Au sommaire :
1- Orban pour une OTAN européenne sans les États-Unis
Par Alexander Markovics
La Hongrie met en garde : la force de paix européenne n’est qu’un prétexte pour entrer dans la guerre en Ukraine.
Le président hongrois Viktor Orban met en garde : les élites de l’UE discutent à huis clos de la création d’une « force de paix » européenne pour l’Ukraine. Dans une interview accordée à la station de radio Kossuth-Radio, du nom du combattant hongrois pour la liberté Lajos Kossuth, il attire l’attention sur les projets de l’UE d’envoyer plusieurs dizaines de milliers de soldats de la paix dans l’est de l’Ukraine afin d’imposer la paix entre l’Ukraine, soutenue par l’Occident, et la Russie. Mais le déploiement de plusieurs milliers de soldats allemands, français, italiens et venus d’autres pays européens sur un front de plusieurs milliers de kilomètres pourrait rapidement provoquer des incidents dont l’issue logique serait la troisième guerre mondiale.
Orban laisse ainsi entendre, entre les lignes, que ce « plan de paix » orwellien pourrait n’être qu’un prétexte à une entrée directe de l’UE dans le conflit. Les conséquences pour les armées européennes mal équipées seraient fatales – un combat jusqu’au « dernier Européen » sous la direction des États-Unis. Non seulement la Hongrie, mais aussi toute l’Europe sont menacées par une guerre à leurs propres frontières, qui pourrait à tout moment dégénérer en guerre mondiale.
Une OTAN européenne sans les États-Unis comme réponse au problème de sécurité de l’Europe
Mais comment résoudre autrement le problème de sécurité à la frontière orientale de l’Europe ? À cet égard, Orban, qui défend un cours souverainiste pour la Hongrie, demande d’une part des négociations immédiates de cessez-le-feu – ce qui rend le « mouton noir de l’UE » suspect aux yeux des mondialistes euro-bruxellois. D’autre part, Orban a fait dresser les oreilles eurocratico-atlantistes lorsqu’il a appelé, dans une interview accordée au journal suisse Die Weltwoche, à la création d’une alliance militaire de type OTAN pour l’Europe, mais sans la participation des États-Unis. La raison en est que les États-Unis auraient aujourd’hui le dernier mot dans une guerre aux frontières de l’Europe. En revanche, le Premier ministre hongrois perçoit de plus en plus souvent les intérêts de l’Amérique dans les décisions de Bruxelles.
Ainsi, si l’Europe se sent menacée par la Russie, elle doit montrer sa force, car les Russes sont des soldats et ne respectent pas la faiblesse. L’objectif de cette alliance serait de renforcer sa propre sécurité et de pouvoir se défendre sans avoir besoin de l’aide des États-Unis. Cette alliance défensive des Européens, contrairement à l’OTAN, n’a donc pas pour but de déclencher ou d’attiser de futures guerres, mais d’avoir un effet dissuasif et de donner aux Européens la possibilité de formuler et de défendre leurs propres intérêts loin de Washington. Dans la bouche d’Orban, de tels plans sont sans aucun doute crédibles, puisqu’il avait déjà fait une proposition similaire en 2012. L’important dans la mise en œuvre de ces plans est sans aucun doute qu’ils soient mis en œuvre par des hommes d’État patriotes et soucieux de la souveraineté de l’Europe comme Orban, et non par la clique mondialiste de Bruxelles. Car Urusula von der Leyen veut, elle aussi, créer une armée européenne, qui ne servirait alors sans aucun doute pas la paix.
Source : Euro-Synergies
2- L’Ukraine ou l’agonie du néoconservatisme
Par Jean-Luc Baslé
L’article du Washington Post du 10 avril 2023 a fait l’effet d’une bombe : des documents ultrasecrets sur la guerre en Ukraine seraient sur la toile. Trois jours plus tard, le New York Times déclare que le coupable, un membre de la garde nationale aérienne du Massachusetts âgé de 21 ans, a été arrêté. Cette affaire a donné lieu à un vif débat dans les cercles politiques, non seulement sur le contenu des révélations, mais aussi sur la fuite elle-même. Est-ce une vraie fuite ou a-t-elle été fabriquée ? L’analyse permet de conclure que cette fuite est réelle et, qui plus est, qu’elle prend son origine dans les services secrets américains ! Comment cela se peut-il et comment en être sûr ? Un témoignage et un article répondent à ces questions, et annoncent peut-être l’agonie du néoconservatisme et une ère nouvelle.
