Le président iranien Hassan Rohani a rencontré à New York son homologue français Emmanuel Macron pour évoquer l'un des dossiers brûlants de l'Assemblée générale de l'ONU: l'accord sur le nucléaire iranien. Il a qualifié de crucial le rôle de l’Europe et de la France dans la sauvegarde du climat positif post-PGAC (Plan global d’action conjoint).
Cette rencontre a eu lieu lundi 18 septembre en marge de l’Assemblée générale des Nations unies. Hassan Rohani a évoqué les nombreuses affinités culturelles qui unissent les peuples iranien et français, a rapporté Mashregh News. Mettant l’accent sur la promotion des relations culturelles, scientifiques, technologiques et universitaires entre les deux pays, Rohani a réitéré le soutien de l’Iran aux investisseurs français dans différents secteurs en Iran.
« Il ne faut permettre l'affaissement des acquis du PGAC. Toutes les parties de l'accord doivent rappeler aux autres membres leurs engagements. Ce plan contient le message que l’on peut régler les problèmes les plus complexes du monde via un dialogue gagnant-gagnant. Toute atteinte portée au PGAC veut faire croire que la diplomatie n’est pas en mesure de résoudre les problèmes », a-t-il déclaré.
Rohani a qualifié d’inquiétante l'attitude de l’actuelle administration américaine envers l'accord nucléaire.
« La seule instance qui est en mesure de surveiller la mise en application du Plan global d’action conjoint, c’est l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA). L’Agence avait déjà confirmé à sept reprises le respect par l’Iran de ses engagements. Il ne faut pas conditionner les accords qui sont bien clairs à d’autres questions », a souligné le président iranien.
Il a également mis l’accent sur la nécessité de la coopération entre les deux pays dans les questions régionales notamment celle de la lutte contre le terrorisme. « L’Iran est engagé dans une lutte contre le terrorisme dans la région. A cet effet, nos conseillers militaires sont présents sur les zones de conflit à la demande des gouvernements officiels de l’Irak et de la Syrie », a-t-il ajouté.
Évoquant l’Irak et l’importance du soutien de la communauté internationale à ce pays, Rohani s’est exprimé en ces termes: « La tenue du référendum sur l'indépendance du Kurdistan irakien et toute tentative de déplacement des frontières régionales sont dangereuses et risquent de déclencher des affrontements. »
Le président français a pour sa part fait part de la volonté de Paris de développer ses relations avec Téhéran. « La période post-accord nucléaire a offert l’occasion de renforcer les coopérations conjointes. Paris respecte le Plan global d’action conjoint et y apporte son soutien », a-t-il affirmé avant d'ajouter: « La France souhaite la mise en application totale de l’accord nucléaire et considère insensée toute renégociation de l'accord. »
En ce qui concerne le référendum sur l’indépendance du Kurdistan irakien, le président français a déclaré qu’il fallait encourager les Kurdes irakiens à trouver leur place dans la structure fédérale de l'Irak.
Emmanuel Macron a également proposé la formation d’un groupe de contact composé des parties en conflit, des puissances régionales, du Conseil de sécurité de l'ONU afin de trouver une issue au conflit en Syrie.
Il a de même précisé que l’objectif de la formation d’un tel groupe n’était pas d'enfreindre le processus d’Astana.
Les deux présidents se sont par ailleurs entretenus des questions bilatérales, régionales et internationales.