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Un ministre israélien extrémiste appelle à « l’élimination » du Ramadan sur fond de tensions en Cisjordanie

US Rep. Ilhan Omar (D-MN) (L) talks with Speaker of the House Nancy Pelosi (D-CA) during a rally with fellow Democrats before voting on H.R. 1, or the People Act, on the East Steps of the US Capitol on March 08, 2019 in Washington, DC. (AFP photo)
La police israélienne arrête un Palestinien dans l'enceinte de la mosquée Al-Aqsa à la suite d'affrontements qui ont éclaté pendant le mois de jeûne islamique du Ramadan à Qods, le 5 avril 2023.©AFP

Un ministre israélien d’extrême droite a appelé à « supprimer » le mois sacré du Ramadan alors que les tensions s’intensifient en Cisjordanie occupée au milieu de la guerre génocidaire de l’Occupation en cours dans la bande de Gaza.

Ce commentaire a été fait par le ministre israélien du Patrimoine, Amichai Eliyahu, dans une interview accordée à la radio militaire du régime à l’approche du mois sacré musulman du Ramadan, qui débutera vers le 10 mars.

"Le soi-disant mois du Ramadan doit être anéanti, et notre peur de ce mois doit également être anéantie", a avancé Eliyahu.

Des factions palestiniennes ont annoncé leur soutien total à la campagne mondiale " Tempête du Ramadan ", appelant à y participer pour soutenir les Palestiniens alors que le régime d'apartheid israélien poursuit sa guerre barbare contre la bande de Gaza.

Les remarques du ministre extrémiste interviennent alors que les derniers rapports de sécurité israéliens indiquent que le régime craint une explosion de la situation en Cisjordanie occupée et à Qods-Est pendant le Ramadan en raison de la guerre d'Israël contre Gaza et des restrictions que le régime de Tel-Aviv prévoit d'imposer autour de la mosquée Al-Aqsa pendant le mois sacré du jeûne.

La mosquée Al-Aqsa est le troisième site le plus sacré de l'islam, après La Mecque et Médine, et attire généralement des centaines de milliers de fidèles, en particulier pendant le Ramadan.

Le mois dernier, la chaîne israélienne Channel 13 a rapporté que le Premier ministre Benjamin Netanyahu avait ordonné des restrictions quant à l'accès des Palestiniens à la mosquée Al-Aqsa pendant le mois de Ramadan.

L'accès au lieu saint a déjà été restreint pour les prières, en particulier les prières du vendredi, lorsque la prière collective hebdomadaire a lieu, depuis le 7 octobre, après que le régime a lancé son agression militaire contre Gaza.

La décision d'imposer des restrictions plus strictes pendant le Ramadan a été jugée extrêmement provocatrice et dangereuse par de nombreux observateurs et groupes religieux et de défense des droits de l'homme.

Israël a menacé d'imposer des restrictions plus strictes aux fidèles musulmans souhaitant se rendre à la mosquée Al-Aqsa pendant le Ramadan, ce qui risque de créer une situation dangereuse et explosive.

Eliyahu a cependant déclaré dans son interview que les tensions potentielles pendant le mois sacré dans la bande de Gaza et en Cisjordanie ravagées par la guerre devraient être ignorées par le régime.

Ce ministre est membre du parti d’extrême droite Otzma Yehudit (Pouvoir juif), décrit comme fasciste et anti-arabe. Son parti est dirigé par Itamar Ben-Gvir, le ministre d’extrême droite de la Sécurité nationale du régime.

Ben-Gvir quant à lui a appelé à l'expulsion des Palestiniens de Gaza et à la construction de colonies israéliennes, illégales au regard du droit international, sur le territoire ainsi qu'à l'exécution de femmes et d'enfants palestiniens.

Eliyahu a, pour sa part, tenu des propos tout aussi violents, notamment en novembre lorsqu'il a déclaré que « l'utilisation de l'arme nucléaire était une option » pour l'armée israélienne dans ses attaques sur Gaza, affirmant que le territoire n'avait « aucun droit à l'existence ».

Face aux évolutions, les mouvements de la Résistance palestinienne, le Hamas et le Jihad islamique, ont mis en garde contre une nouvelle escalade si Israël restreint l'entrée à la mosquée Al-Aqsa

Réagissant aux évolutions, le Council on Muslim-American Relations (CAIR) a fustigé les propos d’Eliyahu, exhortant le président américain Joe Biden à les condamner également.

"Une fois de plus, un responsable israélien (...) a ouvertement tenu des propos génocidaires que l'administration Biden n'a pas réussi à condamner. Trop, c'est trop ", a déclaré le directeur exécutif adjoint du CAIR, Edward Ahmed Mitchell, dans un communiqué.

Le régime israélien « ne cesse de crier à tous ceux qui veulent l'entendre qu'il mène une guerre contre l'ensemble de la population palestinienne, ainsi que contre ses symboles culturels, des églises aux mosquées, en passant par le Ramadan lui-même », a-t-il ajouté en se référant aux déclarations tenues par les autorités politiques et militaires israéliennes sans oublier les médias du régime, qui ne cessent d’approuver et d’encourager les attaques contre des civils à Gaza.

M. Mitchell a conclu en disant qu'il était temps pour M. Biden de condamner le régime israélien avant que l'entité sioniste ne mette à exécution les menaces de génocide qu'elle vient de proférer.

 

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SOURCE: FRENCH PRESS TV