Les missiles intelligents de la Grande-Bretagne n’ont tué aucun membre de Daech, selon un rapport.
Les missiles intelligents Brimstone de la Grande-Bretagne n’ont pour l’instant tué aucun takfiriste de Daech en Syrie depuis que Londres y a commencé sa campagne aérienne l’année dernière, a révélé un rapport.
Le Huffington Post UK a révélé jeudi que le missile, qui serait la principale raison pour laquelle la Grande-Bretagne a rejoint en décembre dernier la campagne aérienne des Américains en Syrie, n’est toujours pas parvenu à faire la moindre victime parmi les terroristes.
Le Brimstone est un missile à guidage radar et peut atteindre des cibles mouvantes d’une distance de 11 km. Seules la Grande-Bretagne et l’Arabie saoudite ont des missiles Brimstone.
Le premier ministre britannique David Cameron avait affirmé en novembre 2015 que le missile pourrait changer la donne du conflit dans la prétendue campagne anti-Daesh menée par la coalition dirigée par les Etats-Unis.
Il avait déclaré aux membres du Parlement s’apprêtant à voter une participation militaire étendue de la Grande-Bretagne en Syrie, que le missile Brimstone était un atout britannique qui pourrait faire une « véritable différence » dans la campagne dirigée par Washington.
Les missiles Brimstone étaient censés être « les armes les plus précises que l’homme ait jamais connues » et provoquer « le niveau le plus faible de victimes civiles », avait prétendu Cameron.
Le missile Brimstone a été utilisé lors de 9 frappes entre le 2 décembre 2015 et le 29 janvier 2016, et il est estimé que chacune de ces frappes a coûté environ 130 000 euros.
Alex Salmond, du Parti national écossais, a dit que cette révélation « s’opposait de façon marquée » aux prétentions de Cameron selon lesquelles le missile « trancherait la ‘tête du serpent’ », c’est-à-dire la province de Raqqa, le principal bastion de Daech en Syrie.
Le rapport est également parvenu à la conclusion que les bombardements britanniques n’avaient tué ou blessé que 7 membres de Daech, que cela soit avec les missiles Hellfire tirés à partir de drones ou avec les bombes Paveway.
Le Ministère britannique de la Défense a déclaré que le but des frappes aériennes n’était pas simplement de tuer des militants, mais aussi de désorganiser et détruire les infrastructures et la logistique de Daech.
« Cela inclut le fait de prendre pour cible des infrastructures pétrolières et des équipements cruciaux aux mains de Daech, de sorte à affaiblir leur capacité à profiter de la vente de pétrole afin de financer leurs activités, » a affirmé ledit ministère.
L’année dernière, des centaines de milliers de personnes ont pris part à de nombreuses manifestations visant à exprimer leur opposition à la décision du gouvernement britannique de rejoindre la campagne militaire en Syrie.
Les contestataires pensaient que les frappes aériennes n’affaibliraient pas le groupe takfiriste mais jetteraientt de l’huile sur le feu des violences en Syrie.
Depuis août 2014, les Etats-Unis et certains de leurs alliés ont procédé à des frappes aériennes contre ce qu’ils affirment être les zones occupées par Daech en Irak.
Certains membres de la coalition dirigée par les Etats-Unis ont également bombardé les positions présumées de Daech à l’intérieur de la Syrie depuis septembre dernier, sans avoir l’autorisation de Damas ni un mandat de l’ONU.
La coalition a été accusée à plusieurs reprises de prendre pour cible et de tuer des civils, et de détruire les infrastructures de la Syrie.
Jeudi, l’Observatoire syrien des droits de l’homme a rapporté que près de 40 civils, dont des enfants, avaient été tués lors des frappes aériennes des Etats-Unis et de ses alliés dans la province de Hasaka, située au nord-est de la Syrie.
Damas et ses alliés ont à de nombreuses occasions remis en question les objectifs réels de cette coalition.
Le ministre russe des Affaires étrangères, Sergei Lavrov, a dit en octobre dernier qu’il était étrange que « les résultats de tellement de sorties militaires soient tellement insignifiants », ajoutant que les Etats-Unis devaient prendre leur décision quant à savoir si leur objectif était d’éliminer des terroristes ou d’utiliser des forces extrémistes dans le sens de son propre agenda politique.