TV

Peut-on négocier avec les terroristes de Daech ?

US Rep. Ilhan Omar (D-MN) (L) talks with Speaker of the House Nancy Pelosi (D-CA) during a rally with fellow Democrats before voting on H.R. 1, or the People Act, on the East Steps of the US Capitol on March 08, 2019 in Washington, DC. (AFP photo)
Les premières images des terroristes d'al-Nosra quittant le territoire libanais. © http://claudeelkhal.blogspot.com

Ali Maqsoud, un général syrien à la retraite revient sur la récente victoire de l'armée syrienne et du Hezbollah au Qalamoun et évoque en détail les ressorts de cette victoire qui va au-delà d'un simple gain stratégique.

Au Qalamoun, les "égorgeurs de Daech ont été amenés à négocier"! 

Le général à la retraite, Ali Maqsoud. (Archives)

Pour le général Maqsoud, ce qui s'est passé au Qalamoun est une victoire stratégique franche : "Les Américains et les Israéliens avaient compté sur les terroristes de Daech pour mener une longue et interminable manœuvre de déstabilisation contre la Résistance et le Liban. La victoire militaire que l'armée syrienne et le Hezbollah viennent de remporter, a coupé en réalité le file "invisible" qui reliait les positions de Daech depuis les frontières syro-libanaises à l'est de la Syrie, soit aux frontières syro-irakiennes à Deir ez-Zor, ville qui est leur ultime bastion". 

Selon l'ancien général syrien, "la reprise du Qalamoun", région géographiquement très accidentée, a dépouillé les terroristes d'un atout : retranchés dans les hauteurs frontalières entre la Syrie et le Liban, ces derniers devaient servir de contingent terrestre à Israël et aux États-Unis à l'effet de miner la Résistance et surtout d'empêcher le lien géographique qui existe entre la Syrie et le Liban : il s'agissait surtout de contenir, voire de restreindre la profondeur stratégique du Hezbollah. Le succès militaire est donc sans appel. Mais au-delà, affirme le général, "il existe une seconde victoire, celle qui consiste à pousser les égorgeurs à négocier, ce qu'ils refusaient jusqu'ici". 

"Il y a là une autre victoire, elle aussi d'ordre stratégique, car tout comme al-Nosra à Alep, les éléments de Daech ont été amenés à revoir leur ligne de conduite idéologique qui refusait toute négociation, tout compromis, toute flexibilité. La pensée daechiste prône par nature le génocide, la sauvagerie, l’excommunication. Or au Qalamoun, les daechistes ont été contraints par la force des choses, à revisiter ce pan particulièrement dévastateur de leur idéologie. Au seuil de leur défaite, ils ont demandé la trêve et accepté d'être évacués, a fait remarquer Ali Maqsoud. 

Marche arrière qui selon l'expert syrien pourrait contribuer à secouer " les fondements idéologiques de Daech " : "À vrai dire, c'est une étincelle qui tombe droit dans un stock de foin. La bataille d'Ersal a instillé le doute dans le cœur des terroristes. Ils ne voient plus aucun intérêt à poursuivre la bataille. C'est la reddition ou la mort. Que les suicidaires aient fini par rendre des armes ne peut signifier qu'une seule chose : l'effondrement organique et moral des terroristes. C'est là le plus grand danger qui guette ce groupe. D'où les réticences américaines vis-à-vis de la trêve. Les Américains ont peur du phénomène qui vient d'être déclenché à Ersal : la transformation des tueurs à gages en des personnes qui négocient ! La réaction américaine au cessez-le-feu en question, les menaces de frappe contre les convois qui évacuent les éléments de Daech et leurs familles du Qalamoun à Deir ez-Zor sont d'ailleurs à comprendre dans ce même sens".

Partager Cet Article
SOURCE: FRENCH PRESS TV