La réaction de la Résistance irakienne au tweet du président US où il dit vouloir retirer ses 2000 soldats de Syrie d'ici au plus tard 100 jours, n'a pas tardé : le leader du groupe irakien Asaïb Ahl al-Haq a déclaré qu’après la Syrie, "il est grand temps que les forces américaines se retirent aussi d’Irak".
Cheikh Qais al-Khazali, secrétaire général du groupe Asaïb Ahl al-Haq (Ligue des vertueux), l’un des composantes des Hachd al-Chaabi a écrit, mercredi 19 décembre, dans un tweet qu’"il était le temps de réclamer aux États-Unis de retirer leurs troupes d’Irak". Cette revendication partagée par une grande partie de la population irakienne fait son chemin au Parlement où les députés préparent un projet de loi en ce sens.
« Trump vient d'annoncer, dans un tweet, la défaite de Daech en Syrie; l’existence de ce groupe en Syrie était la seule raison de la présence des forces US en Syrie, comme le prétend Trump. Et bien reprenant sa logique, il faut lui demander pourquoi les forces américaines ne se retirent-elles pas de l'Irak puisque Daech y a été défait depuis des mois? Y-a-t-il d'autres raisons qui poussent les États-Unis à maintenir leurs troupes en Irak? », s'interroge le commandant.
Les États-Unis ont annoncé vouloir retirer leurs troupes de Syrie pour les "repositionner à Erbil". Un premier contingent de 120 marines seraient d'ailleurs arrivés au Kurdistan irakien.
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Depuis le 10 décembre 2017, et l'annonce officielle de la fin de Daech en Irak, la question du retrait US d'Irak se pose avec acuité, de nombreuses voix exigeant la fin de la présence des centaines d'effectifs US présents en Mésopotamie. Les agissements US sur les frontières avec la Syrie, surtout dans la province d'al-Anbar intriguent au plus haut point les forces de défense nationale qui n'oublient jamais l'appui sensible de Washington aux terroristes de Daech en 2014, quand ces derniers faisaient marche sur la capitale, Bagdad. Le Parlement irakien, largement acquis à l'aile la plus anti-américaine de la société irakienne, a déjà voté un projet de loi, ordonnant la fixation d'un calendrier de retrait des marines US d’Irak. C'est une exigence parfaitement légitime dans la mesure où la base US à al-Tanf a piloté en juin dernier une sanglante frappe contre les positions de la Résistance irakienne à Abou-Kamal et que les terroristes daechistes formés toujours à al-Tanf, ont déjà lancé des attaques contre les Hachd al-Chaabi, chargés d'assurer la protection des frontières irakiennes et contrer les infiltrations terroristes.
Bien qu’il n’y ait aucun bilan officiel du nombre des militaires américains en Irak, certaines sources authentiques font état de l’implantation de plus de 15.000 effectifs américains sur le territoire irakien. L'ambassade US en Irak, la plus grande dans le monde, abrite 3 000 effectifs.