Les titres de la rédaction :
Les analyses de la rédaction :
1. BRICS : deux pays africains ont rejoint l’organisation
Outre l’Iran, l’Argentine, l’Arabie saoudite et les Émirats arabes unis, deux pays africains, l’Égypte et l’Éthiopie, rejoindront les BRICS dès janvier 2024.
Après l’Afrique du Sud, l’Égypte et l’Éthiopie intégreront, dans quelques mois, l’organisation des BRICS. À l’occasion du 15e Sommet du groupe de cinq pays (Brésil, Russie, Inde, Chine et Afrique du Sud), qui se déroule à Johannesburg, le président sud-africain Cyril Ramaphosa a en effet indiqué que l’Iran, l’Argentine, l’Égypte, l’Éthiopie, l’Arabie saoudite et les Émirats arabes unis rejoindraient les BRICS à compter du 1er janvier 2024.
Première surprise de cette annonce : l’absence de l’Algérie sur la liste. Pourtant, l’année dernière, le président Tebboune avait assuré que l’année 2023 serait « couronnée par l’adhésion de l’Algérie aux BRICS », avant de se raviser et d’annoncer, en début de mois, que son pays serait préalablement « membre observateur » du groupe, avant de l’intégrer. Les BRICS sont, selon Tebboune, une « puissance économique et politique considérable », et son pays, « pionnier du non-alignement », en sera un membre logique. En attendant, Alger va tenter de se conformer aux demandes économiques des BRICS, notamment avec son nouveau code de l’investissement.
Non-alignement répété :
En attendant, donc, si l’acronyme BRICS laisse pour l’instant encore la part belle aux cinq pays fondateurs, le groupement « entame un nouveau chapitre », selon les mots de Cyril Ramaphosa. C’est à l’unanimité que les six nouvelles puissances ont été acceptées. De quoi renforcer les BRICS — qui produisaient, jusqu’à aujourd’hui, à eux seuls, un quart de la richesse mondiale et rassemblent 42 % de la population de la planète —, mais aussi accentuer la bipolarisation du monde.
Si « l’Éthiopie se tient prête à coopérer avec tous pour un ordre mondial inclusif et prospère », selon son Premier ministre Abiy Ahmed, et que l’Égypte est convaincue d’y trouver son compte, c’est surtout l’adhésion de l’Iran qui marque un vrai tournant : pour le conseiller politique du président Ebrahim Raïssi, cela couronne « la politique étrangère » de l’Iran.
Géopolitiquement parlant, l’extension du groupement est également importante à un moment où les États-Unis tentent de faire pression sur les pays en développement pour que ces derniers s’opposent clairement à la Russie. Les BRICS ont réaffirmé leur position « non-alignée » lors de ce sommet.
2. Burkina : le nouvel ambassadeur de France refoulé
La France a choisi un nouvel ambassadeur à Ouagadougou, mais le Burkina aurait refusé d’approuver sa nomination. Une grogne anti-française agite le pays depuis plusieurs années.
Nouvelle passe d’armes entre Paris et Ouagadougou. Mohamed Bouabdallah, censé devenir le nouvel ambassadeur français au Burkina, n’aurait pas reçu la bénédiction des autorités pour prendre ses fonctions.
Le diplomate devait remplacer Luc Hallade, pris en grippe par la population et certains officiels, dont le départ avait été demandé par Ouagadougou. Mais les dirigeants burkinabè n’auraient pas donné le feu vert à cette nouvelle nomination, ce qui devrait forcer Paris à se creuser la tête pour proposer un autre candidat.
Pour couronner le tout, les effectifs de l’ambassade de France ont été réduits, Paris prétend craindre pour la sécurité de ces agents, comme l’explique une source au quotidien français.
« Nous continuons d’adapter notre dispositif diplomatique à la situation sécuritaire qui se dégrade au Burkina Faso. Le nombre des agents déployés à l’ambassade a, de ce fait, été réduit », rapporte-t-on ainsi à Paris.
Le départ du précédent ambassadeur avait été l’un des feuilletons de l’hiver au Burkina Faso. Le diplomate avait auparavant multiplié les boulettes, parlant notamment de « guerre civile » dans le pays, ou s’en prenant aux réseaux sociaux, accusés d’être une « caisse de résonnance » au sentiment anti-français dans le pays.
Ces sorties avaient provoqué la colère dans les hautes-sphères politiques mais aussi chez la population. Plusieurs manifestations avaient ainsi eu lieu pour demander le départ du diplomate. Les Instituts français implantés d’Ouagadougou et Bobo-Dioulasso avaient d’ailleurs été investis par les manifestants.
Devant cette colère contre la France, Luc Hallade avait finalement été rappelé par Paris pour consultation, début janvier. Les manifestations avaient par ailleurs dénoncé la présence militaire au Burkina, ce qui avait débouché sur une remise en question des accords de défense entre Ouagadougou et Paris. Face à la pression, la France avait mis officiellement fin aux opérations de la force Sabre, fin février. Le contingent, ayant compté jusqu’à 400 hommes à ses plus belles heures, était présent dans le pays depuis 15 ans.
