez-le-feu, et d’atteinte « aux principes élémentaires du droit et des résolutions humanitaires et onusiennes, à la veille d’une fête religieuse sacrée » - l'Aïd al-Adha ou la fête du sacrifice.
L’armée israélienne a mené jeudi soir au moins huit frappes dans la banlieue sud de Beyrouth. Il s’agit de la quatrième attaque israélienne contre la banlieue sud, depuis l’entrée en vigueur du cessez-le-feu entre les deux parties fin novembre. Mais ces frappes sont les plus violentes depuis cette date.
Le président y voit « une preuve irréfutable du rejet, par l’agresseur, des exigences de la stabilité, d’un règlement et d’une paix juste dans la région » ainsi qu'un « message que l’auteur de ces atrocités adresse aux États-Unis, à leurs politiques et à leurs initiatives avant tout, en passant par la boîte à lettres de Beyrouth et le sang de ses innocents et de ses civils ». « Le Liban ne cédera jamais », conclut-il.
Le Premier ministre, Nawaf Salam, a lui aussi dénoncé une « agression systématique et délibérée » contre le pays, en particulier contre la banlieue sud de la capitale. Selon lui, ces frappes portent atteinte à la sécurité, à la stabilité et à l’économie du Liban à la veille de la saison touristique. Fustigeant une « violation flagrante de la souveraineté du Liban et de la résolution 1701 du Conseil de sécurité des Nations unies », il a appelé la communauté internationale à « assumer ses responsabilités en dissuadant Israël de poursuivre ses attaques » et en l'obligeant à se retirer totalement du territoire libanais, où il occupe encore plusieurs positions frontalières.
Le président du Parlement, Nabih Berry, a fustigé des frappes qui, selon lui, « ne visent pas une communauté ou une région particulière, mais le Liban dans son ensemble, ses habitants, ainsi que les Arabes et les musulmans dans leurs lieux de culte». « Notre sort, à chaque fête de l'Adha, est d’offrir des sacrifices pour défendre le Liban et sa souveraineté », a-t-il ajouté, assurant que « l’agression ne nous empêchera pas de célébrer nos fêtes ».
Le bureau de la coordinatrice de l'ONU au Liban, Jeanine Hennis-Plaschaert, a dénoncé les frappes israéliennes qui ont « ravivé la panique et la peur à la veille de la fête de l'Adha ».
« Nous réitérons notre appel à l’arrêt de toute action susceptible de compromettre davantage l’accord de cessation des hostilités et la mise en œuvre de la résolution 1701 (2006) du Conseil de sécurité des Nations Unies », selon un communiqué.
« Des mécanismes établis et des instruments diplomatiques sont à la disposition de toutes les parties pour traiter les différends ou les menaces, et prévenir toute escalade inutile et dangereuse », ajoute le texte.
Après 14 mois de conflit et l'échec de son offensive contre le Liban, Israël a été contraint d'accepter un cessez-le-feu avec le Hezbollah, qui est entré en vigueur le 27 novembre 2024.
Depuis, les forces d'occupation ont lancé des attaques contre le Liban, notamment des frappes aériennes sur l'ensemble du territoire, violant ainsi le cessez-le-feu.
Le 27 janvier, le Liban a annoncé sa décision de prolonger le cessez-le-feu avec Israël jusqu'au 18 février.
Bien que la date limite du 18 février soit passée, Israël maintient son occupation sur cinq régions importantes du sud du Liban, à savoir Labbouneh, le mont Blat, la colline d'Owayda, Aaziyyeh et la colline d'Hammamis, toutes situées près de la frontière.
Le Liban a condamné la présence continue des forces militaires israéliennes, la considérant comme une violation de l'accord de cessez-le-feu et du calendrier de retrait établi. De hauts responsables à Beyrouth ont exprimé leur engagement à prendre « toutes les mesures nécessaires » pour chasser les troupes d'occupation du pays.