Actualité en Afrique :
Analyses de la rédaction :
1. Le Niger emboîte le pas au Sénégal ; inauguration d'une école militaire nationale
Comme le Zoom Afrique de PressTv le dit souvent, l’effet domino est extrêmement puissant sur le continent africain, et c’est ce qui fait instaurer la panique chez les Occidentaux.
Le Niger emboîte le pas au Sénégal. Le président nigérien et chef suprême des armées, Mahamadou Issoufou à inauguré, cette semaine, à Niamey l’école supérieure militaire. Ce centre de formation a pour vocation de former des officiers supérieurs appelés à exercer des responsabilités de premier plan, notamment, le commandement des grandes unités dans les états-majors d’armée, interarmées et interalliés.
Dans son discours, Mahamadou Issoufou s’est réjoui de cet événement, orienté vers « la formation » qui est « un secteur essentiel pour préparer les forces armées à leur mission ». Il poursuit en rappelant que « ’le Niger dispose de tous les maillons de formation militaire, depuis le centre de formation des militaires de rang jusqu’au niveau de la formation d’officiers en passant par la formation de sous-officiers, mais il nous manquait un maillon de la chaîne, c’est cette école »’.
« Je me réjouis vraiment de cette cérémonie. Cette école vient combler un vide et désormais, notre pays dispose de tous les maillons de la chaîne de formation de nos éléments des forces de défense », a-t-il conclu.
Une école militaire pour former les militaires nationaux est effectivement ce qui manque aux pays africains. Car eux seuls, connaissent parfaitement le terrain et les instructeurs africains sont les plus aptes à former les militaires nationaux. Beaucoup de pays africains arrivent à la même conclusion, les Occidentaux ne peuvent réellement pas apporter un enseignement qui puisse servir aux militaires nationaux sur le terrain.
Dans le courant du mois d’octobre, le Sénégal avait annoncé également le lancement d’une grande école militaire, permettant ainsi aux militaires de suivre l’enseignement militaire dans le pays, ils n’auront donc plus l’obligation de se rendre à l’étranger pour recevoir cet enseignement. Les pays africains se lancent donc dans des écoles militaires en interne et ils projettent donc de mettre en place un réseau intra-africain d’enseignement, qui va permettre aux pays d’échanger leur savoir en parfaite connaissance du terrain et de la situation.
Les armées nationales africaines sont les seules à pouvoir sécuriser leur territoire et non les armées étrangères qui ont plus un rôle d’occupation que d’aide.
Le président guinéen, Alpha Condé, a plaidé vendredi pour la création d’une armée africaine afin de faire face aux menaces qui pèsent sur le continent africain.
« Il faut que les Africains prennent leurs responsabilités », a déclaré Alpha Condé, avant d'ajouter qu'il était important de créer de véritables armées africaines capables de faire face à toutes les menaces sécuritaires ou de déstabilisation des États africains. Il estime que "seuls les Africains peuvent mourir pour l'Afrique". Pour cela, dit-il, « il faut une armée africaine disponible pour soutenir les pays où il y a des terroristes ».
2. Mali: projet de démembrement ; la Suède s'y colle !
Au Mali, Barkhane continue de mettre en place le démembrement et surtout le projet de la « zone des Trois frontières », ou projet ACTS.
Outre le fait que les terroristes à la solde de l’Occident, sont basés également dans cette zone, le partage a l'air de s'être organisé.
Il y a quelques jours, la création d’une zone de défense et de sécurité dans le Gourma a été annoncé par la Coordination des Mouvements de l’Azawad, ce qui fait que grâce à l'accord d'Alger, cette zone est maintenant sous le contrôle de Barkhane et ses pairs. La zone des Trois frontières est donc maintenant partagée, et le Mali et le Niger n’ont donc plus vraiment accès à certaines zones de leur territoire.
Et pour cause, la Task Force Takuba est donc désormais en place au Mali. La Suède est donc arrivée sur le terrain malien de la zone des trois frontières.
Selon un article, la majeure partie des forces spéciales multinationales suédoises de la Task Force Takuba est désormais en place au Mali. C’est ce qu’affirme le général de brigade Anders Löfberg, chef du commandement des forces spéciales.
L’engagement suédois est aujourd’hui un des plus importants engagements européens sur le terrain, avec 150 militaires, certains issus des forces spéciales, d’autres de forces conventionnelles. Les Suédois vont constituer ainsi un task-groupe avec Barkhane.