3. Niger : le départ des militaires d’occupation étrangères pour début septembre ?
Jamais depuis l’assassinat du leader libyen, Muhammad Kadhafi, les peuples africains ne s’étaient retrouvés aussi mobilisés et aussi déterminés. Jamais depuis la décennie 1960-1970, suivie des années de braise 1990, on n’avait connu pareille frénésie concernant les ambitions, les exigences et les attentes de libération effective de l’emprise du colonialisme et de l’impérialisme. Jamais depuis l’effondrement du mur de Berlin et la fin annoncée de la guerre froide grâce à la vision pragmatique d’un seul homme d’État, Mikhaël Gorbatchev, le monde ne s’était retrouvé devant un dilemme aussi urgent et aussi pressant, concernant la répudiation de l’ordre ancien et l’émergence d’un nouvel ordre.
Le Niger parle au monde, et l’Afrique va faire changer le monde. Le Niger interpelle toutes les consciences, et c’est toute l’Afrique qui est impliquée dans un jeu crucial de reconquête de dignité, de libération et d’indépendance effective. Les soubresauts qui montent des confins de l’Afrique de l’Ouest sont forts. C’est la mémoire des vénérables martyrs contemporains à l’instar des Sankara, Ouanjié, R. Manga Bell, S. Biko, P.E. Lumumba et autres, qui illuminent les méninges et irritent les regards.
Nous ne saurions, et personne ne saurait avoir une autre interprétation, que celle d’un réveil des peuples et d’une marche vers de nouveaux horizons de dignité et d’expression pure de leur identité.
Depuis le Cameroun, le MPDR dénonce vigoureusement la tentative de quelques élites et politicards égarés, soumis à l’impérialisme et déformés par les valeurs occidentales abjectes, de créer la confusion sur le Niger.
Le MPDR déclare qu’il n’est pas question de « COUP D’ÉTAT », mais de mouvement de façonnement d’un nouveau destin pour le peuple nigérien. Le processus des mutations institutionnelles et politiques au plan national comme au plan international n’est subordonné à aucun canon ni à aucune norme établie par un quelconque système de valeurs consacré par une quelconque civilisation. Les peuples se déterminent librement et décident librement de leur propre forme de gouvernement, comme le spécifie si bien la résolution 1541 de l’Assemblée générale de l’organisation des Nations unies.
Le MPDR déclare que toute rupture d’un ordre suppose l’existence des problèmes, et pire, l’absence de dialogue et l’affrontement des réseaux, des forces occultes. Elle suppose le besoin d’un autre ordre dont les acteurs officiels et officieux maîtrisent les secrets. Elle est tôt ou tard remise en débat, inéluctablement, par le jugement et la sanction populaire. Il s’agit d’une évolution dialectique, dont il ne faut pas avoir peur, mais savoir se l’approprier et s’adapter positivement.
Le MPDR lance un appel pressant à toutes les forces actives de l’Afrique et du monde progressiste épris de paix, de liberté et de justice, pour soutenir sans réserve le peuple nigérien. Il ne s’agit ni de militaires ni de civils, il s’agit simplement et uniquement du peuple nigérien engagé dans une lutte décisive pour un avenir meilleur.
Le MPDR s’oppose énergiquement à toute immixtion quelconque dans les problèmes internes du peuple du Niger, et réfute catégoriquement toute prétention de quelque structure ou alliance que ce soit, d’envoyer des forces d’occupation sur son territoire.
Au Niger, l’Union sacrée pour la sauvegarde de la souveraineté et de la dignité du peuple « M62 », une coalition de la société civile nigérienne, s’est engagée à faire déguerpir les soldats français présents au Niger, a rapporté mercredi le média « Africanews » qui cite un représentant de cette coalition anti-française.
Lors d’une conférence de presse tenue mardi au siège du M62 dans la capitale Niamey, Abdoulaye Seydou, coordinateur national de la coalition a indiqué sur un ton martial que les militaires français déployés au Niger dans le cadre des accords militaires avec la France, « doivent quitter le pays », au terme du préavis d’un mois annoncé par les militaires au pouvoir dans ce pays sahélien, « au risque d’être poussés hors des frontières nigériennes » par le M62.
« Nous ne laisserons pas une seconde aux forces françaises sur notre territoire à l’expiration de ce délai, comme le CNSP lui-même l’a fait savoir. Tous les villages, toutes les communes environnantes vont descendre sur la capitale et nous allons les faire sortir. Ils quitteront Niamey. Ils disent qu’ils sont au Niger, qu’ils ne vont pas partir… mais ils vont partir », a insisté Abdoulaye Seydou, selon « Africanews ».
Le message qui avait été envoyé le 3 août par le Conseil national pour la sauvegarde de la patrie (CNSP) était clair : les soldats français, présents depuis 2013 aux côtés de l’armée nigérienne pour lutter contre le terrorisme, doivent plier bagage.
Lors d’une allocution à la télévision nationale, le colonel major Amadou Abdramane, porte-parole du CNSP, avait officiellement dénoncé les cinq accords de coopération militaire signés avec Paris entre 1977 et 2020. Une mesure justifiée par « l’attitude désinvolte et la réaction de la France face à la situation interne qui prévaut dans le pays ». Amadou Abdramane avait également évoqué un préavis de retrait de trente jours. En d’autres termes, les militaires au pouvoir au Niger demandent aux forces françaises de quitter le pays d’ici début septembre.