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Zoom Afrique du 30 mai 2019

Les forces érythréennes de l’UA. (Archives)

Dans ce numéro de Zoom Afrique :

L’actualité en Afrique :

  • Ghana : l’action climatique est au cœur de l’Agenda national de développement
  • Sénégal : Marie Diouf, la reine du sel !
  • Le Mali se dirige vers une production record de 800 000 tonnes de coton en 2019-2020

 

Les analyses de la rédaction :

Ghana : la guerre d’Akufo-Ado contre le FMI ? 

La ministre ghanéenne des Affaires étrangères, Shirley Ayorkor Botchway, s’est rendue récemment à Bamako pour solliciter l’appui personnel du président de la République, Ibrahim Boubacar Keïta, et le soutien du Mali pour sa candidature pour abriter le siège de la Zone de libre-échange continentale et africaine.

Selon l’envoyée spéciale du président Nana Akufo-Addo, le président Keïta a accueilli « la nouvelle à bras ouverts », vu les relations particulières qui existent entre le Ghana et le Mali et aussi les relations étroites entre les deux présidents.

En effet, depuis le début de l’investiture du président ghanéen Nana Akufo Addo, la situation économique s’est nettement améliorée. La croissance économique du pays a été classée parmi les plus rapides au monde selon le FMI. Le président ghanéen n’avait pas sollicité l’aide du FMI ni de la France pour relancer son économie. La seule demande du président Addo au FMI était de mesurer le taux de croissance économique du pays, mais de ne surtout pas intervenir.

Ce système est sans nul doute devenu un modèle pour les autres pays africains qui tentent de relancer leur économie en reproduisant le modèle ghanéen. Pour ce qui est de la zone de libre-échange, qui devrait entrer en vigueur ce jeudi 30 mai, l’Union africaine dispose encore d’un mois pour mettre en place la phase opérationnelle et notamment les instruments techniques pour contrôler cette zone de libre-échange. Signée le 21 mars 2018 par 49 États africains, la ZLEC a été ratifiée par 22 pays. Le Nigeria, plus grande économie du continent, ne l’a pas encore fait, mais la position d’Abuja est en train de changer.

Jusqu’à présent, Abuja refuse d’adhérer à la zone de libre-échange, craignant qu’une déferlante de produits étrangers ne vienne ruiner son industrie naissante. Le président Buhari avait demandé à son gouvernement une étude d’impact de la ZLEC sur l’économie nigériane. Le ministre du Commerce lui a remis son rapport et ne cache pas son optimisme quant à une issue positive. D’autant qu’une étude de la Chambre de commerce de Lagos révèle que près de huit patrons nigérians sur dix y sont favorables.

Cette zone de libre-échange ne pourra réellement fonctionner que si elle se pratique d’une manière endogène au sein du continent, sans mêler des entités étrangères au continent africain.

La règle d’origine notamment doit être précisée. Il s’agit de savoir quelle proportion d’intrants africains est nécessaire dans un produit pour qu’il soit considéré comme africain. Autres défis : démanteler les barrières non tarifaires, et aussi mettre en place des organes de contrôle et d’arbitrage. Car même libéré, le commerce a besoin de règles.

Le fait que le Ghana veuille intégrer cette zone de libre-échange pourrait dynamiser son économie. Et cela ne plaît pas forcément à tout le monde. Il faut tout de même rappeler que le président Nana Akufo Addo a sévèrement remis en place la France, lors de la visite du président français Emmanuel Macron à Accra ainsi que le FMI. Ce qui fait que lorsqu’un pays africain émerge, l’effet de domino peut être la prochaine étape. Ce qui fait que mettre des bâtons dans le développement du pays pourrait en arranger plus d’un. Ce qui fait que soudain, comme au Cameroun, des séparatistes ont émergé, mais directement arrêtés et maîtrisés par la police, qui s’est rendu compte que le petit groupe avait non seulement préparé un hymne national, une Constitution et un drapeau, mais qu’il entraînait également une milice. Ce qui fait que comme au Rwanda, le Ghana a signé un accord avec le californien Zipline International Inc., pionnier dans l’utilisation des drones pour effectuer des livraisons en tout genre. Le fait d’avoir des drones qui peuvent non seulement effectuer des livraisons, mais en plus servir à surveiller, serait aussi une aubaine pour le Ghana qui commence à être mêlé aux histoires occidentales de terrorisme et même de séparatisme.

