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Colère sociale en France : la mobilisation se poursuit, Paris déploie un dispositif sécuritaire massif

US Rep. Ilhan Omar (D-MN) (L) talks with Speaker of the House Nancy Pelosi (D-CA) during a rally with fellow Democrats before voting on H.R. 1, or the People Act, on the East Steps of the US Capitol on March 08, 2019 in Washington, DC. (AFP photo)
Arrivée du cortège sur la place de la Nation, à Paris, le 7 novembre 2026. ©AFP

Ce samedi 7 novembre, la mobilisation sociale s’est poursuivie partout en France, avec de nouveaux rassemblements à Paris et dans plusieurs villes malgré un dispositif sécuritaire massif.

Après la mobilisation du jeudi 5 novembre, les salariés, les lycéens, les étudiants, les retraités et les Gilets jaunes avaient de nouveau été appelés à se mobiliser ce samedi, pour maintenir la pression sur le gouvernement.

À Paris, le cortège autorisé de l’intersyndicale de la jeunesse et de plusieurs organisations syndicales est parti en début d’après-midi de la place de la République en direction de la place de la Nation. La manifestation avait débuté dans le calme, réunissant 46 000 personnes selon la préfecture de police, contre 75 000 selon l’intersyndicale de la jeunesse. La situation s’est toutefois tendue à l’arrivée du cortège place de la Nation : selon un reporter sur place, les CRS ont encerclé une poubelle en feu et un premier tir de grenade lacrymogène a été effectué.

En parallèle, une centaine de Gilets jaunes se sont rassemblés place de la Concorde à Paris, malgré l’interdiction officielle. Les manifestants, pour la plupart sans gilet jaune, ont été rapidement entourés d’un cordon de CRS sur la place située en bas de l’avenue des Champs-Élysées.

Au même moment, devant l’Assemblée nationale, Benjamin Ball, membre de la coordination des Gilets jaunes, et Azelma Sigaux, porte-parole du mouvement, ont été interpellés. La mobilisation, interdite par les autorités, a notamment été marquée par les témoignages de manifestants dénonçant la hausse du coût de la vie. « Tout augmente sauf les salaires », a déclaré une manifestante parisienne.

Le gouvernement avait préparé un dispositif sécuritaire particulièrement lourd pour cette journée. Selon les informations communiquées par le ministre de l’Intérieur, Laurent Nuñez, 70 000 policiers et gendarmes ont été mobilisés à travers le pays, avec notamment des blindés, des engins lanceurs d’eau, des drones et des hélicoptères.

Cette présence policière massive s’est également traduite par un encadrement particulièrement strict des rassemblements dans plusieurs villes. À Lyon, où aucune manifestation n’avait été déclarée, la préfecture avait instauré un large périmètre d’interdiction. Des groupes se sont néanmoins formés dans plusieurs secteurs de la ville et ont fait l’objet d’interventions policières répétées. Des tirs de gaz lacrymogène ont été signalés. Dix interpellations ont été recensées dans l’après-midi, selon Le Progrès.

Le journal rapporte également que des groupes ont été dispersés puis se sont reformés à plusieurs reprises, les forces de l’ordre maintenant une pression constante pour empêcher la reconstitution durable des cortèges. Environ 900 personnes avaient notamment été dispersées après un rassemblement non déclaré devant la Manufacture des tabacs.

À Toulouse, malgré l’interdiction des rassemblements dans le centre-ville, ils étaient 5 000 selon la préfecture à se mobiliser entre les allées Jean Jaurès et la gare Matabiau. Plusieurs interpellations ont eu lieu en marge de la manifestation après la dispersion des manifestants. Selon les médias français, au moins une dizaine de personnes ont été interpellées boulevard d’Arcole à proximité du Décathlon, certaines sont mineures.

À Bordeaux, le rassemblement s’est déroulé dans le calme avant quelques heurts en fin de cortège. Dans la matinée, une manifestation a eu lieu à Pau, dans les Pyrénées-Atlantiques, où 500 personnes ont déambulé dans les rues pour manifester contre la vie chère. À 14 h 30, le cortège s’est élancé vers le nord du centre bordelais, en empruntant la rue Esprit des Lois, puis Allée de Tourny, afin de se diriger près de la place Gambetta. Selon l’équipe de Franceinfo présente sur place, près de 10 000 personnes sont présentes à cette journée de mobilisation à Bordeaux, le tout dans une ambiance festive et conviviale. La préfecture de Gironde indique que 9 100 manifestants sont présents dans les rues bordelaises.

À Marseille, comme dans plusieurs villes de France, ce samedi marque le quatrième samedi de mobilisation nationale contre la vie chère. Dans la ville, une seule manifestation a été déclarée auprès des services de la préfecture des Bouches-du-Rhône. Selon cette dernière, 5 200 personnes ont répondu présentes à Marseille.

Les manifestants s’étaient donné rendez-vous aux Réformés à 14 heures pour emprunter un parcours en périphérie de l’hypercentre. À la fin de la mobilisation qui s’est déroulée dans le calme, des tensions ont éclaté entre des groupes de manifestants et les forces de l’ordre qui ont fait usage de gaz lacrymogène, notamment à Belsunce et à la porte d’Aix.

La mobilisation intervient alors que la colère sociale s’est installée autour de revendications portant notamment sur le coût de la vie, le pouvoir d’achat, les services publics et les conditions d’enseignement.

Jeudi 5 novembre, 193 cortèges avaient rassemblé 1,6 million de personnes selon la CGT, contre 575 000 selon le ministère de l’Intérieur. Le mouvement associe notamment organisations syndicales, lycéens, étudiants, Gilets jaunes et agriculteurs.

Loin de se limiter à cette journée, la contestation doit se poursuivre dans les prochains jours. Une intersyndicale regroupant organisations lycéennes, étudiantes et enseignantes a appelé à une nouvelle journée de grève et de manifestations mardi 10 novembre. Les organisations signataires estiment que le mouvement social est en position de force et appellent à continuer à faire pression sur le gouvernement.

 

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SOURCE: FRENCH PRESS TV