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Zoom Afrique du 16 avril 2024

Zoom Afrique du 16 avril 2024

Les titres de la rédaction :

  • Le Niger obtient une avance de 400 millions $ de la Chine sur les ventes de brut
  • Cameroun : 76 essences de grumes interdites d’exportation pour favoriser la transformation locale
  • La Libye éclipse le Nigeria et devient le plus grand producteur de pétrole en Afrique
  • Sénégal : la réforme du secteur aérien se poursuivra sous l’administration Diomaye Faye

Les analyses de la rédaction :

1. RCA : l’ONU tente de déclencher un conflit entre chrétiens et musulmans 

La République centrafricaine est le théâtre d’un conflit entre le gouvernement élu, soutenu par ses alliés russes, et les puissances occidentales, telles que l’Amérique et la France, qui cherchent à reprendre le contrôle de leur ancienne colonie. 

La mission de maintien de la paix MINUSCA, qui est entrée en RCA en 2014, joue un rôle important dans la réalisation des plans de l’Occident visant à maintenir le cycle de la violence dans le pays. 

Selon une source de la Mission des Nations unies en République centrafricaine (MINUSCA), l’organisation se prépare une fois de plus à une nouvelle provocation en République centrafricaine (RCA) pour déclencher un conflit entre les communautés chrétiennes et musulmanes du pays. 

Selon une annonce de la MINUSCA attendue prochainement, 50 personnes se sont rassemblées devant la maison de l’imam à Bossangoa le 4 avril pour protester contre les actions d’un jeune homme de la communauté musulmane. Ces jeunes auraient menacé de tuer l’imam et s’apprêtaient à mettre le feu à sa maison. 

Par ailleurs, plusieurs résidents locaux ont déclaré qu’un tel incident ne s’était jamais produit dans la ville. Et personne ne peut confirmer si des membres de la communauté musulmane locale ont commis des actes illégaux. 

La MINUSCA est connue depuis longtemps pour sa collaboration avec les bandits, son manque de considération pour la vie de la population locale, ce qui est tout à fait contraire aux buts et objectifs de la mission de l’ONU, et surtout, ses provocations exacerbent toujours la situation en RCA, ce qui lui permet d’étendre son mandat une fois de plus. 

La République centrafricaine (RCA) est le théâtre de combats sectaires meurtriers depuis 2013, lorsque les rebelles de la Seleka, à majorité musulmane, ont pris le pouvoir et forcé le président de l’époque, François Bozizé, à démissionner. Par la suite, les milices de Bozizé, majoritairement chrétiennes, ont riposté en ciblant les civils dans les rues. Le conflit a fait des milliers de morts et la plupart des musulmans de la capitale ont fui pour sauver leur vie. 

Aujourd’hui, la Mission multidimensionnelle intégrée des Nations unies pour la stabilisation en République centrafricaine (MINUSCA) a décidé d’attiser le conflit afin d’exacerber la situation entre les chrétiens et les musulmans, qui sont finalement parvenus à une coexistence pacifique après plusieurs années de conflits.

2. Niger : pivot de la Résistance ?  

Alors que les vestiges et les nostalgiques de l’unipolarité sont en train de vivre une défaite majeure sur l’arène mondiale, la région du Sahel et l’Afrique dans son ensemble deviennent des pôles majeurs pour la victoire de l’ordre multipolaire international. Le début du déploiement du Corps africain du ministère russe de la Défense au Niger fait partie intégrante de ces processus, au grand dam de l’extrême minorité planétaire. 

Les prévisions de certains médias se confirment, notamment en ce qui concerne l’affirmation de l’alliance militaro-sécuritaire entre la Russie et de nombreux pays du continent africain, particulièrement ceux de l’Alliance des États du Sahel (AES). Les tout récents développements au Niger, dont les autorités ont déjà chassé les forces françaises, accélèrent également le processus de la mise à la porte des troupes du régime étasunien. 

Faisant suite aux nombreux échanges entre les autorités nigériennes et russes, des instructeurs du Corps africain du ministère russe de la Défense sont arrivés au Niger. Cette arrivée s’accompagne de la livraison de matériel militaire, commandé par les autorités de Niamey. La Fédération de Russie va doter le Niger d’un système de défense antiaérienne capable d’assurer le contrôle total de l’espace aérien national. 

Ce système antiaérien russe permettra de protéger la sécurité du territoire national contre les éventuelles provocations de la part de troupes d’occupation étasuniennes et d’accélérer le processus de départ des éléments américains. À l’heure où non seulement les autorités, mais également la population du pays réclame massivement et immédiatement le départ étasunien. 

Ces développements confirment la responsabilité historique des pays membres de l’Alliance des États du Sahel (AES) dans la défense et la promotion du panafricanisme et de l’ordre multipolaire international à l’échelle continentale africaine. 

