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Venezuela : les agissements US sont voués à l’échec

US Rep. Ilhan Omar (D-MN) (L) talks with Speaker of the House Nancy Pelosi (D-CA) during a rally with fellow Democrats before voting on H.R. 1, or the People Act, on the East Steps of the US Capitol on March 08, 2019 in Washington, DC. (AFP photo)
Un homme passe à côté d’un graffiti avec la légende « À bas Trump » à Caracas, Venezuela, le 24 janvier 2019. ©AFP

Les autorités de la Maison-Blanche ont affiché leur soutien au leader de l’opposition vénézuélienne Juan Guaido, qui s’est autoproclamé « président par intérim » du Venezuela pour chasser l’actuel président Nicolas Maduro, du pouvoir ; pourtant les agissements de Trump et de ses conseillers échoueront pour les raisons qui seront évoquées dans cet article.

Le Venezuela se trouve dans une situation politique difficile après que le chef du Parlement Juan Guaido s’est autoproclamé « président par intérim », mais tout comme le coup d’État manqué de 2002 contre le défunt Hugo Chavez, ce nouveau complot semble voué à l’échec.

Le président vénézuélien Nicolas Maduro a déclaré le 23 janvier qu’il rompait les relations diplomatiques avec les États-Unis, après que l’administration Trump a reconnu le chef de l’opposition Juan Guaido comme président par intérim du pays.

S’adressant à ses partisans devant le palais présidentiel de Miraflores à Caracas, Nicolas Maduro a aussi annoncé qu’il donnait 72 heures au personnel diplomatique américain pour quitter le Venezuela.

« J’ai décidé de rompre les relations diplomatiques et politiques avec le gouvernement impérialiste des États-Unis. Dehors ! Qu’ils s’en aillent du Venezuela, ici il y a de la dignité, voyons ! », a notamment proclamé le dirigeant socialiste.

Dans son discours, Nicolas Maduro a accusé Washington de « coup d’État » et appelé les militaires à rester unis et disciplinés. « Je demande à l’armée, aux militaires de notre patrie, aux forces armées nationales, la plus grande loyauté, la plus grande union, la plus grande discipline. Nous allons gagner aussi ce combat. Loyaux toujours, traîtres jamais ! », a-t-il ainsi ajouté devant ses partisans.

Tout de suite après, l’armée vénézuélienne a publié un communiqué dans lequel elle a annoncé qu’elle resterait unie avec le gouvernement élu et qu’elle ne reconnaîtrait pas Juan Guaido comme « président par intérim », tout en se déclarant prête à faire face à toute menace étrangère.

Dans un geste coordonné entre les opposants et les États-Unis, Guaido s’est autoproclamé « président par intérim », mais cet agissement est voué à l’échec et ne mènera à rien pour des raisons suivantes :

Primo : la Cour suprême du Venezuela ne reconnaît pas que Guaido ait eu recours aux articles de la Constitution pour s’autoproclamer « président par intérim » et les juges de la Cour suprême ont dénoncé la décision unilatérale des opposants. Car la Constitution n’autorise un changement de président de la République que s’il est jugé incompétent ou qu’il démissionne de son poste et qu’il n’ait pas de vice-président.

Secundo : l’armée vénézuélienne joue un rôle important, puisqu’elle s’oppose à tout autre président que Maduro. Le ministre vénézuélien de la Défense Vladimir Padrino a déclaré sur Twitter que l’armée défendrait la Constitution et non pas un président imposé.

« L’armée vénézuélienne défendra la Constitution et la souveraineté du pays et ne reconnaîtra pas le président du Parlement Juan Guaido en tant que président du pays », a déclaré mercredi soir le ministre de la Défense Vladimir Padrino Lopez sur Twitter.

Lorsque l’armée d’un pays latino-américain adopte une position sur un sujet particulier, tout changement dans le pays sans l’aval de l’armée sera très compliqué.

