TV

Violences à Bassora : quand Israël s’en mêle

Heurts entre les manifestants irakiens et les forces de sécurité à Bassora, dans le sud de l’Irak, le 4 septembre 2018. ©AFP

Le Hezbollah irakien voit dans les événements de Bassora la signature des USA et d’Israël.  

Le ministre israélien des Affaires militaires a menacé la semaine dernière l’Iran d’attaque aux missiles. Avigdor Lieberman a alors affirmé que les frappes contre les positions de la Résistance ne se réduiraient pas désormais à la Syrie et que les raids pourraient dépasser les frontières syriennes pour s’étendre en Irak. Cette annonce bien osée a provoqué un tollé jusqu’aux États-Unis, où les autorités ont mis en garde contre tout aventurisme israélien en Irak où quelque 5 000 soldats américains sont stationnés. Mais la mise en garde semble n’avoir pas suffi. Ce samedi, un autre ténor du cabinet chancelant de Netanyahu, le dénommé Tzachi Hanegbi, ministre de la Coopération régionale, a repris les menaces anti-irakiennes de Tel-Aviv en évoquant l’idée de frappes balistiques contre l’Irak.

« Notre ligne rouge ne concerne pas seulement la Syrie. Il y a aussi l’Irak, car la présence iranienne en Syrie renvoie aussi à cette même présence en Irak, et Israël est censé se défendre à la fois en Syrie et en Irak. Les missiles iraniens devront être détruits là où ils se trouvent pour mettre à l’abri Tel-Aviv », a dit l’intéressé.

Ces menaces bien explicites sont-elles un effet du hasard ou cachent-elles une intention bien particulière ? L’Irak s’apprête à se choisir un gouvernement dont la composition pourrait décider du maintien ou non des forces US dans le pays. C’est pourquoi les revendications sociales à Bassora, à l’instigation des réseaux sociaux, virent paradoxalement ces jours-ci aux violences armées, avec en toile de fond des actes de sabotage et de saccage contre les locaux des forces des Hachd al-Chaabi, celles-là mêmes qui ont fait échec au projet Daech. Le secrétaire général du Hezbollah d’Irak ne se fait aucune illusion : c’est de bonne guerre et c’est l’Amérique qui est derrière : « Les événements de Bassora assurent les intérêts des États-Unis », souligne le cheikh Qais al-Khazali.

Selon le secrétaire général d’Asaïb Ahl al-Haqq, les incendies qui ont ravagé la quasi-totalité des locaux des Hachd al-Chaabi à Bassora relèvent d’un règlement de compte signé Washington, qui fait tout pour empêcher la désignation d’un gouvernement irakien souverain et antiaméricain.

« Nous ne faisons pas partie des membres du cabinet. Pourquoi nos bureaux devraient-ils être incendiés ? », s’est-il interrogé. Et de poursuivre : « Le but poursuivi en incendiant nos bureaux est d’exécuter le plan des États-Unis, qui cherchent à nommer un Premier ministre soumis aux exigences de la Maison-Blanche. »

Pour Khazali, « l’attaque contre le siège des partis et des groupes irakiens à Bassora est l’œuvre de ceux qui mènent des projets étrangers de nature douteuse », des projets qui répondent aux menaces lancées sans cesse depuis Tel-Aviv.

Une campagne médiatique bien orchestrée depuis Tel-Aviv et Riyad incite à la violence au moment même où les partis irakiens tentent de former une majorité sur la base des élections législatives récentes où les partis liés à la Résistance irakienne ont remporté la majorité. Depuis, l’ambassadeur US va de province en province avec l’intention bien explicite d’empêcher la formation d’un gouvernement qui en voudrait aux Américains pour avoir créé Daech et provoqué la mort de milliers d’Irakiens depuis 2014.

Partager Cet Article
SOURCE: FRENCH PRESS TV