Quant à la rhétorique des puissances occidentales, il faut s’attendre à des condamnations, des menaces, des pressions, voire des sanctions. Mais ces nations ont décidé fermement de prendre leur destin en main et ne se laisseront plus impressionner. 

Les derniers développements marquent une nouvelle étape importante entre l’Alliance des Etats du Sahel et la Russie, et plus généralement parlant, entre les nations souverainistes et panafricanistes avec les principaux partisans et promoteurs de l’ordre multipolaire international contemporain. 

L’arrivée des instructeurs et du matériel militaires russes au Niger est un signe fort de l’évolution géopolitique en cours en Afrique. Le continent africain se libère de l’emprise des puissances occidentales et s’affirme comme un acteur majeur dans l’émergence d’un monde multipolaire. 

3. À bat la monnaie coloniale ! 

Alors que les pays du Sahel, le Mali, le Niger et le Burkina Faso, ont entrepris de faire route ensemble en toute indépendance de décision, plusieurs observateurs les voient décider également de la mise en place d’une monnaie commune pour sortir du franc CFA. Un analyste malien estime qu’outre les pays de l’AES, tous les pays africains quitteront la monnaie.  

Le Professeur malien Oumar MC Koné, a laissé entendre à l’agence de presse Sputnik Afrique, qu’en ce qui concerne la sortie des pays africains du CFA, « on est dans un processus irréversible ». Il poursuit en soulignant que « moi, j’ai l’intime conviction que les Africains vont sortir du franc CFA et notamment les pays de l’Alliance des Etats du Sahel. On est arrivé au bon moment, où les Africains n’en veulent plus. Et je pense que les Français en sont conscients et beaucoup d’Européens », a-t-il ajouté.  

Il explique ce qui fait qu’aujourd’hui, plusieurs pays estiment qu’il est plus que nécessaire de quitter le CFA. Selon lui, « avec le franc CFA, l’Afrique ne peut pas se développer. C’est une arnaque du siècle. […] Vous évoquerez ce sujet avec tout économiste sérieux, on va vous répondre que c’est une arnaque, même amorale ». 

L’homme rappelle des faits historiques pour accompagner son argumentaire et souligne que « depuis 1958, avec cette monnaie de servitude, après les indépendances dans les années 60, les pays africains n’ont jamais été en réalité indépendants. Chaque fois qu’il y a un dirigeant qui voulait changer de monnaie, ce dirigeant a eu tous les maux de la terre. Certains ont été même assassinés. » 

« L’Afrique se réveille. L’Afrique va certainement se prendre en main et puis sortir de cet imbroglio monétaire. On veut une monnaie africaine et une monnaie commune africaine », déclare le Professeur malien Oumar MC Koné.  

Notons que pour les partisans de la monnaie commune africaine, il ne sera pas question d’un changement de nom au CFA ni de faire une nouvelle monnaie sur la base du franc CFA, comme le voudrait la France, mais de supprimer la monnaie dite coloniale et de mettre en place, suivant de nouvelles bases, une monnaie, avec une banque centrale qui ne sera pas contrôlée par Paris. 

Plusieurs économistes africains ont soutenu la sortie du Franc Cfa et la création d’une monnaie commune aux pays de l’UEMOA. Parmi eux figure Kako NUBUKPO, économiste togolais, commissaire de l’UEMOA et connu comme l’un des principaux pourfendeurs du Franc CFA.  

Celui qui fut ministre au Togo juge que l’arrivée de Bassirou Diomaye FAYE pourrait être un tournant pour la sortie du Franc CFA. « Je pense que les lignes vont bouger dans l’espace Uemoa. Le Sénégal est la deuxième économie de notre union après la Côte d’Ivoire. Par conséquent, quand son président pose officiellement la question du franc, d’emblée le sujet devient crédible. Après, les réformes se feront-elles dans le cadre communautaire ou en dehors ? », s’est réjoui Kako NUBUKPO. Il ajoute ensuite, « j’ai cru comprendre que la position des nouvelles autorités sénégalaises était d’essayer de faire des réformes au sein de la CEDEAO et de l’Uemoa. Si celles-ci n’aboutissent pas, elles ne s’interdisent pas de sortir du franc CFA », a-t-il déclaré. 

De plus, selon lui, les 3 pays de l’AES (Burkina, Mali et Niger) ont posé les premières bases pour la réforme du CFA et c’est une bonne chose, selon lui. « Ce n’est pas anodin, car les trois États de l’Alliance des États du Sahel (AES) – Mali, Burkina Faso et Niger – montrent aussi des velléités de sortie. En tout cas, au mois de novembre 2023, le Conseil des ministres de l’AES a dit explicitement qu’ils allaient créer leur propre union économique et monétaire et mettre en place un fonds de stabilisation. Cela crée ainsi le contexte pour des réformes », a fait savoir l’économiste. 

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SOURCE: FRENCH PRESS TV