Tertio, un autre facteur qui annonce l’échec de ce complot anti-Maduro est le fait qu’aucun dirigeant ni officier de haut rang du pays n’a soutenu le coup d’État de Guaido.

Eu égard à l’opposition de la Cour suprême et de l’armée à tout changement politique au Venezuela, les agissements anti-Maduro tomberont à l’eau. Mais pourquoi ? Parce que l’armée interviendra et ne cédera pas aux pressions et positions des États-Unis.

D’autre part, ce qui complique encore la situation au Venezuela est le soutien russo-chinois au président Nicolas Maduro : la Russie et la Chine résisteront face à toute action anti-Maduro.

13 jours après l’investiture de Nicolas Maduro, réélu pour un second mandat, l’opposant pro-américain et président de l’Assemblée nationale du Venezuela Juan Guaido s’est autoproclamé « président par intérim » du pays latino-américain le 23 janvier.

Sur Twitter, la Maison-Blanche a affirmé que « le président Donald Trump a reconnu officiellement le président de l’Assemblée nationale vénézuélienne, Juan Guaido, comme le président par intérim du Venezuela ».

Tout de suite après les combats de rue au Venezuela, dans un communiqué, Donald Trump dit clairement « reconnaître officiellement le président de l’Assemblée nationale vénézuélienne comme président par intérim du Venezuela ». L’Assemblée nationale est « la seule branche légitime du gouvernement », précise-t-il. « Je continuerai à utiliser toute la puissance économique et diplomatique des États-Unis pour faire pression en faveur du rétablissement de la démocratie vénézuélienne », relève encore Donald Trump. Il rappelle que « toutes les options sont sur la table ». Une intervention militaire n’est pas exclue.

Le journal britannique The Guardian s’est penché dans un article sur le manque d’informations de Trump et de ses conseillers concernant les évolutions en cours au Venezuela et il a écrit : « L’équipe de Donald Trump ne sait pas grand-chose de la crise vénézuélienne et en s’immisçant dans les affaires intérieures du pays, elle provoque l’instabilité, la destruction et la guerre civile dans ce pays latino-américain. »

Selon l’article du Guardian, la menace explicite de Trump lorsqu’il dit que « toutes les options sont sur la table » est un acte non calculé. En effet, Donald Trump, en soutenant les opposants au Venezuela, a défié Nicolas Maduro.

« Si Maduro décide de procéder à des représailles contre les opposants et d’arrêter les diplomates américains qui refusent de quitter le Venezuela, Trump n’aura que deux options devant lui : soit il enverra des troupes américaines, soit il sera contraint d’accepter cette funeste humiliation », a écrit The Guardian.

Si l’armée vénézuélienne reste fidèle à Maduro, Trump et son conseiller à la sécurité nationale John Bolton, qui tirent les ficelles des événements à Caracas, échoueront dans leur tentative de coup d’État militaire contre Maduro, car la seule chose pouvant garantir des changements est le soutien de l’armée.

Pour The Guardian, ce fiasco n’est pas une chose bizarre puisque Trump ne connaît rien des techniques de politique étrangère et de relations internationales et qu’après des démissions en série au sein de son gouvernement en seulement deux ans de présidence, il manque de conseillers de haut niveau.

En tout état de cause, ce que font les États-Unis au Venezuela s’inscrit dans le cadre de leurs politiques interventionnistes dans les affaires intérieures d’autres pays, aboutissant à l’instabilité dans ce pays d’Amérique latine. En effet, Washington tire profit des problèmes du peuple vénézuélien pour atteindre ses objectifs géopolitiques, ce qui rend la situation chaotique au Venezuela.

C’est par le biais d’une révolution colorée que les États-Unis veulent parvenir à leurs fins au Venezuela et s’ils échouent, ils auront recours à une intervention militaire contre Caracas, en incitant ses voisins tels que la Colombie et le Brésil à y participer.

 

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SOURCE: FRENCH PRESS TV