Cette zone n’a donc plus de frontière et comprend donc une partie du Mali et du Niger.
Les Suédois forment aussi une force d’intervention rapide héliportée, basée à Ménaka, dans le nord-est du Mali, bien utile pour réagir en cas d’incident. Avec trois hélicoptères UH-60 Black Hawk. Tandis qu’un avion de transport, de type C-130 Hercules, sera basé à Niamey, au Niger, pour assurer les transports tactiques, voire stratégiques.
Ces militaires pourront opérer au Mali, comme au Niger comme si le territoire n’avait plus aucune délimitation. C’est d’ailleurs, l’une des conditions imposées par l'Europe pour que la Task Force s’installe.
Le Burkina Faso n’ayant toujours pas donné son accord pour le déploiement des bases militaires occidentales sur son territoire, est maintenant sous pression.
Après la visite du ministre français des Affaires étrangères, Jean-Yves Le Drian, début janvier 2021, le ton était tel que le but était, donc de forcer, contre contribution financière, le déploiement de ces bases militaires occidentales sur le territoire burkinabé. Cela dit, le président burkinabé, Roch Marc Christian Kaboré, continue le combat avec son gouvernement et l’armée nationale pour tenir en échec les attaques terroristes. Cela dit, la pression devient de plus en plus forte sur le gouvernement burkinabé. Les médias mainstream continuent toutefois de prétendre à l’inefficacité des forces armées nationales, tout comme celle des FAMA et l’armée nationale nigérienne.
RFI relaye maintenant certaines rumeurs prétendant que le gouvernement burkinabé projetterait d’engager le dialogue avec les terroristes. Mais le président burkinabé Kaboré est clair sur le sujet :
« Nous ne négocierons pas avec ceux qui ont pour projet de démanteler le Burkina Faso et mettre à mal notre vivre-ensemble », a-t-il déclaré pendant la campagne électorale.
Mais RFI d’ajouter : une question qui faudrait se poser, c’est avec qui discuter ? (Si le président Kaboré décide de lancer les discussions avec les terroristes NDLR).
Sur ce point, dans une interview, le chef du gouvernement burkinabè n’a pas souhaité répondre, expliquant que « les terroristes et leurs mentors n’étaient pas toujours clairement identifiés ». Propos qui pourrait dire également que les dirigeants de ces groupes terroristes ne sont peut-être pas ceux que les médias mainstream mentionnent quotidiennement.
Les pays du Sahel continuent leur lutte contre le terrorisme mais surtout contre les plans de démembrement des pays de la région par Barkhane et compagnie. Les populations sont contre cette présence imposée par l'Occident.
3. Tchad: une première guerre hybride de Biden ?
Le président tchadien Idriss Déby a été investi, ce samedi 6 février, candidat à la présidentielle. La cérémonie de ce samedi a été perturbée par des manifestations d’activistes et de partis politiques d’opposition qui voulaient marquer leur désaccord à la candidature du président Idriss Déby Itno.
Les manœuvres de déstabilisation commencent et dans les médias mainstream, on peut constater que le président tchadien Idriss Déby Itno dérange l’Occident.
Ce qui n’est pas une surprise pour tous, vu que le président tchadien a largement contribué à ce qu’une guerre n’éclate pas au profit de l’Occident, non seulement sur le continent africain mais surtout dans les pays limitrophes comme en Centrafrique ou au Soudan, dans le Darfour.
Beaucoup ont essayé d’attribuer les manœuvres de déstabilisation au Soudan et en Centrafrique au gouvernement du Tchad. Mais ce fut un échec. Au contraire, cela a permis aux pays de la région de s’unir.
Concernant la déstabilisation dans le Darfour au Soudan. Le gouvernement éthiopien avait déjà auparavant mis en garde contre les personnes mal- intentionnées qui se trouvent dans le gouvernement de transition soudanais. Ce qui fait que suite aux accusations du gouverneur du Darfour Ouest qui tentait d’impliquer le Tchad dans les affrontements qui ont eu lieu à El-Geneina, début janvier, le gouverneur de la province du Ouaddaï, le général Brahim Seïd Mahamat, a fait une déclaration pour apporter un démenti total suite à ces allégations.
Le gouverneur de l'État du Darfour-Ouest, Mohammed Abdalla al-Douma, a déclaré dimanche sur Al Jazeera que « les groupes armés qui ont provoqué le chaos dans l'État sont venus du centre et du sud du Darfour et du Tchad ».
