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La France teste sa politique de « tolérance zéro »

US Rep. Ilhan Omar (D-MN) (L) talks with Speaker of the House Nancy Pelosi (D-CA) during a rally with fellow Democrats before voting on H.R. 1, or the People Act, on the East Steps of the US Capitol on March 08, 2019 in Washington, DC. (AFP photo)
Un manifestant lève les bras au milieu de la fumée de gaz lacrymogène lors d'affrontements avec des policiers français en marge du rassemblement annuel du 1er mai 2019 à Paris. ©AFP

Le 1er mai, environ 165 000 manifestants sont descendus dans les rues en France, dont environ 28 000 à Paris. Ces chiffres sont officiels. Selon les syndicats, le taux de participation réel a été deux fois plus élevé.

Plus de 230 manifestations ont été organisées dans tout le pays. Toutes étaient pacifiques, à l'exception de Paris, selon le syndicat français CGT.

La police anti-émeute à Paris a tiré des gaz lacrymogènes alors que les manifestants leur jetaient des pierres et des bouteilles. La police parisienne a déclaré avoir arrêté 220 personnes et procédé à plus de 15 000 perquisitions préventives.

Des vidéos sur les réseaux sociaux montraient des « black blocs » qui traversaient les manifestations, essayant de dégrader la situation. Certains d'entre eux ont été arrêtés par la police.

La CGT, l’un des principaux syndicats français, a accusé la police d’avoir lancé des gaz lacrymogènes et des grenades assourdissantes sur ses membres, dont son chef Philippe Martinez, qui a été contraint de quitter le rassemblement parisien.

Une journaliste russe travaillant pour RIA Novosti a déclaré qu'elle avait été frappée par la police alors qu'elle couvrait les manifestations. « Le casque m'a sauvé de blessures graves, mais mon bras souffre toujours », a déclaré Viktoria Ivanova, ajoutant qu'elle portait un brassard et un casque lorsqu'elle a subi les coups.

Le ministère russe des Affaires étrangères a appelé à une enquête approfondie sur l'incident, qualifiant la violence à l'encontre de journalistes d’« inacceptable ».

Par ailleurs, un membre des forces de l’ordre françaises a introduit sa matraque télescopique à l’arrière du pantalon d’un manifestant.

À en juger par cette vidéo mise en ligne par le journaliste David Dufresne et réalisée boulevard du Montparnasse au cours d'une manifestation du 1er-Mai à Paris, un policier a glissé pendant quelques secondes sa matraque télescopique dans le fond du pantalon d'un manifestant plaqué au sol par ses collègues.

La raison pour laquelle ce policier a choisi cette façon de fouiller ce manifestant, qui a ensuite été emmené par les agents, reste pour le moment inconnue. Dans un tweet, David Dufresne a signalé l'incident à la Place Beauvau.

Les manifestations se sont apaisées le soir, tout en durant presque toute la journée.

Avant les manifestations du 1er mai, la police parisienne avait interdit les manifestations sur l'avenue des Champs-Élysées et dans les zones autour du palais présidentiel et de la cathédrale Notre-Dame.

Plus de 7 400 policiers et gendarmes ont été déployés dans la seule région parisienne, sous l'ordre d’Emmanuel Macron qui avait annoncé sa décision de prendre une position extrêmement ferme en cas de violence.

Le ministre de l'Intérieur Christophe Castaner a déclaré que les autorités avaient trouvé plusieurs groupes sur les médias sociaux exhortant les manifestants à transformer la ville en « capitale des émeutes ».

« Selon les informations dont nous disposons, 1 000 à 2 000 militants radicaux, potentiellement renforcés par des individus venant de l'étranger, qui pourraient tenter de propager l'anarchie et la violence », a-t-il déclaré lors d'une conférence de presse. Selon lui, beaucoup étaient des jeunes faisant partie du groupe appelé « black bloc ».

Une semaine plus tôt, le 25 avril, le président français Emmanuel Macron avait promis des réformes et d’« importantes » réductions d'impôt après des mois de manifestations.

En ce qui concerne la réduction de l'impôt sur la fortune, Emmanuel Macron a indiqué que celle-ci serait réexaminée en 2020.

Macron a déclaré avoir écouté les Gilets jaunes tout en accusant d'autres groupes d'avoir détourné les manifestations et d'avoir provoqué « des épisodes de violence antisémite, des attaques de journalistes et de l'homophobie ».

À la suite d'une manifestation particulièrement violente en mars, le gouvernement a limogé le chef de la police parisienne et a adopté une approche de « tolérance zéro », puis un projet de loi « anti-émeute » accordant davantage de pouvoirs aux forces de sécurité.

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SOURCE: FRENCH PRESS TV