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« L'Arabie saoudite cherche à renverser le Premier ministre bahreïni »

US Rep. Ilhan Omar (D-MN) (L) talks with Speaker of the House Nancy Pelosi (D-CA) during a rally with fellow Democrats before voting on H.R. 1, or the People Act, on the East Steps of the US Capitol on March 08, 2019 in Washington, DC. (AFP photo)
Le prince héritier d'Abou Dhabi, cheikh Mohammed ben Zayed Al-Nahyan (G) et le prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane à Djeddah, en Arabie saoudite, le 6 juin 2018. ©Reuters

Un nouveau rapport indique que l’Arabie saoudite et les Émirats arabes unis cherchent à renverser Khalifa ben Salmane Al-Khalifa, Premier ministre de Bahreïn depuis 1971, dans l’objectif de renforcer leur influence dans cette petite monarchie du golfe Persique.

« Alors que les dirigeants les plus vieux de la région soutiennent Khalifa ben Salmane Al-Khalifa, les plus jeunes, à savoir le prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane et le prince héritier d’Abou Dhabi Mohammed ben Zayed Al-Nahyan se rangent aux côtés du roi bahreïni Hamad ben Issa Al-Khalifa et souhaitent marginaliser le Premier ministre », a-t-on appris d’une source diplomatique.

La source a confié au site d’information Middle East Eye que l’ancien roi saoudien Abdallah ben Abdelaziz Al-Saoud ainsi que l’actuel roi Salmane ben Abdelaziz étaient en faveur du Premier ministre bahreïni.

« En tant que roi d’Arabie saoudite, Abdallah s’opposait au renversement de Khalifa ben Salmane. Le roi Salmane et l’émir du Koweït le considèrent comme étant un bon homme au bon poste », a déclaré la source. « Cependant, Mohammed ben Salmane n’entretient aucune relation avec lui et ne fait aucun cas de lui », a-t-il ajouté.

« Il est probable que ben Salmane se donne la peine de renverser le Premier ministre bahreïni afin de plaire à ben Zayed qui cherche à réorganiser la situation à Bahreïn en donnant du pouvoir à un nouveau prince et en renversant les vieilles figures », a-t-il réaffirmé.

La même source a souligné que ben Zayed cherchait à faire asseoir son influence à Bahreïn, car il considérait le roi Hamad comme un ami proche et un allié.

Par ailleurs, le quotidien al-Quds al-Arabi a rapporté que le roi de Bahreïn envisageait de destituer le Premier ministre après les élections parlementaires, prévues cette année.

Adel Marzooq, un journaliste bahreïni qui vit à Londres, a confirmé qu'un conflit « violent et irresponsable » dans les couloirs du pouvoir bahreïni « n'est pas une blague et cela ne présage rien de bon, c'est, en effet, un développement sérieux ».

« Les signes actuels indiquent qu'il existe une prédilection en faveur d'un changement historique dans la position du Premier ministre après les élections législatives de la fin de l'année », a-t-il déclaré.

« Cependant, la décision n'a pas encore été annoncée, ou plutôt n'a pas été convenue, d'autant plus qu'elle nécessite une consultation préalable de l'Arabie saoudite et des Émirats arabes unis », a-t-il souligné.

Le journaliste bahreïni a, en outre, souligné que ben Salmane et ben Zayed « sont moins enclins à garder le Premier ministre ».

Khalifa ben Salmane Al-Khalifa a occupé le poste de Premier ministre de Bahreïn depuis que l'île a déclaré son indépendance du Royaume-Uni en 1971 après que l'ancien Shah de l'Iran eut renoncé à la souveraineté iranienne sur la petite île du golfe Persique.

Plus tôt ce mois-ci, ben Salmane et ben Zayed ont tenu la première réunion de leur Conseil de coordination saoudo-émirati à Djeddah.

L'Arabie saoudite et les Émirats arabes unis sont accusés d'avoir comploté pour monopoliser le pouvoir dans la région du golfe Persique par des politiques agressives contre leurs voisins.

Les deux pays sont impliqués dans une guerre meurtrière contre le Yémen et ont imposé un blocus tous azimuts au Qatar.

Oman a récemment durci le ton contre les violations des Émirats arabes unis.

Depuis février 2011, le peuple bahreïni prend part à des rassemblements de protestation pacifiques afin de réclamer la mise en place d’un système juste représentant tous les Bahreïnis.

Les Bahreïnis se plaignent également d'une discrimination généralisée contre la majorité chiite du royaume.

Manama ne cesse de réprimer les protestations en recourant à la force et fait ainsi l’objet des critiques de toutes parts.

Les autorités bahreïnies ont également arrêté des militants des droits de l'homme, démantelé les principaux partis politiques de l'opposition et révoqué la nationalité de plusieurs militants pro-démocratie.

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SOURCE: FRENCH PRESS TV