Le président de l’Organisation iranienne de l’énergie atomique (OIEA), Mohammad Eslami, a critiqué le directeur général de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA), Rafael Grossi, affirmant que ce dernier est devenu un « agent obéissant » des ennemis de l’Iran, à qui il transmet des informations confidentielles sur le programme nucléaire iranien.
S’exprimant jeudi sur la chaîne Russia Today, Eslami a déclaré : « Le directeur général de l’AIEA s’est, en pratique, transformé en agent obéissant de nos ennemis, et les fournit des informations. »
Il a averti que ces agissements remettaient en cause la crédibilité des organisations internationales et révélaient l’existence de graves lacunes dans l’application de la Charte des Nations unies, notamment du Traité sur la non-prolifération des armes nucléaires [TNP] ».
Mohammad Eslami a par ailleurs estimé que les menaces répétées formulées par le président américain contre le site de Kouh-e Kolang témoignaient clairement des déceptions des ennemis.
Le président de l’Organisation iranienne de l’énergie atomique a souligné que la révision éventuelle de l’adhésion de l’Iran au TNP relève d’un enjeu stratégique majeur : « Il est essentiel est que notre pays prenne ses décisions dans le cadre d’une stratégie globale, en tenant compte de sa sécurité nationale et de ses intérêts nationaux », a-t-il précisé.
Le président américain Donald Trump a, à plusieurs reprises, menacé de lancer de nouvelles attaques militaires contre les infrastructures nucléaires civiles de la République islamique d’Iran. Le 16 octobre, il a déclaré à la chaîne Newsmax que Washington envisagerait de frapper le site de Kouheh-e Kolang.
Le 1er novembre, Trump a réitéré cette menace, confiant aux journalistes qu’il restait « un ou deux sites » à frapper, dont celui de Kouheh-e Kolang. Il a prétendu que Washington pourrait frapper ces installations « en dix minutes », et ce, malgré les contacts diplomatiques en cours avec Téhéran.
Le rôle de Rafael Grossi dans cette escalade a suscité des interrogations, notamment après l’adoption, par le Conseil des gouverneurs de l’AIEA, d’une résolution contre l’Iran le 12 juin 2025, à la veille du lancement par Israël d’attaques militaires contre des installations nucléaires iraniennes.
Toutefois, dans une interview accordée à CNN le 19 juin 2025, Grossi a reconnu que l’AIEA ne disposait d’aucune preuve d’« un effort systématique » de la part de l’Iran pour développer des armes nucléaires.