En réaction à une récente attaque chimique présumée en Syrie, la France a demandé la convocation d’une réunion d’urgence du Conseil de sécurité des Nations unies.
Selon l’agence de presse Fars News, l’Observatoire syrien des droits de l’Homme (OSDH, proche de l’opposition) a prétendu mardi que des dizaines de civils, dont plusieurs femmes et enfants, avaient été asphyxiés au cours des attaques aériennes au gaz toxique sur la région de Khan Cheikhoun, au sud de la province d’Idlib, dans le nord-ouest syrien.

Dans un communiqué, la coalition des forces de l’opposition syrienne a attribué ces attaques à l’armée syrienne, ce qu’a démenti un responsable militaire syrien. L’opposition a également demandé l’ouverture immédiate d’une enquête onusienne à ce sujet.
De même, la responsable de la politique étrangère de l’Union européenne, Federica Mogherini, a, elle aussi, prétendu que le gouvernement d’Assad aurait été responsable de l’attaque chimique en Syrie.
Et sans grande surprise, le président turc Recep Tayyip Erdogan n’a pas tardé à réagir à ces informations. Lors d’un entretien téléphonique avec son homologue russe, Vladimir Poutine, Erdogan a affirmé que les attaques sur Idlib mettraient en danger le processus de négociations amorcé il y a quelques mois à Astana. Il a également insisté, lors de ce contact téléphonique, sur « la nécessité de préserver la trêve » en Syrie.
Ces allégations interviennent alors qu’une source militaire syrienne a déclaré à Reuters que l’armée syrienne n’avait jamais utilisé d’arme chimique au passé et qu’elle ne le ferait pas à l’avenir. Or, des sources locales disent que les raids se sont effectués contre un stock d’armements appartenant aux opposants, où se trouvaient, entre autres, des munitions à base de gaz chloré, d’où la propagation des gaz toxiques dans l’air.
La Russie, non plus, n’a pas manqué de réagir aux allégations. Dans un communiqué, le ministère russe de la Défense a annoncé qu’en général, aucun raid aérien n’avait été effectué contre Idlib et la région de Khan Cheikhon.
L’agence Reuters a prétendu ce mardi 4 avril que 58 personnes, dont 11 enfants, avaient perdu la vie dans une attaque chimique contre une région de la province d’Idlib qui est toujours sous le contrôle des terroristes. Les détails sur divers aspects de cette attaque se font toujours attendre, mais des médias et des personnalités politiques arabes ou occidentales rendent d’ores et déjà responsable le gouvernement syrien.