Le témoignage de Larry Johnson, ancien membre de la CIA, est limpide : le niveau d’habilitation requis pour accéder à ces informations est tel qu’elles émanent nécessairement des services secrets américains. Cela pose question. Comment expliquer que des personnes en charge de la sécurité des États-Unis se livrent à de tels crimes au regard de la loi américaine ? Parce la situation en Ukraine est catastrophique.
Non seulement l’armée ukrainienne a subi des pertes en hommes et en matériel considérables, mais le pouvoir ukrainien est corrompu au point qu’il n’est plus possible de l’ignorer. Les impôts américains remplissent les poches des oligarques et généraux ukrainiens. Excédés par cette situation et le refus du gouvernement de reconnaître la situation pour ce qu’elle est – à preuve le témoignage de Lloyd Austin, secrétaire à la Défense, affirmant devant une commission sénatoriale que l’Opération militaire spéciale russe est sur le « déclin » alors que pour tout soldat russe tué sept Ukrainiens meurent – les lanceurs d’alerte ont décidé d’agir.
La priorité n’est pas de lancer une contre-attaque ukrainienne, comme le souhaite Washington, mais de trouver une issue à ce conflit
C’est précisément ce que recommandent Richard Haas et Charles Kupchan dans leur récent article, publié par Foreign Affairs – le magazine quasi officiel de la politique étrangère américaine. Pour éviter que la guerre ne se prolonge inutilement, ils proposent un cessez-le-feu sous les auspices des Nations unies, suivi de négociations directes entre l’Ukraine et la Russie. Ces négociations s’inscriraient dans un cadre plus large dont l’objet serait la création d’une architecture de sécurité européenne afin d’éviter une nouvelle course aux armements. Les sanctions économiques pourraient être en partie levées si la Russie acceptait un cessez-le-feu.
Émanant de deux membres éminents de la classe politique américaine, ces propositions sont la condamnation de la politique d’hégémonie mondiale américaine, connue sous le nom de Doctrine Wolfowitz, du nom de son créateur, Paul Wolfowitz qui la formula en 1992 alors qu’il était sous-secrétaire à la Défense, et qui devait faire des États-Unis le maître incontesté du monde.
D’impérialiste depuis Teddy Roosevelt, la politique américaine devenait hégémonique. Le néoconservatisme était né. George Bush père qualifiait ses adeptes de « cinglés du sous-sol » (de la Maison-Blanche). Professeur émérite de l’université de Chicago, John Mearsheimer, en dénonça l’ineptie sans résultat. Peu à peu, elle s’imposa comme ligne directrice de la politique étrangère, et explique pour partie les opérations militaires au Moyen-Orient, en Yougoslavie, et plus récemment en Ukraine. Les propositions de Richard Haas et de Charles Kupchan sonnent le glas de cette vision du monde.
Mais, elles vont plus loin. En reconnaissant la nécessité d’une « architecture de sécurité européenne » dont il est fait état dans le projet de traité que Moscou soumit le 15 décembre 2021 à Washington, elles contiennent en germes la disparition de l’OTAN et de l’Alliance atlantique avec lesquelles cette architecture est incompatible. Lors de son discours aux ambassadeurs en août 2019, Emmanuel Macron avait évoqué cette « architecture de sécurité européenne », expression qu’il reprit sous une forme amendée dans un entretien aux Échos.
L’acceptation de ces propositions par Washington et Moscou signifierait non seulement la fin du conflit ukrainien, mais aussi la normalisation de leurs relations avec en point de mire l’émergence d’une Europe neutre et indépendante, les États-Unis se focalisant sur l’Océan pacifique – leur mare nostrum, comme ils le faisaient du temps de Teddy Roosevelt et de ses successeurs. Ce serait une ère nouvelle – une ère de paix ou, à tout le moins, de moindre tension dans les relations internationales.
envoyé par Dominique Delawarde
3- La rébellion contre l’empire du dollar s’élargit
Par Manlio Dinucci
Pendant que le secrétaire d’État US à la Défense Austin convoque en Allemagne le « Groupe de contact pour la défense de l’Ukraine » pour fournir toujours plus d’armes à Kiev et alimenter la guerre en Europe, le ministre des Affaires étrangères russe Lavrov est en visite au Brésil, Venezuela, Nicaragua et Cuba. En Amérique latine, que les USA considèrent comme leur « arrière-cour », est en train de naître un projet qui, en se développant, minerait les fondations du pouvoir économique étasunien dans la région. Brésil et Argentine ont conclu un accord pour créer une nouvelle monnaie commune à utiliser à la place du dollar dans les échanges commerciaux entre les deux pays et avec d’autres pays latino-américains. Au Brésil, Lavrov a rencontré le président Lula, qui demande explicitement « la fin de la domination commerciale du dollar ».
