La percée fulgurante de l’armée syrienne dans ses combats contre les groupes terroristes-takfiristes soutenus par les USA et Israël sur l’axe méridional du pays a inquiété les autorités de Tel-Aviv. Mais pourquoi ? Parce que les militaires syriens ont libéré une grande partie de l’axe sud de la Syrie du joug des groupes terroristes et que cet axe se trouve juste en face des hauteurs stratégiques du Golan occupé, dont les responsables syriens ont à maintes reprises insisté sur la libération le plus rapidement possible. Et, ce alors que les Israéliens ont tout fait pour que les régions situées aux alentours du Golan soient occupées par les takfiristes, afin de créer ainsi une marge de sécurité pour la poursuite de leur occupation au Golan.
Le régime israélien accorde une importance toute particulière aux hauteurs du Golan, à tel point que les autorités du régime n’accepteraient, pour rien au monde, de restituer ces hauteurs occupées à leurs réels propriétaires en Syrie.
Le plateau du Golan est considéré comme un point sensible et stratégique aussi bien pour la Syrie et le Liban que pour Israël. Les hauteurs du Golan constituent un important point de passage pour dominer la profondeur stratégique du front de la Palestine occupée. Sa situation géographique spectaculaire permet à Israël de surveiller, avec ses équipements d’espionnage et militaires, tous les agissements militaires, électroniques et de télécommunication de la Syrie, puisque ces hauteurs surplombent la banlieue de Damas.
Outre la situation géographique et stratégique particulière du Golan, Israël convoite ses ressources pétrolières et gazières et il n’accepterait à aucun prix de l’abandonner.
En attribuant en 2013 la permission d’explorer les gisements de pétrole à une société américano-israélienne sur le plateau du Golan, Israël a commencé à y extraire du pétrole. En 2014, la Cour suprême israélienne a autorisé la société d’exploration pétrolière et gazière « Afek » à lancer des opérations de forage pétrolier dans les hauteurs du Golan. Israël envisage d’extraire plus d’un milliard de barils de pétrole au Golan.
Les opérations d’exploration ont déjà commencé sur 10 sites et tout porte à croire que la quantité de pétrole extrait sera suffisante pour les besoins d’Israël pendant quelques années. Voilà pourquoi les Israéliens convoitent les ressources pétrolières au Golan et cherchent à piller ces précieuses ressources appartenant au gouvernement syrien.
Le journal Rai al-Youm a écrit à ce sujet : « les Israéliens ne sont pas les seuls à paniquer. Les États-Unis paniquent aussi. Le président Trump soutient, à tout va, les agissements de l’armée israélienne sur les hauteurs du Golan ainsi que ses projets pétroliers. Le point qui mérite réflexion est qu’au cours de la récente réunion de l’Assemblée générale de l’ONU, la représentante des États-Unis auprès de l’ONU, Nikki Haley, a voté contre la résolution annuelle de l’organisation qui condamnait l’occupation du Golan par Israël. Un événement rare qui avait eu lieu, pour la première fois dans toute l’histoire de l’ONU et qui n’a tout de même pas permis d’atteindre un résultat en faveur des Palestiniens et des habitants du Golan en raison du veto de Washington, alors que la résolution avait obtenu 151 votes positifs. »
Force est de constater que la perte des hauteurs stratégiques du Golan occupé entraînera de lourds préjudices pour Israël ; il en subira des pertes d’ordre matériel et militaire, puisque Tel-Aviv ne pourra plus, comme avant, dominer les territoires occupés ainsi que les frontières libanaises, depuis le Golan.
Dans la conjoncture actuelle, le principal objectif des Israéliens consiste à attiser le feu des tensions, à faire perdurer la guerre en Syrie et à empêcher la Résistance de réfléchir à l’opération de libération du Golan occupé. Il est naturel que les États-Unis, qui estiment que la réalisation de leurs objectifs régionaux est indissociablement liée au renforcement du régime israélien, n’acceptent jamais le lancement d’une telle opération.
Les discours des personnalités importantes et influentes au sein de l’axe de la Résistance, dont Seyyed Hassan Nasrallah et Bachar al-Assad, renforcent les inquiétudes du régime israélien et de son allié américain quant à la formation imminente d’un front pour la libération du Golan. Lors d’un récent discours, le secrétaire général du Hezbollah a explicitement souligné que le Golan est une région occupée qui doit être restituée à la Syrie. Le président syrien a également beaucoup insisté sur cette question.
En cas de formation d’un nouveau front au Golan occupé par les groupes de résistance, à la tête desquels le Hezbollah libanais, une guerre d’usure sera imposée aux Israéliens ; une guerre qui s’inscrira certainement dans la lignée de l’échec cuisant d’Israël dans le sud du Liban en 2002.
Le point qui mérite réflexion est que contrairement aux allégations mensongères des autorités de Tel-Aviv, les événements de ces derniers mois ont bel et bien montré qu’elles ne sont même pas en mesure de combattre sur un seul front à Gaza, sans parler de conflits sur plusieurs fronts.
En cas d’ouverture d’un front au Golan, Israël sera soumis à une guerre d’érosion sur trois fronts : l’un depuis le nord (face au Hezbollah), l’autre depuis le sud (contre les groupes de résistance palestiniens à Gaza) et le troisième depuis l’est (contre l’armée syrienne et le Hezbollah libanais). Il semble donc qu’Israël ne sera pas en mesure d’échapper à une guerre d’usure particulièrement coûteuse.