Le gouverneur du Ouaddaï, le général Brahim Seïd Mahamat, relève que le Tchad est loin de cette accusation et n'a pas participé ni près ni loin à cet évènement. Il a ajouté que le Tchad entretient de très bonnes relations d'amitié et de coopération qui datent de très longtemps.
Même tentative ratée avec la Centrafrique, concernant des Tchadiens qui auraient rejoint le camp des groupes armés qui désiraient seulement la déstabilisation du pays et le renversement du président Touadera.
C’est encore une fois l’effet contraire qui s’est produit. Les autorités centrafricaines ont multiplié les messages d’apaisement vis-à-vis du Tchad. Dernier épisode en date, un communiqué diffusé mardi par le gouvernement pour rassurer sur ses bonnes relations avec son voisin.
Il y a d’abord eu la visite du président de l’Assemblée nationale de la Centrafrique à Idriss Deby, suivie le lendemain d’un communiqué du gouvernement. Avec chaque fois le message même : Bangui dément avoir accusé son voisin d’être responsable de la présence de mercenaires « d’origine tchadienne » au sein des groupes armés qui agitent le pays.
Tout cela n’est que « rumeurs » et « manipulations » pour ternir la relation entre deux pays « frères », explique-t-on à Bangui. Ce souci d’afficher soudain une parfaite entente, tranche avec la méfiance réciproque souvent exprimée en coulisses par les autorités de ces deux pays, mais cela s’explique par le « contexte », selon des sources diplomatiques. Ces rumeurs consistaient à ternir le président Idriss Déby et de monter les pays comme la Centrafrique et le Soudan contre le Tchad.
La Centrafrique a récemment demandé l’appui de ses voisins pour lui envoyer des renforts pour combattre les groupes armés. L’Angola serait sur les rangs pour envoyer des troupes, mais « pose ses conditions », explique un diplomate, notamment que Bangui « aplanisse ses relations avec ses voisins ». « Le président Touadéra ne peut pas se passer d’un poids lourd tel que le Tchad pour rétablir la paix », abonde un autre diplomate.
D’autant qu’il est déjà en délicatesse avec son voisin congolais Denis Sassou-Nguesso, actuellement à la tête de la CEEAC, la Communauté économique des États de l'Afrique centrale.
Ces pays comptent bien œuvrer pour régler les problèmes à l’intérieur du continent en interne et sans l’implication des États étrangers qui ne cherchent que la déstabilisation des pays du continent.
Il est important que le Tchad, tout comme les pays d’Afrique, n’a aucun intérêt à ce qu’une guerre se lance chez ses voisins. Les pays d’Afrique s’unissent pour combattre, réellement le terrorisme sur le continent.
Le fait que le président tchadien ainsi que les chefs d’État des pays aux alentours du Tchad ne sont pas rentrés dans ce piège grotesque.
Ce qui fait du président tchadien une cible.
Parallèlement à l’investiture comme candidat d’Idriss Déby à un sixième mandat, plusieurs manifestations ont éclaté à travers la ville contestant cette candidature.
Le journal RFI a relaté l’information en insistant sur les propos de quelques personnes opposées au président Déby, sans relayer la moindre version des autorités tchadiennes.
La Police nationale a présenté 14 manifestants arrêtés suite à différentes marches à N'Djamena. Ils sont déférés au Parquet.
« La loi a été bafouée par ces différents malfrats qui sont là devant nous. Il s'agit bien de la rébellion, du vandalisme, de la résistance aux forces dans le strict respect de la Loi », selon lui.
« Une fois les charges retenues contre ces différentes personnes, la Loi sera appliquée dans toute sa rigueur. »
Le porte-parole de la Police nationale, le commissaire Paul Manga, a également fait part d’un fait troublant. Parmi ces 14 personnes interpellées, 5 d’entre elles ont été arrêtées devant l’ambassade des États-Unis, en possession de cocktail Molotov.
Il semblerait qu’un scénario ait été mis en place pour impliquer directement les États-Unis dans cette affaire. En effet, avec une moindre attaque de l'ambassade des États-Unis, Washington aurait obtenu le prétexte nécessaire pour pouvoir s’ingérer dans les affaires intérieures du pays et peut-être même menacer le Tchad militairement.
Ces tentatives ne fonctionnent visiblement plus. Les chefs d’États africains connaissent parfaitement le modus opérandi de l’Occident et de ses médias.