TV
Infos   /   Afrique   /   Zoom Afrique   /   L’INFO EN CONTINU

Zoom Afrique du 10 septembre 2022

Mali/Guinée/Burkina: une OTAN anti-Barkhane ?

Télécharger 📥

Actualité en Afrique :

  • Burkina Faso : le chef d’état-major particulier du président français achève une visite de 48 heures à Ouagadougou ;
  • Côte d'Ivoire / Mali : Charles Blé Goudé appelle depuis La Haye à « la retenue » ;
  • Pénurie d’essence en RDC : le gouvernement se constitue un stock stratégique (ministre des Hydrocarbures) ;
  • Mali/Guinée : vers une coopération solide dans la lutte contre le terrorisme.

Analyses de la rédaction :

Alors que le Mali ne cesse de prôner la coopération interafricaine, mais pas que, de former une alliance interafricaine sans précédente qui coupera toute voie d’ingérence et de présence étrangère sur ce continent sans l’aval des gouvernements et du peuple de ces pays, la France semble être en panique totale, d’où cette visite précipitée du chef d’état-major particulier du président français Emmanuel Macron, à Ouagadougou les 8 et 9 septembre 2022.

Cette visite intervient très vite après celle du président de la junte burkinabé, Paul-Henri Sandaogo Damiba au Mali, pendant laquelle les deux parties ont annoncé que Le Mali et le Burkina vont bientôt revoir leur partenariat militaire afin de mieux relever le défi sécuritaire auquel les deux pays sont confrontés. À l'issue des échanges avec son homologue malien le colonel Assimi Goïta, Paul Henri Damiba a déclaré à la presse : « Nous avons effectué une visite d'amitié ce jour au Mali dans le cadre de la Coopération qui existe entre le Burkina et le Mali ».

« Mais il était bon temps pour nous qui sommes dans une période de transition de venir auprès des autorités de la République du Mali, pour aussi avoir un cadre de partage et d'échange autour des défis auxquels sont confrontées les transitions maliennes et burkinabées », a-t-il souligné. En outre, le président de la transition burkinabè explique que « le Burkina et le Mali partagent environ 1400 kilomètres de frontières confrontées à une crise sécuritaire. C'étaient essentiellement des questions sécuritaires sur lesquelles nous avons eu à échanger avec le président Goïta ».

« Nous entendons, en tout cas, dans les jours à venir, mieux examiner et renforcer le partenariat militaire qui existe entre nous pour davantage relever les défis sécuritaires auxquels nos deux peuples sont confrontés », a-t-il précisé.

Cette visite s’ajoute aux dernières déclarations de Morissanda Kouyaté, le ministre guinéen des Affaires étrangères, qui porteur d’un message du président guinéen de la Transition, le Colonel Mamady Doumbouya, a annoncé le 8 septembre que les deux pays allaient renforcer leurs relations dans la lutte contre le terrorisme.

« Aujourd’hui, le Mali et la Guinée se retrouvent devant la scène de l’histoire pour faire face à un phénomène dangereux, qui est le terrorisme », a expliqué Morissanda Kouyaté avant de rappeler que depuis 2012, des contingents guinéens contribuent dans cette lutte contre le terrorisme au Mali. Kouyaté précise que « très bientôt une évolution majeure dans ce domaine sera constatée ».

Selon lui, « tout ce qui arrive au Mali arrive à la Guinée » ajoutant qu’ : « avant la CEDEAO (Communauté des Etats de l’Afrique de l’Ouest), l’Union africaine, les Nations Unies, il y a ce qu’on appelle le voisinage immédiat. La Guinée, le Mali, la Côte d’Ivoire, le Sénégal sont des pays à voisinage immédiat ».

Cette coalition naissante, pourrait contribuer à une coopération multidimensionnelle notamment en terme militaire, dans laquelle, ces trois pays à savoir le Mali, le Burkinabé et la Guinée, pourrait former un front uni contre toutes interventions déstabilisatrices téléguidées par la force d’occupation notamment des attaques aériennes et terrestres de part et d’autre associées à Daech dans des localités stratégiques situées dans la zone des trois frontières, dont Talataye a été le dernier.

Avec cette coalition, ce sera fini des bombardements à coup de mirage 2000 contre le peuple, des attaques sous la bannière de Daech et des déploiements en masse de forces étrangères.

Le Mali a déjà fermé son ciel à tout survol attribué au Barkhane et cie, le Burkina et la Guinée pourraient également reproduire cette démarche et fermer totalement la région des trois frontières, mais également une partie de l’Afrique de l’Ouest aux survols de l’axe US-OTAN. Un front uni africain anticolonial sans précédent est en train de naître. Affaire à suivre !

 

Visite du chef d’état-major particulier du président français au Burkina Faso :

Ne déshonorons pas notre vaillante armée burkinabée

Par Daouda Emile OUEDRAOGO

Que vient chercher le chef d’état-major particulier du président français Emmanuel Macron, à Ouagadougou les 8 et 9 septembre 2022 ? Cette question mérite d’être posée dans la difficile situation actuelle que traverse le pays. Plusieurs hypothèses peuvent être émises pour expliquer pourquoi le Vice amiral d’escadre, Jean-Philippe Rolland vient passer 48 h à Ouagadougou. J’en citerai deux.

