Mettre la Russie face à la Résistance au Yémen? En Syrie, cette approche qui a été celle d'Israël n'a pas réussi. Et au Yémen, Ben Zayed va t il réussir où Netanyahu a échoué?
Ces derniers temps, les Émirats arabes unis tentent de changer la donne au Yémen en préparant le terrain à l’engagement de nouveaux acteurs étrangers dans le conflit yéménite.Cette semaine, l’ambassadeur des Émirats arabes unis à Moscou a essayé d’organiser plusieurs réunions entre les autorités russes et une délégation yéménite du Conseil de transition du Sud soutenu par Abou Dhabi en visite dans la capitale de la Russie.Ces analystes estiment que les Émirats souhaitent que la Russie s’engage davantage dans les affaires du Yémen.Le chef du Conseil de transition du Sud, Aïdarous al-Zoubaïdi, qui a rencontré à Moscou le vice-ministre russe des Affaires étrangères, Mikhaïl Bogdanov, a voulu obtenir la faveur des Russes en leur proposant la construction de plusieurs bases militaires russes dans le sud du Yémen.
À rappeler que la semaine dernière, al-Zoubaïdi avait également annoncé que s’il obtenait la séparation du sud du Yémen, il reconnaîtrait le régime israélien et établirait des relations normales avec Tel-Aviv. Or, les analystes des affaires du Yémen sont unanimes pour dire qu’un Yémen uni n’acceptera jamais la normalisation avec le régime de Tel-Aviv, d’autant plus que les Yéménites considèrent les régimes comme celui des Émirats arabes unis comme une « société des relations publiques » dont l’unique objectif est de vendre aux autres le projet de normalisation avec le régime sioniste.
En ce qui concerne les Russes, malgré l’antécédent de la présence militaire russe dans le sud du Yémen à l’époque de l’ex-Union soviétique, Moscou ne souhaite pas aujourd’hui une présence militaire renforcée au Yémen. Mais quel est l’objectif des Émirats arabes unis de vouloir faire engager la Russie ou un autre acteur international dans le conflit du Yémen ? Les observateurs estiment que les Émirats veulent avoir un nouveau complice pour renforcer d’abord leur position dans le Sud yéménite et d’affaiblir ensuite le rôle de l’Arabie saoudite. De même, Riyad préfère que le rôle des Émirats au Yémen soit affaibli. En effet, Riyad et Abou Dhabi convoitent l’un comme l’autre le contrôle des zones stratégiques du Yémen et dominent les richesses gazières et pétrolières de ce pays.
Entre-temps, le Conseil de transition du Sud d’Aïdarous al-Zoubaïdi qui rêve de la division du Yémen cherche à profiter de la rivalité entre l’Arabie saoudite et les Émirats arabes unis. Dans ce sens, le Conseil a promis de reconnaître le régime israélien pour obtenir le soutien de Tel-Aviv et de l’Occident aux séparatistes du Sud. De même, le Conseil de transition du Sud souhaite obtenir aussi le soutien de Moscou.
En résumé, l’objectif des Émirats arabes unis d’avoir envoyé une délégation du Conseil de transition du Sud à Moscou faire plusieurs choses en même temps :
1-Encourager les Russes à s’impliquer plus activement dans le conflit yéménite ;
2-Préparer le terrain à une division définitive du Yémen pour qu’Abou Dhabi domine complètement le Sud ;
3-Se débarrasser de la rivalité saoudienne en ce qui concerne la mainmise sur les zones stratégiques et le littoral du Sud et sur les réserves de gaz et de pétrole de cette partie du Yémen ;
4-Rendre un service aux alliés israéliens en proposant la normalisation des relations entre Israël et le sud du Yémen après une éventuelle division du pays.