La Banque de France devrait revoir à la baisse ses prévisions de croissance économique pour 2026, après une contraction inattendue de l’activité au troisième trimestre.
Déjà quasiment à l'arrêt depuis le début de l'année, l'économie française pourrait faire encore moins bien que prévu en 2026. Après trois trimestres sans croissance positive, le gouverneur de la Banque de France, Emmanuel Moulin, reconnaît que son objectif de 0,4% de croissance annuelle est désormais trop optimiste. Pour l'atteindre, il faudrait une accélération spectaculaire de l'activité d'ici décembre.
La croissance était déjà faible, elle devrait l'être encore plus. Alors que la Banque de France tablait jusqu'ici sur une progression de 0,4% du produit intérieur brut (PIB) sur l'ensemble de l'année, son gouverneur Emmanuel Moulin a reconnu ce mardi 3 novembre que cet objectif semblait désormais difficile à atteindre.
Intervenant à Lyon dans le cadre des Journées de l'économie (Jéco), le patron de la Banque de France a tiré les conséquences du recul inattendu de l'activité économique au troisième trimestre.
« Malheureusement, je pense que c'est un peu trop optimiste », a-t-il déclaré à propos de la prévision actuelle de croissance selon Bloomberg. Nous devrons certainement la réviser un peu, légèrement à la baisse », a-t-il ajouté.
Pour atteindre les 0,4% de croissance encore anticipés par la Banque de France, l'économie française devrait désormais enregistrer une très forte progression de son activité au cours des trois derniers mois de l'année. Un scénario que le gouverneur juge manifestement peu probable.
Cette révision attendue illustre la faiblesse persistante de l'économie française. Avec une croissance annuelle qui pourrait finalement se situer sous les 0,4%, la France se rapprocherait dangereusement de la stagnation, même si une progression légèrement positive du PIB reste différente d'une récession.
La France est presque dernière de la zone euro sur le dernier trimestre, seule la Lituanie a enregistré une croissance plus faible que la France sur la période.
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La faiblesse de la croissance complique également l'équation budgétaire du gouvernement. Une activité moins dynamique signifie, toutes choses égales par ailleurs, des recettes fiscales moins importantes qu'espéré, notamment au titre de la TVA et de l'impôt sur les sociétés. Elle peut aussi peser sur l'emploi et les comptes sociaux.
De nouvelles prévisions en décembre
La Banque de France doit actualiser ses projections macroéconomiques en décembre, après la prochaine réunion de politique monétaire de la Banque centrale européenne (BCE). Les derniers chiffres publiés par l'Insee le 30 octobre expliquent ce pessimisme. Le PIB français a reculé de 0,1% au troisième trimestre, après avoir stagné au deuxième et diminué de 0,2% au premier. Autrement dit, l'économie française n'a enregistré aucun trimestre de croissance positive depuis le début de l'année.