Ce développement rapide de l’économie du pays, et ce, sans l’aide de la France ou du FMI, montre bien que les pays africains peuvent très bien s’en sortir sans devoir dépendre de l’Occident. L’Occident a besoin de l’Afrique pour se développer, mais l’Afrique n’a pas besoin de l’Occident pour se développer.

Éthiopie-Érythrée : 

En Afrique, les consciences patriotiques et unies se montrent de plus en plus aux quatre coins du continent. Notamment au Mali, où, face à la volonté de l’Occident de démembrer le pays, les Maliens sont descendus dans les rues à plusieurs reprises pour exprimer leur ras-le-bol de la présence étrangère du pays. Au Cameroun, c’est la même chose, la population montre que l’unicité et l’intégrité du territoire sont primordiales. Et on voit ce lancement aussi en Éthiopie, où, à un an des élections générales, le paysage politique est en pleine évolution. Dans les grandes régions comme l’Oromiyaa et l’Amhara, des partis nationalistes se préparent à rivaliser avec la coalition au pouvoir depuis 1991. Mais à l’opposé de ces formations qui épousent le système fédéral éthiopien, un nouveau parti a vu le jour vendredi à Addis Abeba. Le parti des « Citoyens éthiopiens pour la justice sociale » tenait son congrès fondateur dans la capitale en présence de plus d’un millier de délégués.

« Unité, unité » scandent les militants du nouveau parti. Sur scène, ils sont 14 à prêter serment. L’un ne va plus sans l’autre, l’Érythrée a célébré ce 24 mai, le 28e anniversaire de son indépendance vis-à-vis de l’Éthiopie. Addis Abeba va saisir l’occasion pour raffermir ses liens avec Asmara.

C’est en effet le 24 mai 1991 que l’Érythrée a obtenu son indépendance vis-à-vis de l’Éthiopie, dont elle fit longtemps partie. Une œuvre grandiose qui provoqua un conflit armé qui aboutit à la séparation des deux pays.

Les accords d’Alger de 2000 qui ont mis fin à cette guerre et à la décision de la Cour permanente d’arbitrage de La Haye attribuent Badme à l’Érythrée. Décision contestée par Addis Abeba jusqu’en avril 2018, quand Abiy Ahmed, nouvellement élu Premier ministre, décide de rétrocéder la ville de Badme et normalise ses relations avec l’Érythrée.

Une normalisation qui devrait s’inscrire dans la durée. « Je souhaite également exprimer la volonté de l’Éthiopie de rester résolue à régler conjointement tous les problèmes en suspens auxquels nous sommes confrontés afin de renforcer la coopération bilatérale dans tous ses aspects, dans l’intérêt mutuel de nos deux pays », a ajouté le Premier ministre éthiopien.

L’Érythrée s’est pliée aux volontés des États-Unis. La nation de l’Afrique de l’Est devrait, en effet, être retirée de la liste américaine des pays soutenant le terrorisme comme le rapporte l’Associated Press.

Attendue ce mercredi, la liste publiée par le Federal Register ne fait plus mention de l’Érythrée, mais maintient l’Iran, la Corée du Nord, la Syrie et le Venezuela — ennemis jurés des États-Unis — réputés pour ne pas se plier aux quatre volontés des États-Unis. Suite à un accord qu’auraient passé les États-Unis et l’Érythrée, le pays se met de plus en plus sous les projecteurs. En plus de faire office de base arrière pour la guerre illégale contre le Yémen, le pays pourrait nettement servir ses forces militaires sur un plateau pour les États-Unis afin d’opérer dans la Corne de l’Afrique ou peut-être même ailleurs. ­­De même que le pays a un accès direct à la mer Rouge. Cela dit, il faut tout de même rappeler l’accord portuaire que l’Érythrée avait passé avec la Russie. Tout de suite après, les États-Unis ont débarqué en Érythrée pour lever les sanctions, et libérer petit à petit le pays des pressions de Washington. Cela montre l’intérêt stratégique de ce pays aux yeux des États-Unis.

Cameroun

Les derniers événements du pays, analyse de Guillaume Tefengang, avocat au barreau de Bruxelles et analyste politique.

 

 

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SOURCE: FRENCH PRESS TV