Le même objectif se trouve énoncé dans le communiqué sur le partenariat stratégique entre Brésil et Chine, émis au terme de la visite du président Lula à Pékin : « Brésil et Chine se sont accordés pour renforcer leurs échanges en monnaies locales ». Les deux pays, faisant partie des BRICS, se sont aussi accordés pour promouvoir conjointement la Nouvelle Banque pour le Développement, la principale institution financière des BRICS alternative à la Banque mondiale dominée par les USA. Même dans les échanges commerciaux entre Chine et Russie, doublés en l’espace d’une année, sont utilisées les monnaies respectives à la place du dollar. Le même critère est utilisé dans les accords que la Chine conclut avec un nombre croissant de pays eurasiatiques dans la cadre de la nouvelle route de la soie.
Face à la croissante rébellion contre l’empire du dollar, pilier de la prédominance de l’Occident, les ministres des Affaires étrangères du G7, réunis au Japon, répondent par un véritable communiqué de guerre : ils annoncent de nouvelles sanctions contre la Russie et somment la Chine et d’autres pays de « cesser l’assistance à la guerre russe ou ils subiront de graves coûts ». Et alors que les États-Unis et leurs alliés déploient de croissantes forces, y compris nucléaires, contre la Chine, les ministres des Affaires étrangères du G7 avertissent la Chine de « s’abstenir de menaces et d’usage de la force ».
Manlio Dinucci
4- Deux nouveaux pays seraient prêts à abandonner le dollar
Plusieurs pays émettent le souhait d’abandonner l’utilisation du dollar. Selon le site d’information turc Haber7, parmi ces pays figurent la France et le Brésil.
La France et le Brésil, deux grandes puissances économiques, voudraient renoncer au dollar sur les marchés internationaux, ce qui montre la nécessité d’abandonner la monnaie des États-Unis à l’échelle mondiale, indique le site d’information turc Haber7.
« Après le Président brésilien Lula da Silva, le Président français Emmanuel Macron a également déclaré la nécessité de s’éloigner du dollar et de ne pas dépendre au dollar américain transfrontalier », indique la publication.
Précédemment, Lula da Silva avait appelé les BRICS à rechercher une monnaie alternative au dollar dans le commerce. Il a également exhorté les pays en développement à utiliser les monnaies nationales dans leurs règlements réciproques.
Le 14 avril, le ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov a noté qu’en instrumentalisant le dollar, les États-Unis avaient « scié la branche sur laquelle ils étaient assis », et que l’abandon de cette monnaie était actuellement « irréversible ».
L’économiste centrafricain Loïc Molambo Sambi a déclaré à Sputnik le 18 avril qu’en cas de mise en place d’une monnaie unique, le groupe des BRICS pourrait être en mesure de concurrencer le dollar et que l’Afrique aurait sa carte à jouer dans ce monde en mutation. En effet, les cinq (Brésil, Russie, Inde, Chine, Afrique du Sud) sont de gros exportateurs de matières premières et sont soumis aux aléas de la devise américaine. Si aucun terrain d’entente n’est trouvé pour instaurer une devise unique au sein des BRICS, la dédollarisation pourrait alors emprunter la voie du yuan, déjà de plus en plus utilisé dans les échanges internationaux, estime Loïc Molambo Sambi.
5- SMS secrets Pfizer : l’étau se resserre sur von der Leyen
Coronavirus : le « NY Times » saisit la justice pour que les SMS échangés entre Von der Leyen et Pfizer soient publiés
La présidente de la Commission européenne est poursuivie par le célèbre journal américain. Elle ne souhaite pas publier ses anciens échanges de SMS avec le patron de Pfizer. Ceux-ci datent des négociations entre la Commission et le fabricant pour des vaccins contre le coronavirus.
Le journal américain The New York Times a saisi la justice pour obliger la Commission européenne à publier des SMS échangés entre la présidente de la Commission, Ursula von der Leyen, et le patron du fabricant de vaccins contre le covid-19, Pfizer.
Le New York Times est tombé sur l’ingérence personnelle de von der Leyen dans une reconstruction de l’achat par l’UE de vaccins contre le coronavirus. La présidente de la Commission européenne, à un moment où le monde était activement à la recherche de vaccins contre le coronavirus en pleine pandémie, aurait négocié l’accord d’un milliard de dollars avec le chef de Pfizer, Albert Bourla, par SMS.
La Commission estime que les SMS ne relèvent pas de son devoir de transparence et affirme qu’elle ne peut pas non plus les récupérer. Des organismes de surveillance tels que le Médiateur européen et la Cour des comptes européenne ont déjà dénoncé le secret que la Commission continue de maintenir. Le Parlement européen insiste également.