La première est le fait que le Président Macron constate que Ouagadougou commence à prendre des libertés de ton dans son discours face au “pater colonial”. Le PM Albert Ouedraogo n’a pas fait dans la langue de bois lors de son dernier entretien bilan. À côté de cet aspect, ces derniers mois, le Faso s’est tourné vers d’autres partenaires pour des commandes d’armes ou pour des consultations. Le journal online libreinfo cite « la Serbie, la République Tchèque, la Turquie, la Pologne ». Tous des pays de l’Est. La 2ème est de « forcer la main au pouvoir de Ouagadougou » pour une présence plus accrue des forces françaises sur le sol burkinabé afin de continuer à pouvoir surveiller le Mali. La France n’a pas digéré son retrait de ce pays. Ici, la question qui se pose est de savoir pourquoi diantre, la France tient-elle absolument à demeurer au Mali, dans la mesure où elle chante à tout vent qu’elle n’a rien à y gagner ?

A mon humble avis, elle y a forcément un intérêt caché, car, on ne fait pas d’un ami qui a refusé ton aide un ennemi mortel. Mieux, la Métropole perd du terrain en Afrique, car, est contrainte de plier bagage avant la fin de l’année 2022 en Centrafrique. Au-delà du fond que suscite cette visite, il y’a la forme. Pourquoi un chef d’Etat d’un pays souverain va envoyer son chef d’état-major particulier en visite dans un pays souverain en proie au terrorisme ? J’espère de tout cœur qu’il ne sera pas reçu par le Président de la transition, mais plutôt par son chef d’état-major particulier aussi. Devant les Nations Unies, tous les États sont égaux et doivent se traiter « avec respect et dignité ». Naledi Grâce Pandor, la ministre sud-africaine des Relations internationales de l’Afrique du Sud n’a pas hésité à regarder le Secrétaire d’Etat américain, Anthony Blinken droit dans les yeux et lui a dit : « Il est très important que nous respections nos différences d’opinions mutuelles. Nous sommes, après tout, des nations souveraines sur le même pied d’égalité selon la Charte des Nations unies. Nous sommes différents en termes de puissance économique et de capacité à influencer le développement dans différentes parties du monde. Cependant, ce qui fait marcher le monde, c’est le respect mutuel. Cela est très très important » et, elle poursuit « Ce que je déteste est qu’on me dise, soit vous choisissez ceci (ce que l’on vous recommande) ou vous en subirez les conséquences. Si un quelconque ministre me parle sous ce ton (heureusement que M. Blinken ne l’a jamais fait, certains l’ont fait), je ne serai jamais intimidée de la sorte. Et, j’espère qu’aucun pays africain n’acceptera d’être intimidé de la sorte… » C’est en ce point que les Africains sont fiers des autorités maliennes. Cela est très important en diplomatie. Si cela est fait, notre armée, vaillante et noble, ne sera pas déshonorée ni dévalorisée. Car, nos officiers sont autant meilleurs que les leurs. Ils ont souvent fait les mêmes écoles de guerre et sont sortis majors de leur promotion devant ces mêmes Français. Et les soldats français peuvent témoigner de la bravoure et du courage du lieutenant Moumouni Gambo, qui a donné sa vie pour sauver les soldats français de Kamboinsin lors d’une opération. Ce valeureux fils du Faso, est sorti major de sa promotion à l’académie militaire Georges Namoano de Pô en 2012. Les soldats Français, n’ont jamais respecté leur engagement d’honorer la mémoire de ce valeureux officier. C’est l’occasion pour les autorités militaires de demander des comptes au chef d’état-major particulier du Président Macron quant aux circonstances réelles de la mort de ce valeureux officier. Mieux, une enquête doit être ouverte à cet effet en vue de savoir pourquoi c’est le lieutenant Moumouni Gambo seul qui est mort au cours de cette opération avec l’armée française basée à Kamboinsin. Comparaison n’est pas raison, la France ne cesse de nous rabâcher les oreilles avec la mort des soldats français tombés au Mali. Au Faso, nous en avons déjà perdu plus de 450. Et pas des moindres.

Le dilemme Barkhane

Que l’on se le tienne pour dit et pour définitif. La France ne luttera jamais efficacement contre le terrorisme au Burkina Faso. Au Mali, l’armée française est accusée “de fournir des armes, des renseignements et des munitions aux groupes armés terroristes”. Et, sachant que le chien ne change jamais sa manière de s’asseoir, ce n’est pas au Faso qu’elle fera le contraire. Alors, soyons clairs. Si les autorités militaires vont avec Paris, demain, elles seront obligées de ne pas broncher sur les contrats des sociétés françaises tels que Bolloré (Sitarail), la concession de 30 ans donnée à l’Aéroport Marseille Provence (AMP) et Meridian alors que c’est le Burkina qui s’endette pour construire majoritairement cet aéroport. Sans compter que les sociétés de téléphonies françaises continueront se sucer le sang des pauvres ménages burkinabé. Et, celui qui va broncher, on donne les renseignements aux terroristes et ils vous massacrent. Ce sera le prix de notre compromission. Dans le même ordre d’idée, le Burkina Faso pourra dire au revoir à la coopération militaire d’avec le Mali, s’il s’avère que cette visite vient renforcer la présence française au Burkina. Dans le jargon diplomatique ne dit-on pas que : « les amis de mes ennemis sont mes ennemis » ?

Bénin/Rwanda : une coopération militaire ?

Wilfried Houngbedji, le porte-parole du gouvernement béninois parle d’un accord à venir avec Kigali, sans communiquer une date de signature. À propos du contenu, il évoque un appui logistique et de l’expertise dans la lutte contre le jihadisme. Il n’est pas prévu de déploiement de soldats rwandais dans le nord du Bénin, précise Wilfried Houngbedji à RFI.

Est-ce une bonne nouvelle ou faut-il la prendre avec des pincettes ?

Ecoutons l’analyse de Luc Michel, géopoliticien à ce sujet.

 

Partager Cet Article
SOURCE: FRENCH PRESS TV