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Plus l'influence de l'Iran se renforce dans la région, plus l'Europe y perdra de son poids (analyste iranien)

US Rep. Ilhan Omar (D-MN) (L) talks with Speaker of the House Nancy Pelosi (D-CA) during a rally with fellow Democrats before voting on H.R. 1, or the People Act, on the East Steps of the US Capitol on March 08, 2019 in Washington, DC. (AFP photo)
Les ministres iranien, russe et turc des Affaires étrangères lors d'une réunion à Moscou, le 20 décembre 2016. ©AFP

Un expert iranien des questions européennes estime que la France a perdu son influence au Moyen-Orient, après le printemps arabe dans certains pays de la région.

Dans une analyse sur les positions du gouvernement actuel français envers les évolutions de la région, l'expert iranien des questions européennes, Abdel-Reza Farajirad s'est focalisé sur les mesures et décisions prises par le chef d'État français Emmanuel Macron pour revivifier l'influence que son pays disposait dans certains pays du Moyen-Orient, dont la Syrie, le Liban et l'Irak.

L'expert iranien des questions européennes, Abdel-Reza Farajirad. (Archives)

"Il est vrai qu'après le printemps arabe, les domaines d'influence de la France au Moyen-Orient ont diminué. Depuis sa désignation en tant que président de la République, Emmanuel Macron a décidé de réactiver le rôle de la France dans la région. S'explique dans le même cadre l'accueil réservé et annoncé par Paris au Premier ministre libanais Saad Hariri qui voulait se déplacer de Riyad où il avait été retenu et forcé à présenter sa démission. C'était en fait le début des activités régionales de la France de Macron.

D'autre part, les Français souhaitent jouer un rôle actif en Europe, ce qu'ils ont presque réalisé depuis le début du mandat présidentiel de Macron dans la mesure où ils ont entrepris plus de démarches politiques par rapport aux Allemands et Britanniques.

À cela s'ajoute l'affaire du Plan global d'action conjoint qui s'avère essentielle pour l'Europe aussi bien du point de vue de sécurité que de prestige. Les Européens préfèrent rester dans l'accord, pour préserver leurs intérêts commerciaux, mais s'inquiètent, en même temps, du programme balistique de l'Iran et de son influence croissant dans la région.

Les Européens estiment que plus l'influence de l'Iran dans la région est renforcée, plus leur poids régional sera diminué. Ainsi, ils se sont lancés dans des efforts, emboîtant le pas au président américain Donald Trump, pour arracher des concessions à l'Iran en contrepartie du maintien de l'accord nucléaire. Ils veulent négocier avec l'Iran sur son programme balistique ignorant, cependant, que cela est un domaine, à jamais, non négociable pour ce pays dans la mesure où il est lié à la défense nationale. S'était inscrite dans le même cadre, la récente visite en Iran du ministre des Affaires étrangères Jean-Yves Le Drian. Une visite inutile, voire échouée car le ministre n'a pas pu convaincre les responsables iraniens à renoncer au programme balistique. Comment peuvent-ils, d'ailleurs, l'accepter alors que les voisins de l'Iran se renforcent militairement, en achetant des armes à ces mêmes pays européens? N'est-il pas, donc, naturel que l'Iran se renforce, lui aussi, pour pouvoir se défendre?

L'exigence euroaméricaine à ce sujet s'avère aussi injustifiable que leur inquiétude quant à l'influence iranienne dans la région dans la mesure où l'Iran n'a jamais cherché l'instabilité qui est, sans aucun doute, au détriment de ses propres intérêts. L'Iran a agi, activement, avec l'Irak et la Syrie contre le terrorisme. Quant au Yémen, il n'a apporté qu'un soutien politique aux Houthis.

Dans les circonstances où la sécurité de l'Iran est liée à celle de l'Irak et de la Syrie, Téhéran ne pourra jamais abandonner ces pays à leur sort. La chute d'une capitale voisine pourrait insécuriser les frontières de l'Iran.

Ceci étant dit, toutes les soi-disant inquiétudes des États-Unis et des Européens ne peuvent pas dissimuler leur véritable crainte de voir leurs intérêts en danger et leur influence en berne dans la région".

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SOURCE: FRENCH PRESS TV