L’hiver approche à Paris. Pour les ménages, la question est de savoir comment se chauffer sans trop dépenser. Pour le gouvernement, l’équation est plus complexe : comment préserver la protection sociale tout en maîtrisant une dette qui ne cesse de s’alourdir ?
Début novembre, le froid commence à se faire sentir à Paris. Annick, une retraitée vivant dans un vieil immeuble en banlieue parisienne, hésite à allumer son chauffage alors que la température chez elle ne dépasse pas 17 °C. Pour faire des économies, elle a acheté un petit radiateur électrique afin de ne chauffer qu’une seule pièce. « On est obligés de faire des choix », confie-t-elle à la presse locale.
De nombreux foyers français doivent, comme elle, surveiller de près leurs dépenses d’énergie. En France, le froid s’accompagne d’un coût de la vie de plus en plus difficile à supporter.
Selon une enquête publiée le 3 novembre par le Médiateur national de l’énergie, 34 % des ménages interrogés ont déjà rencontré des difficultés pour payer leurs factures d’électricité ou de gaz. Ils sont 86 % à juger ces dépenses lourdes pour leur budget, un record depuis le lancement de l’enquête en 2007.
Cette pression sur le pouvoir d’achat s’inscrit dans un contexte économique morose. Selon les premières estimations de l’Institut national de la statistique et des études économiques, l’inflation a atteint 3,4 % sur un an en octobre, avec une hausse de 24,1 % des prix de l’énergie et de 8 % de ceux des produits alimentaires frais. Face à l’envolée du coût de la vie, les ménages réduisent leurs dépenses, tandis que les entreprises freinent leurs investissements et leurs embauches.
Ces propos illustrent le dilemme du gouvernement : les citoyens réclament davantage d’aides, tandis que les marchés obligataires attendent une réduction des déficits. L’économie aurait besoin d’un soutien, mais la dette impose de resserrer les cordons de la bourse. Le projet de budget pour 2027 prévoit ainsi un effort de redressement des finances publiques d’environ 43 milliards d’euros. Or, toute réduction des dépenses ou hausse des impôts risque de susciter de nouvelles oppositions.
Ces derniers mois, les manifestations se sont multipliées, des étudiants dénonçant leurs conditions d’enseignement aux citoyens protestant contre la vie chère. À l’Assemblée nationale, l’absence de majorité stable et les divisions autour du budget compliquent les compromis, à l’approche de la présidentielle de 2027. L’assainissement des finances publiques devient de plus en plus urgent sur le plan économique, mais toujours plus difficile à mener politiquement.