La décision du président Donald Trump de sortir les États-Unis de l’accord sur le nucléaire iranien et de rétablir les sanctions contre Téhéran affecte de grandes entreprises comme Boeing et Airbus.
Les risques de faire capoter ou de suspendre les accords colossaux signés entre l’Iran et les deux géants de l’industrie aéronautique mondiale Boeing et Airbus, estimés à 40 milliards de dollars, font trembler les dirigeants des pays concernés.
Après l’annonce de Donald Trump, les médias du monde se sont aussitôt demandés si des contrats de plusieurs milliards s’envoleraient avec les sanctions américaines contre l’Iran.
Les exportations de pétrole et l’achat d’équipements pétroliers et d’avions de transport sont les premiers secteurs touchés par les sanctions.
Dès le début de son mandat, Donald Trump a qualifié l’accord sur le nucléaire iranien de « désastreux ». Dorénavant, ses menaces ont été mises en application et les États-Unis ont décidé de torpiller l’accord.
Airbus et Boeing, les deux géants européen et américain de l’aéronautique, ont signé avec les compagnies Iran Air et Aseman Airlines des accords dont le coût total s’élève à 40 milliards de dollars. Il était initialement prévu que le premier livre à l’Iran 100 avions et le second 80.
Quelques minutes après l’annonce du retrait mardi soir par le président Trump, le secrétaire au Trésor américain Steven Mnuchin a déclaré que les contrats conclus entre Boeing, Airbus et l’Iran seraient suspendus, laissant aux parties un délai de quelques mois pour les résilier.
L’Iran se voit donc perdre l’opportunité de dynamiser son économie aéronautique et de moderniser ses avions pour entrer en concurrence avec d’autres grandes compagnies de la région, en particulier Emirates et Qatar Airways.
Outre les avionneurs Boeing et Airbus, le conglomérat industriel General Electric et les constructeurs automobiles allemands Volkswagen et franco-japonais Renault-Nissan pourraient être touchés par la décision des États-Unis de sortir de l’accord sur le nucléaire iranien, alors que les responsables américains ont insisté pour que les entreprises européennes se conforment aussi au rétablissement des sanctions, rappelle la presse française.
Le porte-parole de Boeing Gordon Johndroe a déclaré dans un communiqué que dans une deuxième étape, après celle de l’annonce du retrait de l’accord nucléaire, la compagnie devait s’entretenir avec l’administration Trump pour coordonner leurs politiques.
Pour sa part, Airbus a annoncé que la suspension des contrats signés avec l’Iran prendrait du temps.
Après la signature de l’accord de Genève en 2015, la compagnie aérienne Iran Air a finalisé le 13 avril 2017 une commande ferme pour 100 Airbus et 20 ATR 72-600. Pour l’heure, 3 Airbus et 8 ATR ont été livrés à Téhéran.